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    Les Capitales Européennes du Danube

     

     

    BULGARIE

     SOFIA

     

    15 Avril 2010

     

    Arapovsky Monastyr

    Sur la route E80 qui traverse la Bulgarie, nous avons fait un détour par le monastère « Arapovsky Monastyr » près d’Asenovgrad au sud de Plovdiv.  La route qui y mène est défoncée et on traverse les petits villages bulgares où le printemps s’installe doucement. Le pays est pauvre, les maisons d’un autre âge ; ici l’âne et le mulet sont encore en activité ; on croise des charettes qui vont aux champs.

    Il faut quitter la route défoncée pour emprunter un chemin boueux sur 1 km avant d’arriver devant le mur d’enceinte du monastère. La porte est ouverte et c’est le pope qui nous accueille en anglais. Vêtu de noir à la mode catholique orthodoxe orientale, il porte longs cheveux et barbe noire. Il nous explique l’histoire de son monastère où il vit seul avec quelques domestiques qui actuellement ramassent les feuilles autour de la petite chapelle à l’extérieur des murs du monastère.

     

     

    La chapelle de la source.Monastère Arapovsky

     

    La Bulgarie est divisée en 13 diocèses dans lesquels une multitude de monastères d’hommes ou de femmes sont répartis. Arapovsky Monastyr est dédié à Sainte Nedelia ; il est le seul à avoir été fondé durant le règne ottoman en 1856. Le pope nous ouvre les portes et nous pouvons admirer l’iconostase de l’église dont une partie raconte en peinture murale l’histoire de deux frères guerisseurs : Cyril et Méthode. Ceux-ci opéraient à partir d’une source aujourd’hui abritée dans la chapelle à l’extérieur du monastère.<o:p></o:p>

     

       Icône de la chapelle Arapovsky   

     La légende veut que 11 petits enfants aient été guéris par les frères et que les mamans de la région y mènent leurs nourrissons pour obtenir la protection des saints hommes. Le Pape Jean Paul II a d’ailleurs proclamé les deux frères co-protecteurs de l’Europe en 1980. Nous allons ensuite visiter la petite chapelle à la source miraculeuse et saluons au passage les cinq dames chargées du nettoyage des feuilles.

     

     Le Pope d'Arapovsky

    Nous remercions chaleureusement le pope pour son accueil et laissons derrière nous, dans son nid de verdure, le petit monastère de Sainte Nedelia.

    Nous retrouvons la route de Plovdiv puis celle de Sofia et faisons halte sur une aire de repos de camions pour y passer la nuit. Ma Jo, qui a des envies de frites depuis un moment déjà, fera honneur aux barquettes servies au restaurant du relais-routier, arrosées d’une bière locale insipide.

     

     

    16 – 17 avril 2010

     Le camping Vrana

    Il a plu une grande partie de la nuit, les frigos des camions, le va et vient du ceux-ci ont perturbé notre sommeil et c’est un peu vaseux que nous reprenons la route de Sofia que nous avions traversée en octobre 2009, sous le soleil. Aujourd’hui, nous l’abordons sous la pluie. Nous apercevons par hasard un camping à 10 km de l’entrée de la ville et nous nous y installons. C’est le Vrana, donné pour 3 étoies mais les étoiles sont éteintes.

    Le camping est installé sous de grands arbres au bord de l’Iskâr affluent du Danube. Il comporte plusieurs bungalows dont un nous sert de sanitaires. Deux prostituées font les cent pas sous la pluie en attendant qu’un client leur offre un abri temporaire dans l’un des bungalows que la tenancière des lieux met à leur disposition. Oui ! c’est un camping « de passes », je ne savais pas que cela existait.

     

     

     

        Vue de l'arrêt de bus à Sofia    

    Nous prenons le tramway à 500 mètres du camping pour rejoindre le centre de Sofia. Le véhicule est une antiquité de l’ère soviétique ; il musarde parmi les quartiers populaires de la banlieue, vieux immeubles blockhaus d’une laideur extrême sous un ciel bas et gris ; les rues cabossées balayées par la pluie ; c’est d’un glauque et d’un triste à pleurer.

    Les gens qui montent ou qui descendent sont tristes, les quelques drapeaux qui pendent sur leur hampe au fronton des immeubles publiques sont tristes. La Bulgarie est un petit pays de 110 000 km2  environ, d’une population totale de 7,5 millions d’habitants (il y a 12 millions d’habitants rien qu’à Istanbul !) ; on y voit peu d’activité, ce pays n’a rien, ce pays n’est rien !

     

       Cathédrale Alexander Nevsky à Sofia   

    Dans l’hyper-centre trônent les grands hôtels de Sofia dont le Sheraton d’où une noce sort pour se rendre à l’église Alexander Nevski un peu plus loin. Les jeunes mariés posent devant des Mercedes de collection tandis que la famille fait le pied de grue sur les marches de l’hôtel. 

     

      

     La mariée de Sofia   

    Sur la place Saborna en face de l’hôtel Sheraton, sont plusieurs églises aux beaux clochers à bulbe ; pour tout dire, dans le carré compris entre les quatre grands boulevards du centre de Sofia, on compte pas moins de 15 églises orthodoxes, une grande mosquée dont le minaret ne passe pas inaperçu et la synagogue Eksaa Yosif.

    A côté de la place Ste Nedelya, un beau bâtiment et une place ornée de jardins, de jets d’eau et de bancs ; c’est le magnifique palais de justice.

     

     

    Le palais de justice de Sofia

     

    Puis l’opéra ballet national, le grand théâtre Ivan Vazov, entre le grand hôtel de Sofia et le grand hôtel Bulgaria. Après le boulevard Patriach Evtiumiy, au sud, se trouve la grand place Bulgaria avec ses bassins, ses jardins, ses grandes allées et ses escaliers qui mènent au plus grand centre commercial de Sofia.

     
     
     
     
    Place Bulgaria à Sofia 
     
     

     

    Dès que l’on quitte le centre ville, on retrouve les vieux immeubles décatis, les belles constructions modernes que l’on rencontre sont des tours, propriétés de banques ou de grandes enseignes commerciales internationales. Quant on déambule sur les  trottoirs, beaucoup de petits commerces sont à hauteur de ceux-ci, les produits sont disposés à terre et le commerçant attend à sa fenêtre au niveau du sol.

     

     

    Le commerce à ras de terre à Sofia

    Il y a également beaucoup de salles de jeux dont l’enseigne aguiche les passants. Nous reprenons notre tramway bleu n° 4 pour un petit tour dans les rues noires de banlieue et rejoignons le camping à l’entrée duquel  les deux demoiselles battent la semelle ; nous les saluons poliment.

     

    SERBIE

    BELGRADE

     

     

    18 avril 2010

    La pluie a encore arrosé le campement cette nuit mais au matin le ciel est plus lumineux quand nous reprenons la route. Nous passons la frontière bulgare sans problème puis la frontière serbe avec le contrôle succinct du camion par une grande « quenouille » blonde peu amène.

    Jo échange son reliquat de Leva contre un stock de billets serbes multicolores et nous reprenons notre chemin sur l’autoroute E80 quasiment désert. Il fait bon et nous regardons défiler le paysage agricole de la Serbie à travers les carreaux de notre camion. Après Nis, on rejoint l’E75 et une aire de repos où nous passons la nuit pour 1000 dinars (environ 10 euros) électricité comprise.

     

    19 avril 2010

     

    Ciel gris, vent d’est, pluies éparses, c’est le menu météorologique du jour. La nuit a été bruyante comme chaque fois que nous stationnons sur les aires de camions. Nous roulons 3 heures environ et atteignons Belgrade vers 14 h 00. Nous avons un peu de mal à trouver notre camping dans le nouveau Belgrade mais avec l’aide d’un monsieur qui parle bien le français, nous trouvons notre chemin et le camping….. qui n’existe plus. L’endroit est encore un parc à camions où nous nous installons malgré tout.

    L’arrêt du bus 75 qui mène au centre-ville est tout proche et nous partons en repérage. Belgrade est le lieu de confluence de la Sava rivière qui prend sa source en Slovénie et du Dunau (Danube) dans lequel elle se jette, séparant la ville en trois parties :  Le New Beograd (nouvelle Belgrade) compris entre la rive gauche de la Sava et la rive droite du Danube, Stari Grad (l’ancien Belgrade), compris entre la rive droite de la Sava et la rive droite du Danube ; la banlieue populaire se trouve au-delà du Danube, rive gauche.

     

     Le marché à Belgrade

    Pour aller du New Beograd à Stari Grad, il faut emprunter le pont  Brankova  qui enjambe la Sava et notre bus nous dépose au terminus, à côté d’un beau petit marché dont les bâtiments des halles sont peints en rouge et blanc. Autour des halles, est le marché de plein air dont les étals débordent  de fruits et légumes colorés. Nous nous dirigeons vers l’extrémité nord de la ville qui se trouve à la confluence de la Sava et du Danube.

     

     La citadelle dans le parc Kalemegdan

    Un immense parc, le Kalemegdan, met en valeur la vieille citadelle et le fort construit par les légions romaines de Flavius au premier siècle de notre ère.

     Cathédrale St Michel de Belgrade

    Au sud-est du parc s’élève la magnifique cathédrale orthodoxe de Belgrade, dédiée à l’archange Saint Michel, construite en 1845 sur les ruines de l’ancienne église détruite par les ottomans au seizième siècle. Elle élève son superbe clocher  vert et or à 45 mètres  de hauteur et étale sur ses murs intérieurs une iconographie impressionnante où l’or rutile sous les lumières des immenses lustres de cristal.Il est interdit de photographier l’intérieur des églises orthodoxes, dommage pour nos blogueurs !

    Au passage, nous découvrons la rue des ambassades dont celle de la France, un peu désuète à côté de celle de l’Autriche.

     

     L'ambassade de France à Belgrade

     

    20 avril 2010

     

     Le Danube vu depuis la forteresse de Kalemegdan

    Nous reprenons notre bus n° 75 direction le centre ville ; le temps est frais et humide. Nous passons une partie de la journée dans le parc Kalemagdan à découvrir Belgrade des hauteurs de la forteresse dont nous faisons le tour. Ici les statues de bronze des personnalités importantes de la  Serbie sont déposées un peu partout. Celle que l’on voit de loin, au-dessus de la colonne qui domine la ville et en est le symbole : la statue de Pobednik « Le Victor »

     Le "Victor" de Pobednik

    Plusieurs portes incluses dans la forteresse permetten t d’accéder à ce qui fut le coeur de la défense de la cité d’où la vue est imprenable sur l’ensemble de la ville. Le parc est populaire, très fleuri et les couples d’amoureux s’y donnent rendez-vous sur les bancs ou sous les arbres.

     L'église de Ste Petka

    Le clocher vert surmonté d’une croix d’or qui dépasse des remparts est une église orthodeoxe, St Petka, dont l’entrée principale est gardée par deux soldats de bronze. L’intérieur est impressionnant d’or et d’icones ; nous nous faisons rappeler à l’lordre par la « Gorgone » qui garde les lieux car nous avons fait quelques photos profitant fourbement du défaut de signalisation de l’entrée que nous avons empruntée.

     L'or et l'argent de Ste Petka

    L’incitation aux dons est permanente, à chaque statue, tableau, autel, porte, des troncs ou plateaux sont disponibles. Il faut de l’argent pour entretenir l’or et l’église orthodoxe est riche en or.

     La chapelle de Ste Ruzica à Kalemegdan

    Un peu en contrebas, une petite chapelle : c’est St Ruzica, richement décorée également ; elle est comble aujourd’hui et l’assemblée recueillie écoute pieusement le prèche d’un jeune pope barbichu. Une petite source sur les lieux apporte ses bienfaits aux croyants depuis l’époque romaine ; chacun vient ici avec sa fiole qu’il vient faire bénir.

    Nous allons au centre ville à la recherche d’un Internet Café pour mettre notre blog à jour ; deux jeunes , sollicités, nous mènent dans une cour et nous trouvons notre bonheur. Le claviers et logiciels en cyrillique nous découragent et nous retournons à notre camion par le bus 75.

     

    21 avril 2010

     

     Rue "Knez Mihallova" à Belgrade

    Ce matin, il fait beau et chaud et nous retournons en ville pour flaner dans la plus grande rue piétonne de Belgrade « Knez Mihallova ». C’est ici que se retrouve la jeunesse pour se consacrer au shopping ou à la détente aux terrasses des nombreux bars qui la bordent. Les musiciens des rues donnent l’aubade aux passants, les grands magasins de vêtements, de parfums et autres sont investis par les jeunes et belles belgradoises et les boutiques de souvenirs, par les touristes.

     Le musée militaire de Kalemegdan

    Nous remontons les escaliers qui mènent au parc Kalemegdan pour y visiter la citadelle et le grand musée militaire dont l’armement lourd est exposé sur les pelouses des anciennes douves. Sur le chemin, nous avons accès à la tour de l’observatoire d’où le point de vue panoramique est superbe d’autant que quatre paires de jumelles sont à notre disposition orientées aux quatre points cardinaux.

    Nous découvrons particulièrement les grandes iles dont « Ada Ciganlija », sur la Sava, qui est une zone verte très fréquentée l’été. Celle de « Ratina Ostrova » juste à la confluence des deux fleuves et « For Kontunac » et «Cakjanac » sur le Danube.  Toute la ville de Belgrade est à nos pieds et l’or des bulbes des églises orthodoxes rutile sous les rayons du soleil. Nous n’avons pas accès au téléscope qui domine la tour, c’est dommage.

     Il a bonne mine le Pat!

    Puis, par la porte »Karageorge », nous pénétrons dans la forteresse et le musée militaire. Ici tous les canons, obusiers, chars légers et lourds, chenillettes, torpilles et mines marines, bombardes de toutes les nations et de toutes les guerres sont allignés en rang d’oignons. Le musée militaire intérieure passe en revue l’armement, les costumes et décorations depuis le moyen âge jusqu’en 1945 et les épopées militaires serbes en passant un peu sous silence l’époque de la Yougoslavie. 

    Le monument "Gratitude à la France"

    En descendant de la forteresse, nous traversons à nouveau le parc et passons devant le monument « Gratitude à la France » qui exprime la reconnaissance de la cité à la France et aux héros de la deuxième guerre mondiale.

     

    HONGRIE

    BUDAPEST

     

    22 avril 2010

    Nous avons quitté Belgrade par un beau soleil de printemps pour rejoindre Budapest, capitale de la Hongrie ; toutefois, nous ferons une halte à Kecskemet où nous pensions stationner sur le camping de la ville qui était en travaux lors de notre voyage aller. Hélas, les travaux sont toujours en cours mais c’est un projet de parc aquatique qui est en œuvre ; le camping n’existe plus.

     Totor sur le parking à Keskemet

    Nous rejoignons donc le parking du stade juste en face, nous l’avions déjà occupé en octobre 2009.

     

    23 avril 2010

     

    Rien à signaler pour cette étape ; nous prenons la route E75 de Budapest. Il fait très beau ; Jo me dépose au bord de la route et m’attend une dizaine de kilomètres plus loin en tricotant. Ainsi je peux effectuer ma séance de marche à travers la campagne hongroise. Comme d’habitude, nous évitons l’autoroute et comme la route nationale E75 se confond avec l’autoroute 75 dès Kecskémet, nous arrivons au sud de Budapest par la route n° 5 parallèle.

     Le pont des chaînes à Budapest

    Notre camping se trouve au nord de la ville à Obuda, sur la rive droite du Danube. Nous longeons le fleuve (Duna pour les hongrois) par sa rive gauche jusqu’au périphérique central et nous passons sur l’autre rive par le célèbre « pont des chaînes », magnifique ouvrage supporté par deux énormes piliers, gardé à l’est et à l’ouest par quatre lions de pierre et orné aux deux frontons des blasons de la nation dont la couronne royale à la croix penchée et la croix de Lorraine.

     Budapest vue du Palais Royal

    Le Danube est large et majestueux ; première déception, il n’est pas bleu mais brun et charrie quelques déchets. Il sépare la ville en deux parties, Buda à l’ouest et Pest à l’est. Une dizaine de ponts relient les deux villes qui ont été unifiées le 1 er janvier 1873 pour former Budapest. Au passage nous admirons sur l’autre rive l’immense parlement hongrois et sa coupole en étoile, symbole de la ville.

    De grands bâteaux se croisent sous le pont Margit ; puis nous admirons l’ile Marguerite (Marguitsziget) qui s’étend jusqu’au pont Arpad, au nord. C’est le poumon vert de la capitale, le Central Park de la ville où des centaines de personnes viennent s’oxygéner chaque jour.

    Sur le boulevard Budai Rakpart, après le pont Arpad, nous longeons le site romain d’Aquincum et nous atteignons Romai Camping où nous resterons quatre jours. Le camping est un peu vétuste mais une station de métro est à 300 mètres, nous pouvons aller en ville sans problème.  Jo profite de la machine à laver pendant que j’installe notre camping car et nous passons une nuit au calme dans les senteurs de lilas qui fleurissent partout.

     

    24 avril 2010

     Eglise Ste Anne à Budapest

    Ce matin nous prenons le métro qui nous dépose au terminus de la ligne et par les escaliers nous arrivons sur la place où se dresse la magnifique église Sainte Anne aux deux clochers, pur produit de l’art   baroque hongrois.

     

    Au centre de Pest la zone piétonne

    Nous sommes à Buda qui est la partie la plus valonnée la plus verte et la plus résidentielle, contrairement à Pest qui est plane et plus moderne et qui accueille les centres commerciaux, les banques, le parlement, les ministères, les théâtres, les cinémas, les musées et une grande et belle zone piétonne.

    Rapidement, nous sommes au bout du pont des Chaînes magnifique ouvrage qui comme l’ensemble de la ville a été détruit plusieurs fois au cours de son histoire et chaque fois reconstruit dont la dernière fois après la guerre de 39/45. 

     Jo devant le Palais Royal de Budapest

    Nous sommes au pied de la colline du château en fait le Palais Royal érigé au 12 ème siècle ; il a subi également de nombreuses destructions notamment durant l’occupation turque où il fut rasé puis reconstruit sous le règne de Marie Thérèse d’Autriche, période où il connut une nouvelle splendeur avant d’être à nouveau détruit durant la guerre d’indépendance nationale. Il renaît de ses cendres dans la secondre moitié du 19 ème siècle dans un style néo-baroque avant de retomber pendant la dernière guerre mondiale. Restauré dans les années 50, ce palais majestueux abrite aujourd’hui différents musées, la bibliothèque nationale et la galerie nationale hongroise.  

    Devant l’entrée se dresse la statue du prince Eugène de Savoie. Par les escaliers et chemins très raides, nous arrivons sur la terrasse d’où on domine Budapest et le Danube ; la vue est magnifique sous un ciel immaculé et un soleil ardent. Nous allons également visiter le musée de la forteresse, en fait le bunker souterrain qui permit aux soldats SS lors de la dernière guerre de résister longtemps à l’assaut des troupes soviétiques.

    Dans le bunker du musée de la forteresse à Budapest

     Mais, il finira par tomber et aujourd’hui des salles reproduisen t la vie des soldats dans cet ouvrage.De nombreuses photos de la souffrance du peuple hongrois prouvent la dureté de l’épreuve subie.

     Le bastion des pêcheurs

    Du palais royal, nous nous rendons au bastion des pêcheurs avec ses petites tours  blanches et ses escaliers qui longent à l’est le platreau de la colline en suivant le parcours des anciennes murailles médiévales. On y jouit d’un panorama exceptionnel sur Budapest.

     L'église Ste Mathias

    Sur la colline, nous visitons également l’église de Matthias qui domine la place de la Sainte Trinité. Cette église, dont quelques restes remontent à 1255, a servi de mosquée durant l’occupation turque et abrite les tombeaux du roi Bela III et de son épouse Anne de Châtillon. Sur la place de la Sainte Trinité, trône la statue de Saint Etienne, fondateur de l’état hongrois.

     Les cyclistes sous le pont à Budapest

    Du haut de la colline, nous assistons à une concentration extraordinaire de cyclistes qui, depuis la place Roosevelt, de l’autre côté du pont des Chaînes, s’élancent sur le pont, puis, après avoir contourné le rond point Clark Ter s’engouffrent dans le tunnel creusé sous la colline en hurlant à pleins poumons. Ce tunnel est normalement interdit aux cyclistes comme le prouve le panneau à l’entrée, pour cause de pollution.

    En fait, cet évènement est organisé pour attirer l’attention des dirigeants sur la pollution et les risques écologiques. Durant deux heures, une file ininterrompue de plusieurs milliers de bicyclettes de toute nature traverse le souterrain dans une ambiance bon enfant en criant à tue-tête leurs slogans.

     

    25 avril 2010

     Le parlement de Budapest

    Aujourd’hui, nous visitons le quartier Pest  avec en vedette le parlement, célèbre bâtiment de style néo-gothique, long de 300 mètres, large de 96 mètres ; il comprend 691 pièces et 27 entrées. Sa décoration a nécessité 41 kg d’or ; il devait impressionner les « yeux des amis et des ennemis », comme le souhaitait le premier ministre à l’époque de sa réalisation en 1902.

    Face au Duna, sa coupole et ses pilastres me font penser un peu à « Jeronimo », à Lisbonne. Sur l’autre face, il donne sur la grande place de Kossuth Lajos Ter, entourée d’édifices monumentaux tels que le musée ethnographique et le ministère de l’agriculture. Il est orné de 223 statues, son entrée principale est gardée par 2 lions en bronze au pied de l’escalier d’honneur. A l’intérieur sont exposés les joyaux de la couronne hongroise.

     Le parc de l'île Marguerite à Pest

    Puis, par le pont Marguit, nous allons passer l’après midi dans l’immense parc de l’ile Marguerite jadis réserve de chasse royale. Le roi Bela, lors des invasions barbares, promit sa fille Marguerite à Dieu si celui-ci l’aidait à libérer son pays.

    La tombe de Marguerite

     La petite fille âgée de 9 ans fut enfermée dans un couvent de dominicaines construit sur l’ile pour la circonstance et y mourut à 28 ans. Si cette princesse n’a pas profité de sa vie, elle profitera de l’éternité car elle fut canonisée en 1943, une pierre tombale dans les ruines du monastère en témoigne.

     Bassin de l'île Marguerite

    L’ile Marguerite est un vaste jardin sous les arbres ; les bassins, parterres de fleurs, jets d’eau, jeux pour enfants, pistes de sports complètent les équipements thermaux, balnéaires et zoologiques préexistants. Une foule considérable vient s’y détendre en famille et bronzer sur les pelouses.

    Le parc de l'île Marguerite

    C’est la saison des amours, dans les roseaux du ruisseau qui traverse l’ile, les grenouilles se font entendre et le spectacle des accouplements batraciens attire bon nombre de spectateurs. La jeunesse n’est pas en reste et roucoule derrière les buissons ou à même les pelouses. Que c’est beau ! C’est beau ! la vie !

    Grace au métro, nous sommes vite à notre camping où un peu de repos dans notre camion n’est pas un luxe ; nous parcourons beaucoup de kilomètres à pieds et ceux-ci nous rappellent à l’ordre.

      

    26 avril 2010

    Nous retournons à Pest pour visiter le centre historique qui est en gros la cité médiévale dont quelques pans sont encore visibles.L’église paroissiale du centre-ville fut également détruite puis reconstruite plusieurs fois ; elle conserve un « mihrab » à l’intérieur, seul exemple de l’occupation turque dans une église hongroise. Beaucoup d’églises élèvent leur clocher dans la capitale mais celle de Saint-Etienne est probablement la plus remarquable.  

     Le style "Liberty"

    Pest est très animée car les grandes rues piétonnes sont très fréquentées par les habitants et les touristes ; les nombreux restaurants et bars y ont installé leurs tables. Le cœur commercial de Budapest est la « Vörömartyrler » à l’ambiance très 19 ème siècle ; de nombreux  immeubles de style « liberty » gardent l’ambiance romantique du temps passé.

    Budapest est aussi la « cité des eaux », de nombreux bains et hammams y sont très prisés, notamment sur le mont « Gellert » où les thermes sont très fréquentés. De nombreuses sources  ont fait la réputation des lieux depuis l’époque romaine ; les clients viennent s’y immerger et jouent aux dames ou aux échecs.

     Statue de "Sissi"

    Cette belle ville de Budapest est un vrai bonheur pour les visiteurs que nous sommes. Il faudrait des semaines pour en faire la découverte. Elle est incontestablement une des plus belles villes que nous ayons traversées, je pense que le beau Danube, même s’il n’est pas bleu, lui donne un charme supplémentaire que la monarchie autrichienne appréciait du temps de son règne ; Elisabeth, la « Sissi » des bibliothèques roses séjourna souvent dans le palais royal. Nous rencontrons souvent sa statue dans Budapest, notamment au pied du pont qui porte son nom et qui fut reconstruit après la dernière guerre.

    Nous quittons cette belle capitale avec regret car un peu frustrés de ne pas en avoir fait toute la connaissance.

    SLOVAQUIE :

    BRATISLAVA

     

    27 avril 2010

     

    Nous continuons notre « tournée » des capitales du Danube par la visite de Bratislava, capitale de la Slovaquie. Nous sommes partis assez tard et avons musardé sur les petites routes de la campagne. Nous avons longé le Danube qui est la frontière entre les deux pays. J’ai passé la nuit sur un petit camping proche de Rajka, à quelques minutes de la frontière.  Ce petit coin de verdure sur la Lejta affluent du Danube et très sympa ; nous sommes sur une ile, la rivière est très rapide, favorable à la pratique du canoë comme le prouvent les aménagements et les bateaux présents sur les berges.  

    Des pêcheurs y pratiquent la pêche au carrelet, filet en forme de parapluie qu’ils manœuvrent grâce à une poulie.

     

      28 avril 2010  

     

    Nous franchissons la frontière hongro-slovaque où il n’y a pas âme qui vive.


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    VOYAGE EN TURQUIE

     

    29 octobre 2009

    Nous passons la frontière à « Svilengrad » ; les douaniers bulgares nous font passer sans attendre et arrivons à la douane turque, immense et moderne. Le passage se fait sans problème et le premier chant que nous entendons est celui du muezzin de la belle mosquée immédiatement après la douane. Il est midi ou plutôt 13 h 00 car nous entrons en Turquie qui n’est pas encore en Europe.

    Là, de grandes étendues agricoles se déroulent de part et d’autre de l’autoroute ; tout est encore vert, l’automne n’est pas encore arrivé jusqu’ici. Jo évite de justesse un chien errant ; là encore les cœurs battent rapidement. Le premier en Bulgarie était noir, celui-ci est blanc, pourvu qu’il n’y en ait pas un troisième.

     Sur l'autoroute vers Istanbul

    Une prostituée turque fait les cent pas sur la bande d’arrêt d’urgence, un pépère se déplace en vélo, également sur la bande d’arrêt d’urgence.

    En approchant d’Istanbul, nous voyons de beaux villages aux maisons modernes. Quel contraste avec la Bulgarie ! La circulation augmente considérablement sur la grande autoroute E80. Pour la première fois, nous apercevons la mer de Marmara avec ses constructions côtières multicolores.

     Au fond la mer de Marmara

    A hauteur de Tepedik, nous voyons la route côtière victime des dernières inondations du mois d’octobre où les engins de chantier sont encore en action. Dans une légère descente vers Mahmutbey, nous avons une vue panoramique sur l’immense mégapole d’Istanbul, ville entièrement tournée vers le commerce tant les panneaux publicitaires et enseignes lumineuses sont dans le paysage.

    Nous restons sur l’E80 qui contourne le grand Istanbul car nous avons pour objectif le camping AKKAYA à Akçakèse, au bord de la mer  Noire. La nuit tombe rapidement et il nous reste encore une soixantaine de kilomètres à parcourir.

    Dès que nous quittons l’autoroute en direction de « Silé », nous sommes pris dans un embouteillage important mais surement habituel car une cohorte de vendeurs à la sauvette slaloment entre les véhicules pour essayer de vendre leur pacotille aux conducteurs pris au piège.

    La route que nous empruntons est très dégradée et de nombreux travaux  y sont en cours ; il fait nuit noire quand nous atteignons le camping en bas d’une descente vertigineuse crevée de nids de poules. Nous apercevons la mer Noire et entendons le bruit des vagues.

    Nous sommes les seuls camping-caristes du site ; nous nous installons sous une petite pluie qui va augmenter crescendo et battre à nos fenêtres toute la nuit.    Nous avons parcouru 527 kms.

     

     

    30 octobre 2009

    Le vent qui vient  de la mer Noire que nous avons devant nous, rafale toute la journée et les bourrasques de pluie vont nous contraindre à rester cloîtrés dans notre camion une grande partie de la journée. Le camping est tout en pente et beaucoup de petits bungalows en bois y sont installés. Les propriétaires ont voulu donner un air de « western » à leur installation et une photographie de Monsieur en cowboy décore la salle de réception qui fait également office de restaurant.

    Jo est déçue car il n’y a pas de machine à laver sur le site, elle attendra donc le prochain bivouac pour remettre de l’ordre dans le linge. Le ciel est très bas sur la mer qui, comme la Méditerrannée, n’a pas de marée et on voit les vagues blanches s’étaller sur la petite plage en bas du camping. Des hamacs sont accrochés dans les arbres et attendent des jours meilleurs. Ils sont tourmentés par les embruns et la piscine en contrebas se remplit lentement mais surement. Toutefois, ni Jo ni moi ne sommes tentés par la natation ; en ce moment, nous préférons le confort douillet de notre camion.

     La piscine se remplit

    En milieu d’après-midi, nous passons deux heures dans la salle du restaurant chauffée au bois par un cubilot qui refoule la fumée à l’intérieur de la pièce. Nous y mettons notre blog à jour, la connexion internet étant offerte par la maison. Nous retournons à notre camping car, fumés comme des harengs.

    31 octobre 2009

    Il a plu très fort toute la nuit, Jo a mal dormi, ça se voit et ça s’entend. Nous nous préparons et prenons la route prudemment car il y a de l’eau partout. Les routes sont défoncées et nous avançons à 30 km/heure en direction d’Agva. Des torrents d’eau rouge dévallent de la montagne et viennent gonfler les rivières qui débordent dans la plaine.

    La Turquie du Nord-Est a beaucoup souffert des inondations c es derniers temps et nous ne souhaitons pas nous attarder plus longtemps par ici. Nous passons à Kocaeli pour rejoindre l’autoroute A80 qui nous mène à Ankara.

    Les paysages anatoliens sont superbes d’autant que la pluie a cessé et nous pouvons tout à loisir en profiter derrière nos carreaux. Nous arrivons à Hôtel camping Ulasan au bord de la route nationale E750 en direction de Konya.

    Il fait nuit et la pluie est revenue. Nous nous installons sur une aire derrière l’hôtel d’où l’on voit le lac Mogan Golu à Gölbasi. Nous avons parcouru 473 kms.

     Le lac Mogan Golu à Gölbasi

    1ernovembre 2009

     

    Dimanche 1ernovembre, il fait un temps de Toussaint en pays ottoman. Nous avons l’intention Jo et moi de prendre un peu de temps pour visiter l’Anatolie centrale mais nous avons décidé finalement de rouler vers le sud et les rivages de la Méditerranée en espérant un temps plus clément.

    Si les conditions météo le permettent, nous caboterons le long de la côte en attendant l’arrivée de Gilles et Maryse à Antalya prévue fi n novembre. Puis nous roulerons vers la Jordanie pour un séjour d’un mois , ensuite la Syrie d’où nous devons sortir le 10 février 2010 dernier délai. Nous aurons plus de temps ensuite pour visiter  la Turquie en revenant vers l’Europe au printemps.

    Notre objectif du jour est un camping à Aksaray sur la route d’Adana, pas trop éloigné où nous espérons trouver une machine à laver car nous n’avons pas résolu notre problème de linge.  Deux gros chiens crevés gisent sur le bas côté de la route, ici, comme au Maroc, ils divaguent et sont victimes de la route.

    Au loin déjà nous apercevons l’immense lac Tuz Golu au bout duquel se trouve Aksaray, but de notre voyage. Nous trouvons notre camping au centre d’un vaste complexe autoroutier, si tous les commerces sont ouverts, notre camping, lui, est fermé. Nous stationnons Totor vers le poste de gardiennage dont le garde en activité nous fait comprendre qu’il le prend sous sa protection. Nous en profitons pour faire quelques courses dont Jo s’occupera avec bonheur et enthousiasme tandis que je me rends au salon de coiffure . Je suis pris en charge par le « Michou » du coin et son assistant . Après quelques explications en franco- allemand ,traduites en turc par un client turco- anglais, sympatique, nonchalemment répandu sur le fauteuil voisin, venu à notre secours, je suis dirigé vers un fauteuil qui sent des pieds ( je pense que c’est lui) . L’assistant me passe le tablier et branche dans la prise électrique ,le cordon de la tondeuse que lui tend son maître. Le petit doigt levé Michou s’active sur ma calvitie naissante et l’assistant récupère instantanément le fruit du travail de son maître pour le faire disparaitre subreptissement dans un seau caché sous un banc. Régulièrement , Michou me demande si c’est :<<OK ?>> puis il m’invite à passer sur le fauteuil suivant pour un shampoing en bonne et due forme. Là, je reconnais le professionalisme du coiffeur ottoman qui, à l’inverse de son homologue gaulois pratique le shampoing après et non avant la coupe , ainsi les petits cheveux disparaissent dans le bac et  ne vous pourissent pas le reste de la journée en vous grattant le dos.

    Michou me  ramène sur le premier fauteuil, son assistant  branche dans la prise électrique , le cordon du sêche-cheveux que lui tend son maître. Après mon passage en soufflerie, Michou à l’aide d’une tondeuse en forme de crayon s’occupe de mes oreilles avec un soin méticuleux. Laissant la place à son assistant, celui-ci terminera la tâche par un nettoyage au coton  tout aussi méticuleux. A l’aide d’une troisième tondeuse en forme de crochet, Michou s’attaque à ma pilosité nasale aussitôt relayé par son assistant et son coton fureteur.Sans autre forme de procès mes sourcils font l’objet de tous les soins de mes deux serviteurs et je saute en bas du fauteil  pour  leur signifier que leur travail s’arrêtera là… .

    Après le :<<OK ?>> de rigueur, Michou me propose une petite pulvérisation d’eau de toilette et un gel  fixateur que je refuse aimablement malgré son insistance car c’est compris dans le prix. Après avoir règlé les quinze Livres Turques (6,88€) demandées avec le sourire  et remercié chaleureusement Michou et son assistant, je vais rejoindre Jo à la cafétéria .

     Nous trouvons sur notre documentation un camping à Sultanhani sur la route de Konya et reprenons notre voyage sans plus attendre.Sur des kilométres s’étalle une lande pelée traversée par la cahotique route 750. Quelques villages antédiluviens, vestiges d’une Turquie rurale, résistent encore aux côtés d’immeubles  flambant neufs de la nouvelle nation résolument tournée vers l’avenir. De nouvelles usines modernes sortent de terre, telle cette sucrerie industrielle à Yapican et ce centre de conditionnement  de gaz  avec ses énormes citernes blanches allongées  sur leurs dalles de béton près de Sultanhani.

    Nous avons un peu de mal à repérer le camping, fermé lui aussi. Nous tentons notre chance dans un camping hôtel à la sortie de la ville qui, lui est ouvert et enfin, nous installerons notre camion avec l’aide bienveillante de cinq personnes de l’établissement car nous sommes les seuls clients.

    Nous avons parcouru 279 kms et le temps est maussade.

    2 novembre 2009

    Il pleut, il fait froid, nous avons pris notre douche dans un local à l’arrière de l’hôtel. Après avoir salué les employés, nous reprenons, en sens inverse, la route E300 qui nous ramène à Aksaray. Cette route, nous l’appelons la route de la betterave car les camions, en convoi, y roulent à 30 km/heure, chargés qu’ils sont de montagnes de betteraves qu’ils vont déverser à l’usine sucrière de Yapican.

    Nous passons devant l’immense usine de fabrication de camions de Mercedès Turquie où des centaines de tracteurs attendent sur les parcs de stockage.

    A Aksaray, nous bifurquons à droite, direction Adana par la E750 qui, sur des dizaines de kilomètres, en ligne droite, nous fait traverser de vastes étendues désertiques de l’Anatolie du Sud. La route est en mauvais état et nous sommes secoués jusqu’à Karvausaray où nous prenons la toute nouvelle autoroute E80 qui, à terme, reliera Istanbul à la Méditerranée. A ce jour, il manque le tronçon Ankara  Kemerhisar, mais la Turquie a mis les moyens nécessaires et les travaux avancent à grande vitesse. La partie que nous empruntons n’est ouverte que depuis peu et les équipements (parkings, aires de repos, péages …) ne sont pas encore installés.

    Ce qui frappe en traversant le pays, c’est le nombre incalculable de stations essence avec market intégré qui bordent les routes. Je ne pense pas me tromper en disant que tous les cinq kilomètres, il y a un pétrolier de chaque côté de la route et quasiment tous sont équipés en pompes GPL.

    Nous sommes à une altitude d’environ 1600 mètres et descendons régulièrement en traversant les monts du Taurus jusqu’à Yanice où l’autoroute se sépare en deux. Nous piquons vers la côte de la Méditerranée où à Icel nous prenons la route côtière. Le temps s’est nettement amélioré même si en traversant Mersin, nous sommes surpris par un gros orage qui va rapidement inonder la route.

     L'Anatolie vers Aksaray

    Ici, tout est bétonné, pas un mètre carré n’est épargné ; d’immenses immeubles sans style bordent la route jusqu’à une petite plage où nous allons nous échouer en quittant la route principale, renonçant à trouver un hypothétique camping dans cet imbroglio inextriquable. Le village s’appelle Cesmeli. Un bout de terrain engazonné fera l’affaire et nous y posons notre camping-car sur les conseils d’un petit commerçant qui y tient là une guinguette faite de bric et de broc. Trois tables bancales, quelques chaises en plastique sous une bâche font office de restaurant.

    Totor installé face à la mer, nous irons diner là, d’un poisson frit, d’une salade et d’un plat de crevettes à la tomate, excellentes. Quelques courses au petit market d’à côté et nous rejoingons notre camion pour une nuit en bord de mer.

    Nous avons parcouru 355 kilomètres.

    3 novembre 2009

    C’est la chaleur du soleil qui nous réveille ce matin à 7 h 30 ; c’est plutôt agréable après ces journées de pluie. Nous nous sommes entendus hier avec notre restaurateur pour un « breakfast » à 8 h 00. Après les cordialités matinales, nous nous installons et aussitôt les plats arrivent.

    Jo change de couleur en voyant arriver une salade de pommes de terre garnie d’oignons, des olives, une salade de tomates avec persil en branche, chorizo grillé, fromage de brebis, des œufs durs au poivre ; heureusement une marmelade de poires parfumée au clou de girofle, un thé et des biscottes viennent donner un ton plus français à notre petit déjeuner. Après un temps d’adaptation et un travail psychologique sur nous-même, nous essayons l’œuf dur en grattant un peu le poivre, « bof » ; l’olive pimentée, c’est bien mais à 8 heures , « bof » ; le chorizo grillé ! Mmm ! « bof, bof ». Jo s’essaie à la salade de pommes de terre, moi, je me contente de l’observer mais, ça ne passe pas du tout. La tomate à l’huile d’olive, sans le persil, n’a pas plus de succès ; donc nous nous rabattons sur le fromage de brebis. Je dis, nous, mais en fait, je, car Jo ne le regarde même pas et nous finirons par la compote de poires. Notre première expérience gastronomique truco-britannique me laissera des traces intestinales durant toute la journée.

     Petit déjeuner vers Silifke

    Nous saluons nos nouveaux amis turcs reprenons la route côtière N° 400 pour rejoindre un camping situé après Silifke. Nous traversons Erdemli, ville de 54 000 habitants ; des grandes tours en béton bordent la route tout le long de la côte. Les paraboles, les chauffe-eau et les panneaux solaires garnissent les toits.

     Erdemli

    Des millers d’affiches, de panneaux, d’enseignes, de cartons publicitaires enlaidissent un paysage déjà peu attirant. Heureusement que l’on voit la mer sous le soleil,  on n’y voit quasiment aucune plage et aucun oiseau marin.

    A Kizkalesi, nous apercevons des ruines romaines que nous irons visitées une fois stationnés  sur le camping ouvert, installé au bord de la mer et qui est équipé d’une machine à laver, au grand soulagement de Jo. De plus, la wifi fonctionne, donc nous allons prendre un peu de bon temps ici.

    Nous sommes à Tasucu, dans le golf « Tasucu Korlesi » loin de la ville et de son béton. Trois campings-cars allemands sont installés ; le grand ménage est en cours dans celui qui nous précède ; c’est un gros « Flair » équipé d’une machine à laver et  d’une essoreuse. Le camping, c’est bien, mais il faut quand même un minimum de confort !

    4 – 5 -6 – 7 – 8 novembre 2009

    C’est le coq du camping qui nous réveille à 8 h 30 ce matin. C’est bien, il a intégré le décalage horaire. Il règne sur son harem de 8 poulettes qui mènent leur vie parmi les camping-caristes et les chiens de la maison. La pluie cliquette sur notre camion mais il fait doux. Nous avons pris un taxi pour nous rendre au village faire nos courses dans un super market. Le chauffeur nous a attendus et ramenés ; coût 16 lira soit 7 € 33. Nous avons passé le reste de la journée à bord, avec la pluie en bruit de fond.

    Des éclairs zèbrent le ciel et le tonnerre donne de la voix. Au fil du temps, le vent de la mer pousse les vagues de plus en plus  loin et celles-ci s’approchent dangeureusement. Le personnel du camping surveille la mer régulièrement et retire les chaises de plage de peur qu’elles ne partent avec les flots.

    Les vagues commencent à passer par-dessus la berge avec un bruit sourd et je sens tout le monde inquiet. Jo n’en mène pas large. Mais c’est le point culminant de l’orage et nous entendrons les vagues claquer sur les pierres toute la nuit et les bourrasques de pluie balayer notre camion avec fureur.

    Au matin, calme plat, ciel bleu, soleil à tous les étages et légère brise marine. Quel changement ! il fait chaud, 22°. Nous petit-déjeunons dehors, face à la mer qui a retrouvé son calme et les vagues viennent mourir à nos pieds avec un clapotis sympa. Tout le monde est dehors et s’active.

    Deux camping-cars allemands, dont le FLAIR, reprennent la route. Jo est à sa lessive et je démonte les rideaux occultants arrière pour une petite remise en ordre. Une fois les travaux terminés, Jo attaque les carreaux de la maison et ne laisse aucun endroit où la main passe et repasse. Bref, la vie est belle sous le soleil !

     Tasuku vue du camping

    9  novembre 2009

    Cela fait bientôt une semaine que nous sommes à Tasucu. Il fait un temps d’été, entre 25 et 28° dans la journée sous un soleil rayonnant. Il n’y a  quasiment pas de différence de température entre le jour et la nuit. L’eau est excellente et je me baigne dès le matin. Domage que la plage soit en galets, ceux-ci font mal aux pieds et il est difficile de tenir debout surtout à la sortie de l’eau quand les vagues me poussent et me déséquilibrent.

    Nous sommes encore trois camping-cars sur le site dont un couple de Suisses (Zurich) qui revient d’Iran . Ils ont beaucoup aimé les paysages magnifiques et la gentillesse des gens mêm e si la loi islamique impose le voile aux Suissesses. Ils sont partis depuis le mois d’avril et sont allés jusqu’en Mongolie via l’Ukraine, le Kazakstan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan . Maintenant, ils rentrent. Ils sont équipés d’un véhicule tout-terrain de l’armée suisse que Monsieur a fait équiper intérieurement par un menuisier sur ses propres plans.

     Le camping-car Suisse

    Quand je lui ai dit que j’envisageais un jour d’aller en Mongolie, il m’a dit qu’avec mon camion c’était possible, que des camping-cars standards l’avaient déjà fait mais que tout de même un 4 x 4 est plus adapté dans ce pays où il n’y a quasiment pas de route.

    Est arrivé également un couple d’allemands, parti à trois avec leur fille de 7 mois, revenant au bout de quatre années devoyage à 4, avec un bébé né aux Indes. Eux sont équipés d’un petit combi Ford chargé à bloc et décoré comme un sapin de Noël. Eux aussi sont passés par l’Iran, la dame parle un peu français et nous dit ne pas trop avoir apprécié ce pays à cause de la mentalité des gens. Ils rentrent en Allemagne à cours d’argent.

    10 novembre 2009

    Nous avons quitté Tasucu ce matin vers 10 h 00. Nous reprenons la route côtière N° 400 qui serpente dans les monts du Taurus. Elle est en mauvais état mais des travaux sont en cours pour son élargissement.La région est assez pauvre et des paysans vendent leur production assis au bord de la route. Les anciens sont encore vêtus du sarouel traditionnel.

    La montagne est boisée de pins et tombe directement dans la mer. Mais dès qu’un espace de plage existe, les constructions pour les touristes sont présentes. Une vieille femme toute rabougrie est allongée sur les cailloux devant sa masure et chauffe ses vieux os au soleil. Un troupeau de moutons musarde sur la route et Totor se fraye un passage au milieu des futures pelotes de laine. Dans chaque village que nous traversons, c’est la mosquée avec son minaret en forme de crayon ou de fusée dressée vers le ciel qui domine.

     Jolie mosquée vers Karatepe

    A Karatepe, la route est complètement défoncée et les rochers tombent de la montagne ; il faut faire très attention et Jo est concentrée sur sa conduite. A Aydinkcik, nous entrons dans la culture maraîchère ; les serres de verre ou de plastique s’étendent à perte de vue et il en sera ainsi jusqu’à Bozdogan, un peu avant Anamur où nous trouvons le camping Pullu 1 ouvert mais pratiquement désert sauf un camping-car allemand juste en contre-bas.

    C’est un camping en terrasse, un peu à l’abandon en cette saison. Nous n’avons pas d’électricité ni d’eau chaude donc Totor assurera les utilités. Nous sommes installés juste en bord de mer. Un gros orage nous réveillera au milieu de la nuit mais au matin, un beau et chaud soleil brille.

    11 novembre 2009

    A 8 heures ce matin, dès le réveil, je suis descendu à la plage, la mer est calme et je me suis baigné durant une demi-heure, l’eau est à 22 ou 23°, vert émeraude vers la plage, bleu limpide un peu plus loin. L’après-midi nous irons faire quelques courses au village ; nous sommes agrippés au passage par un restaurateur qui tient absolument à nous servir un repas dont nous n’avons pas envie.

    Au market Damla, à côté, nous sommes accueillis par une jolie jeune fille qui nous offre à chacun une fleur de géranium fraîchement cueillie pour nous remercier de notre visite. Ca ne coûte rien mais avec un beau sourire en prime, il nous est plus agréable de dépenser, le commerce est un art et il y a des leçons à prendre en Turquie.  Au retour, notre restaurateur nous attend devant sa gargotte et devant son insistance, je lui promets une visite pour demain et je sais que demain, si nous repassons par ici, nous n’y couperons pas.

    Quand nous rentrons au camping, le ciel est noir, bas sur la mer et le tonnerre gronde. Toute la nuit les orages se succèderont et à grands seaux d’eau, notre camion sera lavé, rincé plusieurs fois. Nous ne dormirons qu’au matin quand le ciel aura retrouvé son calme.

    12 novembre 2009

    Le soleil réapparu, la température grimpe aussitôt et il fait bon dehors. Nous souhaitons aujourd’hui visiter la forteresse d’Anamur ou Mamure Kalesi. Après nos petites obligations matinales, nous prenons la direction de la forteresse qui se trouve à environ 2 kms dans le village. Le ciel change rapidement de couleur et nous sentons bien l’orage imminent. Nous pensons arriver avant lui à destination. Nous repassons devant le restaurant et aussitôt nous sommes salués par notre ami qui a de la suite dans les idées et qui nous fait l’éloge de sa carte. Je lui promets que nous nous arrêterons au retour.

    Nous hâtons le pas et l’orage aussi, mais très vite il nous rattrape et nous prenons la rincée. Notre salut viendra d’un petit bus Isuzu qui s’arrête dès qu’on lui fait signe et qui vous dépose où vous voulez pour 1 YLT par personne. Ces petits bus d’une quinzaine de places font office de transport scolaire, de taxi et pullulent entre les villes ; ce sont les Dolmus ; ils n’ont pas d’horaire ni de stations organisés ; ce sont les chauffeurs qui s’adaptent à la clientèle. Le nôtre nous déposera au camping.

    Du coup,nous ferons faux bond à notre gargotier  qui était probablement abrité dans sa bicoque quand nous sommes passés devant. Nous avons rejoint notre camion pour changer de vêtements et terminer la soirée au chaud.

    13 novembre 2009

    Nous quittons le camping Pullu de Bozdogan et en passant nous nous arrêtons à la forteresse d’Anamur. C’est une citadelle médiévale bâtie par les romains au 3ème  siècle. Les divers conquérants de la cité (Arméniens, Croisés, Seldjoukides) y apportèrent leurs modifications et celle-ci aura sa version définitive au 15èmesiècle.

     La forteresse d'Anamur

    Une mosquée du 17èmesiècle y occupe une cour intérieure , elle fut restaurée dans les années 1970. Ce fort fut entretenu jusqu’au 20èmesiècle lorsque les Ottomans s’y protégeaient des Anglais de Chypre. Des créneaux, nous avons une vue superbe sur la ville et sur la mer. Des douves où barbottent des tortues protègent l’ensemble. Aujourd’hui  le site tombe en ruines et les amoureux turcs viennent s’y réfugier ; j’y ai notamment surpris notre petite jeune fille qui nous a offert les fleurs de géranium. Un  peu rougissante, je lui ai affirmé en franco-anglo-allemand que c’est un lieu romantique pour les amoureux.

    Nous avons continué notre chemin toujours sur la N400 dans la montagne par un temps magnifique. Cette région est le domaine des bananeraies et les vendeurs sont partout à attendre les clients dans leurs échopes de branchages, de planches et de fil de fer. Dans l’une d’elles, nous ferons le plein de fruits, miel et amandes ; Ismet le commerçant nous fera cadeau d’un sac de noix. Il a sa maison en contre-bas, pas loin de la mer ; il cultive ses bananes sur un bout de terrain qu’il me montre fièrement.

     Ismet la bananne

    Par endroit la route est difficile et se transforme en immense boulevard dès que nous approchons d’Alanya  la « Riviera » turque. La ville s’étale le long des 11 kilomètres de plages bordées d’hôtels 4 ou 5 étoiles aux noms ronflants : Exelsior, Miami, Apollon, Palm Beach Alanya, etc …. Les commerces de luxe, les véhicules haut de gamme, bains turcs, hammans appellent le touriste, allemand, anglais, suédois, russe ou hollandais à dépenser sans compter. Le français reste la portion congrue du tourisme turc.Les jeunes filles largement dévêtues ne choquent pas la morale, l’islam local s’est adapté aux mœurs de la jeunesse internationale friquée.

    Nous cherchons un « autopark » afin de garer notre camion car nous souhaitons visiter la citadelle médievale qui domine la ville. Nous sommes bloqués à un feu rouge quand un couple en scooter avec leur setter irlandais en travers nous interpelle. Le Monsieur nous parle en anglais puis en allemand puis nous lance quelques mots français qu’il connaît : « je vous aime ».  Nous lui demandons où trouver un autopak, il nous fait signe de le suivre et il nous guide jusqu’à un parking au pied de la citadelle où nous retrouverons le camping car Flair rencontré à Tasucu.

    Il faut parcourir 5 kms de grimpette pour accèder à la citadelle, nous ferons le choix du taxi qui, pour 30 YTL (15 €) nous fera faire le voyage aller et retour. Cette formidable construction du XIIIème siècle compte 150 tours et 7 kms de murailles qui rejoignent la mer avec un dénivelé de 250 m. C’est un sultant seldjoukide qui a lancé ce vaste programme de fortifications pour protéger la ville.

     La citadelle d'Alanya

    Des hauteurs des tours la vue est saisissante, sur le port, sur la plage, la ville et la montagne. En contrebas, nous voyons la Kizil Kule (tour rouge), tour en briques rouges qui domine le port d’Alanya. Le temps est merveilleux et bien que les touristes se promènent en nombre, ce n’est pas la grande foule et nous profitons pleinement de ces conditions idéales pour boire une bière locale « EFES »sur la terrasse ombragée d’un café.La maîtresse des lieux nous tient compagnie, n’étant pas bousculée par la clientèle.

    Avec notre taxi, nous rejoignons Totor, fidèle au poste sur son parking en compagnie de son compatriote Flair. Nous quittons Alanya vers 16 heures pour rejoindre Incekum distant de 50 kms environ où, sur notre carte, figure un camping. Toute la côte est bétonnée, c’est une suite ininterrompue d’hôtels, motels, résidences de vacances et commerces associés. La nuit commence à tomber et il est impossible de trouver la pancarte du camping tant il y en a dans le panorama. Nous devrons faire demi-tour pour trouver notre affaire et nous nous installons sous les pins à Incekum.

    14 novembre 2009

    Le camping où nous nous sommes installés est immense, sous les pins et nous y sommes seuls. Les installations à l’abandon portent les stygmates de l’encombrement de l’été dernier. Dans notre environnement proche sont abandonnés une dizaine de réfrigérateurs mis à la disposition des clients durant les heures chaudes et qui attendent là, désespérément, qu’une bonne âme veuille bien les stocker à l’abri des intempéries.

    Les poubelles restées en l’état et largement visitées par la faune locale  étalent en corolles autour d’elles papiers, plastiques et autres déchets non comestibles. Les sanitaires sans éclairage aux douches délabrées et sales sont inutilisables. De plus, la nuitée à 45 YTL (23 €) est la plus chère de tous les campings turcs que nous ayons fréquentés.

    Après le petit déjeuner, nous remballons notre équipement et prenons la route N400 en direction de Manavgat que nous souhaitons rejoindre pour y visiter les ruines de l’immense ville romaine de Side mentionnée dans notre guide entre Incekum et Manavgat.

    Au centre de la ville, nous quittons la N 400 sur notre gauche et le flêchage nous guidera jusqu’à Side haut lieu de visites pour les tours opérators du monde entier. De grandes aires de stationnement sont prévues et nous arrêtons notre camping-car  au côté d’un immense bus turc, Totor a l’air tout petit . La soute à bagages toutes portes ouvertes sert de dortoir au chauffeur qui a sombré dans les nimbes ouatées du sommeil

     

    Dure la vie de chauffeur!

    A pieds, nous prenons la direction du site archéologique le plus vaste du bassin méditerranéen. Par une allée dallée, bordée de colonnes de marbre, nous pénétrons dans la Side romaine, ville qui comptait 60 000 habitants, fondée au VIIème siècle avant J.C. Ce fut le principal port de Pamphylie et grâce à lui se développa la cité grace au commerce des esclaves qui se déroulait sur l’Agora que l’on voit sur notre gauche

     

    Side le site antique

    En remontant la voie principale, on voit dans les dalles les traces laissées par les roues des chars romains. Perpendiculairement à la voie principale, des ruelles étroites desservent les différents quartiers de la ville ; nous nous y promenons à notre guise, chose difficile en période estivale lors du rush des vacances.  En approchant des ruines d’un hôpital byzantin, nous rencontrons un homme étendu, bras en croix en train de faire la sieste dans la verdure. Il faut dire que la tâche est immense pour éviter la disparition d’un tel site.

    La  Turquie ne s’intéresse que depuis peu à la mise en valeur de ses richesses archéologiques qui sont immenses même si Atatürk, déjà, en 1920, en avait souhaité son développement. L’argent manque et seul le tourisme et sa manne sauvera peut être cette cité vieille de 2700 ans.

    Nous arrivons au théâtre très bien conservé avec ses 20 000 places surplombant l’orchestre où avaient lieu les combats de gladiateurs, un mur protégeait le public des animaux utilisés dans les combats. Un couloir circulaire avec des ouvertures porchères dessert les volées d’escaliers menant aux niv eaux des différentes rangées. Beaucoup de stades de football dans le monde sont construits  dans cet esprit. Le travail de la pierre, les fresques, les sculptures sont d’une qualité et d’une précision qui laissen t rêveur même si le temps a passé et usé une grande partie des ouvrages.

     Le théatre de Side

    En arrivant sur le port de Side, nous pouvons admirer ce qu’il reste des temples d’Apollon et d’Athéna dont quelques colonnes ont été relevées. En descendant vers la ville nouvelle, nous pouvons admirer les thermes aujourd’hui aménagés en musée.

    De part et d’autre en remontant vers la ville, les commerces et le bazard turc font des ravages. Devant chaque échope, magasin, restaurant, café, nous sommes interpelés, agrippés, apostrophés en turc, anglais, allemand, jamais en français pour acheter, manger, boire. Impossible de regarder une vitrine, vous êtes aussitôt assaillis ; c’est déplaisant, saoulant, énervant, nous hâtons le pas pour retrouver le chemin qui nous mène à notre camping.

    15 novembre 2009

    Nous avons eu du mal à nous endormir car le camping est coincé entre deux discothèques qui, jusqu’à 3 heures du matin, nous distillent des mélopées orientales dont les orchestrations ont été revisitées, progrès technologique oblige afin d’y introduire un peu de modernité et beaucoup de décibels.

    A notre réveil ,une grande activité règne autour du camping-car ; en effet, nous sommes sous les oliviers et c’est le gaulage des fruits. Toute la famille du gérant est présente soit une dizaine de personnes ; elles ont étendu au sol de grandes bâches en plastique et les hommes, armés de bâtons, tapent dans les branches avec ardeur. Ca tombe « comme à Gravelotte » qui, pour la petite histoire, est un petit village de Lorraine non loin de Metz,   où lors d’une bataille en 1872, on a dénombré plus de morts en une seule journée, toutes guerres confondues, d’où l’expression « tomber comme à Gravelotte ». Je ne sais pas si les morts d’Hiroshima ont été intégrés dans le décompte.

     Les trieuses d'olives à Side

    Les femmes en sarouel, voile sur la tête et langue bien pendue, séparent les olives des feuilles et remplissent des sacs qui iront au pressoir afin de produire l’huile d’olive pour la consommation annuelle de la tribu. Hatice (prononcez Hatitcha) est une jolie  gamine de 12 ans qui est intriguée par la caméra que manipule Jo afin d’immortaliser la scène de la cueillette des olives en basse Pamphylie.

    Nous l’invitons à bord de Totor, ainsi peut elle voir son Baba et sa Mama sur l’écran de notre PC portable. Elle est aux anges et il faut faire partager ce bonheur aux femmes qui primpent à leur tour pour s’admirer en plein travail. Elles rient de bon cœur, toutes dents dehors (sauf les absentes bien sur !) et il faut recommencer la scène du tri avec une actrice en plus, Jo et cette fois c’est Hatice qui sera camérawoman.

    Le travail va bon train, les coups de bâton et les éclats de voix résonnent dans le camping jusqu’au soir. Une voix féminine m’interpelle, c’est une des trois femmes dont j’aperçois le sarouel jaune dans les branches et qui, perchée tout en haut de son olivier, assène des grands coups de trique dans les grappes inaccessibles depuis le sol. Je suis interloqué par tant de hardiesse et n’ose imaginer la chute, quoique, le sarouel, dans une telle éventualité, pourrait s’avérer être un excellent parachute.

    Nous finirons la soirée sur Internet et notre blog à la terrasse du camping mise gentiment à notre disposition par le patron.

    16 novembre 2009

    Il faudra nous y faire, la musique turque a son intérêt et jusqu’à 3 heures du matin,  nous aurons tout loisir d’en apprécier la finesse et la profondeur. Cependant si les stridulations de la chanteuse ont leur  charme, les paroles resteront pour nous un mystère. Quand à l’orchestre de la boîte de nuit qui se trouve à l’opposé, là, il n’y a rien à apprécier, nous n’avons qu’à subir.

    Mais la douceur du matin et la caresse du soleil nous font oublier les sérénades ottomanes nocturnes. Après avoir sorti les tapis et fait le ménage dans notre camion, nous reprenons le chemin des ruines de Side afin de mieux apprécier cette cité qui a fini sa vie au 11èmesiècle et qui, petit à petit, s’écroule dans les sables malgré la résistance opiniâtre de ses colonnes de marbre et de ses blocs de granit.

    Nous remarquons qu’un fastidieux travail de recensement des pièces  de ce gigantesque puzzle est en cours et que quelques éléments ont été relevés dont des colonnes et des entablements du temple de Vénus. Nous sommes à la recherche des latrines  à 24 places mentionnées sur notre guide sans plus de précisions ; mais nous ne les trouverons pas, elles feront l’objet d’une autre visite après avoir recueilli  les renseignements manquants.

    En attendant, nous empruntons le chemin qui nous fait sortir des remparts et qui longe l’immense plage qui fait le succès touristique de Side. Il fait chaud et quelques baigneurs en profitent, des familles turques se promènent, une colonie de tourterelles squatte un monceau de ruines recouvert d’arbustes. En fait, la cité s’étendait bien au-delà des remparts mais les restes sont enfouis sous le sable et forment une suite de monticules déjà colonisés par la végtétation ; la nature reprend ses droits.

    Nous revenons sur nos pas jusqu’à la terrasse d’un restaurant au bord de la mer. Nous y dégustons la spécialité nationale, un Sis Kebab pour Jo et un Kebab Ottoman pour moi, le tout arrosé d’une  « EFES » ; ici, elles font 50 cl et nous avons du mal a en venir à bout. Puis nous allons parmi les boutiques et commerces de la rue piétonne qui rejoint le centre ville alors que la nuit s’installe, il est 17 heures ici et 16 heures en France.

    Un petit bonhomme rondouillard, fez sur le crâne et moustache sous le nez, nous accoste avec son plateau de nougats, le sourire aux lèvres et le regard malicieux. Nous gouttons ses nougats, il m’appelle « Brad Pitt » et Jo « Paris Hilton », il n’en faut pas plus pour que nous repartions avec notre morceau de nougat de 500 gr. Nous rentrons à notre camping, il fait nuit et nous sommes fourbus.

    17 novembre 2009

    Comme il se doit, la musique nous a bercés  jusqu’à 3 heures du matin, nous nous sommes levés tard et avons vaqué à nos occupations. Rien de particulier aujourd’hui, c’est jour de relâche. Jo en profite pour faire la lessive, le camping étant équipé d’une « washing machine ».

     Je fais connaissance avec la basse-cour de la maison, j’ai repéré deux coqs, ils sont identiques, blancs, l’un porte la crête à droite, l’autre à gauche. Ce sont là leur seul signe distinctif. J’aime bien le canard  boiteux (de la patte droite) qui, à moitié aphone s’exprime comme il peut au milieu des gloussements de la gente galinacée. Dans une petite cage à même le sol, 6 petites cailles se font oublier car une troupe de chats rôde dans le secteur. Les cocottes nous ont adoptés et nous suivent partout dans la cour, nous devons jouer du balai afin qu’elles n’envahissent pas notre véhicule.

     Le canard boiteux de Side

    Nous sommes allés prendre des renseignements pour la location d’un 4 x 4 car nous envisageons de nous rendre à Aspendos et à Köprülü Kanyon distant de 80 km environ du camping et la route est relativement difficile. Le loueur est à côté du camping, des petits 4 x 4 Suzuki  sont rangés devant l’établissement ; le Monsieur nous annonce 25 € la journée sans limite de kilomètre. Je crois que nous sommes déjà d’accord.

    18 novembre 2009

    Nous avons bien dormi cette nuit, la musique étant relativement discrète, nous n’avons rien entendu donc, tout est bien. Il fait un grand beau temps même s’il y a du vent. Nous nous rendons chez notre loueur ; avec notre permis de conduire, il remplit un bon de location, nous lui donnons 25 € et voilà.

    Il nous explique qu’en cas de problème nous devons l’appeler et il s’occupera de tout. Pas d’état des lieux, pas de caution, voilà tout est simple ici. Nous prenons possession de notre véhicule et c’est parti ! bien sûr, il ne faut pas regarder l’engin de trop prêt, mais il fonctionne bien.

    Un arrêt à la pompe pour faire le plein et nous prenons la direction d’Antalya par la N400 que nous quittons sur la droite à Tasagil. Nous longeons la rivière Köprülü sur les 37 kms du parcours à travers la montagne de pins et de roches. C’est un paysage de carte postale qui se dévoile à nos yeux. Nous zigzagons sur la petite route sinueuse avec de grandes portions de montées à 5 %.

    Les villages que nous traversons n’ont aucun charme, les constructions quasi identiques en béton n’ont qu’un rôle utilitaire de base, habitation à l’étage pour la nuit et petit commerce rural en dessous. Bien entendu, seules les mosquées  ont du style. Les chèvres occupent souvent la chaussée que nous partageons bien volontiers avec elles.

    Nous longeons la rivière d’un vert émeraude qui cascade sur les rochers, le courant est rapide par endroit et elle est le domaine du rafting. Tout le long de son cours, des cagnas de planches, des cafés, des restaurants proposent à la location de gros canots de caoutchouc. D’Antalya à Alanya, chaque professionnel du tourisme propose à ses clients des journées canyonning à Köprülü Kanyon. Mais aujourd’hui, il n’y a pas grand monde sur la rivière.

     Köprülü Kanyon

    Nous nous arrêtons sur une petite place à Beskonak pour y admirer une belle cascade, mais nous ne sommes pas encore arrêtés que des jeunes gens courent derrière nous pour nous proposer un canot,  je suppose. Nous faisons demi-tour et reprenons la route au grand dam de nos poursuivants.

    Arrivés à destination, la route se retrécie et nous franchissons un petit pont de pierres afin de stationner notre 4 x 4 sur une petite place. Il y a quelques touristes et des vendeuses turques en sarouel et foulard sur la tête qui les interpellent en anglais et allemand pour leur vendre leur verroterie.

    Nous descendons à pied jusqu’au pont pour y admirer la rivière, c’est le Verdon en un peu plus petit, c’est beau. Au loin, une cascade blanche plonge dans la rivière avec un bruit de cataracte ; je m’y rends en crapahutant dans les rochers. Au bout d’un quart d’heure de sport, je surplombe la chute d’eau qui en fait jaillit de la montagne après avoir frayé son chemin dans les entrailles de la terre.

    Au loin, là-bas, j’aperçois Jo sur le pont, je la rejoins et nous reprenons la route pour le petit village de Selge, distant de 17 kms de Köprülü Kanyon. Nous grimpons dans la montagne où les rochers semblent construits de galettes de roches empilées ; nous progressons parmi les pins et les lauriers roses ; au printemps le spectacle doit être magique.

    Au fond, dans la vallée, serpente la petite rivière que l’on voit brillante sous le soleil. Nous sommes au bout du monde, la route s’arrête sur une barrière de bois à   Selge. Des femmes et des enfants nous ont vu et nous attendent de pied ferme. Nous demandons qu’ils ouvrent la barrière car la route continue, du moins c’est ce que nous croyons, jusqu’au théâtre romain que l’on aperçoit là-haut.

    Une dame en sarouel et foulard sur la tête, besace au côté, nous conseille de nous garer ici car nous serions assaillis par ses consoeurs et leurs enfants et aurions du mal à nous en sortir seuls. Aussi, elle nous propose ses services pour nous guider par un chemin de montagne jusqu’au site antique. Elle a l’air sympa et je me laisse embobiner, Jo renâcle mais nous voici dans les pas de Fatma

     

    Fatma

    Celle-ci est mince comme une liane et agile comme une chèvre, grimpe sur les rochers d’un pas souple tout en nous racontant la vie de son village que nous traversons par les jardins en terrasse. Ici le temps s’est arrêté il y a cent ans au moins. Les villageois en tenue traditionnelle sont aux travaux des champs et grattent une terre caillouteuse avec des outils d’un autre âge. Un laboureur, sa mule et sa charrue monosoc retourne la caillasse. Les maisons en pierres sont basses ; on devine d’où provient la matière première.

    Au bord du chemin, deux gros cailloux nous montrent la direction du Market et de l’Otopark par des flèches peintes en rouge. Fatma nous indique que dans son village il y a trois markets, une école et une mosquée. Pas de médecin, il faut aller à Beskonak (27 kms) quand c’est la bronchite en hiver ; ici, la neige atteint un mètre de hauteur ; pour les maladies plus graves, il faut aller à Manavgat (37 kms) ou Antalya (95 kms).

    Quand nous arrivons au théâtre romain, une femme vient nous proposer son petit commerce, vite rabrouée par Fatma, celle-ci abandonne la partie. D’ici la vue est imprenable sur les monts du Taurus et la vallée. Dans ce théâtre, pouvaient s’installer 10 000 spectateurs et on devine la grande place de l’Agora sur la gauche ; la végétation a presque gagné la partie et les restes de l’antique cité romaine sont quasiment invisibles.

    Nous revenons sur nos pas en écoutant Fatma nous conter la vie difficile des habitants qui ne peuvent compter que sur les touristes pour manger ; ici il n’y a aucun travail. Fatma nous invite dans sa maison et, nous devons l’avouer,  ce fut le meilleur moment de la journée et une grande émotion que de partager le thé et les noix qu’elle brise à même le sol car il n’y a quasiment aucun meuble à part le petit canapé que nous occupons Jo et moi, un fourneau à bois avec son tuyau qui traverse le mur et un meuble sur lequel trône la télévision, seul  luxe apparent.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Chez Fatma à Selge

     

    No badroom, no wasching machine, seulement deux pièces pour elle, son mari et leurs trois enfants, ce n’est pas la misère, mais …. Au revoir, Fatma, qu’Allah veille sur toi, ta famille et ton village de Selge !

    Nous n’aurons pas le temps de visiter le théâtre antique d’Aspendos, il fera l’objet d’un futur déplacement. Jo s’éclate au volant du 4 x 4 Suzuki « Samouraï ». Le samouraï en question doit avoir des problèmes intestinaux, car il refoule ses gaz dans l’habitacle.

     Jo et son Samouraï à Selge

    21 novembre 2009

    Nous avons laissé derrière nous le petit camping de Side, ses oliviers et ses boîtes de nuit pour un parking au pied du théâtre d’Aspendos, une quarantaine de kilomètres plus loin. Après avoir quitté la N 400, sur notre droite un flèchage → Aspendos nous dirige vers un pont romain qui enjambe la rivière Kopü Kayi qui prend sa source dans le mont Dipoyraz (2980 mètres) de la chaîne du Taurus. Elle dévalle le Dedegöl Deglan en passant dans les gorges de Koprülü Kanyon que nous avons visitées avant-hier. Elle va se jeter dans la mer Méditerranée à Perahende entre Managvat et Antalya. Ce pont de pierres n’a d’autre intérêt que le point de vue qu’il offre sur la rivière aux touristes déposés par les bus des tours-opérator. Ces touristes devront, à l’aller comme au retour, passer devant les étals des commerces locaux.

    Nous attendons que la voie se libère pour quitter le site et sommes abordés par deux français, un vosgien de la Bresse et un franc-comtois de Montbéliard qui travaille chez Peugeot. Ils sont en vacances en hôtel et attendent leur bus pour aller déjeuner ; il est midi.

    Nous quittons les lieux et nous nous dirigeons vers le théâtre d’Aspendos qui est enclos et on nous guide vers le grand parking des bus. Nous règlons au gardien le droit d’entrée et nous stationnons notre autobus à l’ombre d’un pin. Quand nous pénétrons dans le théâtre, nous nous collons à un groupe de touristes français dont le guide, féru d’histoire romaine, nous raconte en détail les particularités de ces lieux.

     Jo et le gladiateur à Aspendos

    Les sites antiques romains ont ceci de particulier avec les souks marocains et les bazars turcs, c’est qu’ils se ressemblent tous. Bien entendu, chacun a sa particularité, comme ici à Aspendos, le théâtre est le plus grand du bassin méditerranéen avec ses 20 000 places, mais surtout, il a été en partie reconstruit et sert actuellement pour des spectacles grace à son acoustique parfaite ; le grand orchestre philarmonique de Lyon y a donné un concert ! Nous sommes sur les derniers gradins, tout en haut et nous entendons parfaitement les gens qui sont sur le podium.

    Le théatre d'Aspendos

     Le reste des ruines d’Aspendos, l’agora, le bouleutérion, la basilique, le nymphéum, le stade, n’ont que quelques éléments encore debout et visibles au milieu des amas de pierres taillées, des colonnes de marbre qui gisent en vrac sur le sol.

    Il est 16 h 00 ; nous sollicitons auprès des autorités locales l’autorisation de stationner sur le grand parking vidé de ses visiteurs. Accord chaleureux de notre interlocuteur et Totor est installé sur ses calles. Nous passons une nuit paisible, gardés par les gendarmes d’un côté et le gardien du site de l’autre.

     

    22 novembre 2009

    Toujours sous un agréable soleil, nous reprenons la route N 400 direction d’Antalya. Notre objectif de la journée est le site antique de Pergé (prononcez Pergué) à environ 70 kilomètres d’Aspendos et 35 kilomètres d’Antalya. C’est une large quatre voies quasiment rectiligne qui se déroule devant nous. Une multitude de petits commerces y sont installés de part et d’autre de la chaussée attendant le client.

    Bus, grands, moyens ou petits, camions puissants, bruyants, puants ou poussifs, voitures de grosse cylindrée rutilantes, bas de gamme, de marques inconnues, poubelles en ruines, scooters, motos, tracteurs agricoles, bref tout ce qui peut rouler sur ce boulevard le fait pied au plancher, tête dans le volant ou dans le guidon à défaut de casque. Le chauffeur turc comme son homologue marocain est un danger public ; il ne respecte  le code de la route qu’une fois rendu à destination, les pieds sous la table, verre de thé dans une main, cigarette dans l’autre ; seulement là, il marque le « DUR » stop en langue locale.

     Stop obligatoire

    Les feux tricolores ici ont la particularité de clignoter avant chaque changement d’état, certains sont même équipés d’une horloge lumineuse qui décompte le temps en seconde avant le changement de couleur, cela ne sert strictement à rien. Les feux en Turquie, c’est la roulette russe, d’ailleurs dans certains carrefours à haut risque, l’équipement tricolore est renforcé d’un panneau « DUR » intimant l’absolue obligation de s’arrêter au feu rouge ; peine perdue. Les taxis jaunes en particulier montrent l’exemple en bons professionnels de la route qu’ils sont en ouvrant la voie à leurs concitoyens. Un seul benêt est planté devant le panneau « DUR », il est français, de la Moselle et se fait copieusement klaxonner pour son manque d’incivilité ! Cela dit, nous n’avons pas vu d’accident depuis que nous sommes en Turquie sauf un accrochage qui avait l’air de se régler à l’amiable, alors, que penser ?

    Lancé à pleine vitesse, le conducteur de la N 400, dès qu’il aperçoit un fourneau fumant alors qu’un petit creux lui tenaille l’estomac, freine à mort, en donnant un coup de volant à droite ; il s’arrête au mieux 100 mètres plus loin au commerce suivant pour y déguster une soupe chaude ou tout autre aliment mijotant dans la marmite. Ces petits commerces ne nécessitent pas d’investissement important, un fourneau à bois équipé de son tuyau d’échappement qui en général crache sa fumée à hauteur d’homme ; c’est bon avant de manger, une grande casserole, un tas de branchages de récupération pour le feu, une chaise en plastique et un parasol pour la cantinière, une table, une ou deux chaises en plastique pour les clients, une caisse retournée pour empiler la vaisselle et la transporter.

     Petit commerce sur la N 400

    Autre commerce de bords de routes, le marchand de fruits. Ici pas d’investissement majeur mis à part la chaise en plastique et le parasol, la cabane faite de branches et de plastique de récupération, ne nécessite que quelques heures de bricolage et est réutilisable autant de fois que levent de la mer voudra bien l’épargner. Les cageots d’oranges, de clémentines, de pastèques y sont présentés sur des cailloux 50 mètres en amont et en aval deux bouts de carton annoncent la présence d’un point de vente en lettres  barb ouillées à la peinture rouge ou blanche en général.

    D’autres marchands de fruits  sont spécialisé dans un seul produit, la banane par exemple ; les régimes sont accrochés aux branches d’un arbre et le vendeur attend le client vautré sur sa chaise en plastique, à l’abri du parasol. Parfois c’est un véhicule qui sert de magasin, toutes portes ouvertes, les cageots sont dressés pour être vus de la route et le commerçant attend assis au volant. Un bon commerçant doit être visible dans le paysage et doit appâter le client. Tous les supports possibles et imaginables existent, mais le plus répandu reste le caillou sur lequel sont  inscrits à la peinture rouge ou blanche le nom du commerce et le numéro de téléphone, dérisoires bouteilles à la mer noyées dans le flot des panneaux, banderoles, affiches, enseignes qui pavoisent le bord des routes

    A Pergué, le parking est dans les ruines, les vendeurs y font commerce à même le sol, leur bimbeloterie exposée sur une bâche, un tapis ou un chiffon. Ils interpellen t les badauds en anglais ou en allemand. Il faut bien entendu slalomer parmi eux afin d’atteindre la caisse pour acquitter le droit d’entrée et passer par les portillons automatiques qui donnent accès au site.

    A Pergué, le théâtre est clos et ne se visite pas, des travaux y semblent en cours. C’est le stadium qui en est la vedette, 230 mètres de long, 30 mètres de large, entouré de gradins en étages, il pouvait recev oir 12 000 spectateurs. La cité est immense et on peut facilement en imaginer la vie à l’époque romaine.

    Les thermes sont particulièrement sophistiqués car réalisés en trois parties, le frigérarium (froid) le tépidarium (tiède) et le caldarium (chaud) toutes pavées de mosaïques et de marbre blanc. En sous-sol, des voûtes en briques rouges et des fours permettaient le chauffage et la gestion de l’eau des thermes.

    La grande voie principale de la cité, bordée de colonnades est traversée par un canal de marbre qui transportait l’eau venant de la monumentale fontaine située à l’extrémité nord. Deux tours en briques rougesont visibles ; elles  gardent l’extrémité sud, c’est la porte héllénistique. Le soleil chauffe les pierres pour le plus grand bonheur de gros  lézards qui ont colonisé les lieux.

    Les romains avaient une grand maîtrise de la gestion de l’eau, de nombreuses canalisations en terre cuite sont visibles ; elles desservaient les lieux publics et les habitations, des vannes de pierre permettaient d’alimenter ou non certains réseaux. Bien entendu les égouts couraient sous les dalles de la voie principale et collectaient les évacuations des habitations par un réseau de caniveaux qui s’y déversaient.

    Nous pourrions passer des heures à admirer ses vestiges vieux de vingt siècles qui témoignent du génie, du savoir-faire, de l’art et de la puissance de travail des romains, mais le temps a passé sur leur civilisation comme il passera sur la nôtre, ainsi va la vie.

    Nous rejoignons Antalya, le camping Bambus Club que nous n’aurions pas trouvé sans l’aide des taxis de la ville ; nous sommes les seuls habitants des lieux.

    23 – 24 – 25 novembre 2009

     

    Le camping « Bambus Club » qui nous héberge fait partie d’un ensemble hôtelier-bar qui, du haut des rochers, surplombe la mer. Il peut recevoir en tout et pour tout une demi douzaine de camping car. On y pénètre par un étroit chemin  en descdente en passant sous le panneau de l’hôtel « The South Shield ». Nous sommes dans le quartie « Lara Plaji » qui longe la mer au sud-est d’Antalya.

    Cette grand ville de près d’un million d’habitants est la plus importante de la côte méditerranéenne turque. Elle est posée au cœur d’une large baie l’Antalya Kärfezi entourée de montagnes vertigineuses dont les rochers tombent à pic dans la mer. C’est une ville moderne, branchée et vivante que les énormes hôtels qui ont envahi la côte ont transformée en station balnéaire très réputée.

    Le soleil y brille 320 jours par an, les anglais, allemands, suédois, russes le savent bien et viennent ici s’y faire bronzer et y dépenser leur argent dans les inombrables magasins, boutiques, hôtels et bars qui se côtoient le long des grands boulevards.

    Fondée il y a deux mille ans, elle s’est développée autur de son port ; aujourd’hui le quartier « Kaleiçi » enfermé dans ses remparts est la partie la plus intéressante de la ville. On y pénètre depuis le « Karaalioglu Parky » où se donne rendez-vous la jeunesse pour y flirter à l’ombre des pins. On en sort par la « porte d’Hadrien », à trois arches de marbre érigée en 130 après J.C. en l’honneur de l’empereur romain qui lui a laissé son nom.

    Déambuler dans les ruelles étroites où bien entendu pullulent les commerces est un vrai bonheur à ce moment de l’année, je doute qu’il en soit ainsi en période estivale. Un beau minaret construit en 1230 dresse ses hauts-parleurs à 38 mètres de hauteur, c’est le « Yvli Minaret ».

     La mosquée de Kaleiçi à Antalya

    On descend sur les quais du port par des escaliers abrupts ; des pêcheurs de tout type tentent leur chance parmi la myriade de poissons qui scintillent dans l’eau transparente.

     Le petit port de Kaleiçi à Antalya

    Les bâteaux à touristes que l’on nomme péjorativement « promène-couillons » occupent une grande partie des quais ; les rabatteurs haranguent les passants pour une promenade en mer. Un chanteur assis sur les escaliers roucoule une mélopée turque en grattant les 12 cordes de son luth, une timbale posée sur une tapis.

    Une halte à la terrasse d’un café face à la mer pour y déguster une « EFES » bien fraîche, on y domine le port et la partie ouest de la baie turquoise ; c’est un enchantement pour la langue (l’Efes) et pour les yeux, ma Jo, les yeux cachés derrière ses lunettes de soleil vogue je ne sais où dans le vent marin.

     La mer à Antalya

    Par le labyrinthe des ruelles pittoresques, nous rejoignons la porte d’Hadrien qui donne sur  « Lara Caddesi », la route côtière. Un petit parc parsemé de bancs nous permet d’y reposer nos jambes, une jeune dame avec son plâteau vient nous proposer un verre de thé que nous dégustons en regardant les gens aller et venir.

     La marchande de thé à Antalya

     

    Une minuscule mosquée face à nous avec son petit minaret et son dôme rutilant sous le soleil accueille quelques fidèles qui pratiquent aux vasques leurs ablutions rituelles avant de pénétrer dans la salle de prières.

    Nous irons plusieurs fois musarder dans ce quartier adorable, en empruntant des itinéraires différents qui nous permettent de nous fondre dans la vie quotidienne turque et de nous en imprégner. En revenant par « Kumuryet Caddesi » nous passons par la place « Kumuryet Meydani » baignée par le soleil où flane une foule bigarée et décontractée. Les nombreux bars et cafés ont squatté en partie la place et l’on vient ici, après la journée de travail pour y boire un thé tout en fumant le narguilé et en jouant au tric-trac, aux dames ou au baggamon, jeux dont sont friands les turcs.

     Les fumeurs de narguilé de la place "Kumuryet Meydany"

    Ali Baba, pittoresque vendeur de glace en tenue traditionnelle attire les clients grace à sa faconde et son bagout ; il joue avec les glaces qu’il fait apparaître et disparaître quand le client tend la main pour s’en saisir. Partout des montagnes d’oranges, de grenades, de pommes que le vendeur presse devant vous pour un verre de vitamines à votre goût. Le drapeau turc rouge avec son croissant de lune et son étoile occupe à peu près tous les espaces ; ici on vénère son pays et son guide emblématique Mustapha Kemal Atatürk dont l’effigie trône dans tous les commerces, la statue dans tous les lieux publics ; bon nombre de rues, boulevards, parcs, stades portent son nom. Ce grand homme de guerre et d’état a conduit son peuple vers la modernité, il est mort à 57 ans, victime de l’alcool.

     

    26 – 27 – 28 novembre 2009

    Nous quittons momentanément Antalya et « Bambus Club » pour la cour d’un hôtel camping à Pamukkale distant de 260 kilomètres environs. Depuis Antalya, prendre la direction de Burdur, puis continuer sur l' E 87, direction Korkuteli, Sagüt, Acipayan, Serinhisar, Denizli et enfin sur la droite Pamukkale ; c’est une route de moyenne montagne en très bon état ; il fait très beau mais arrivés à destination vers 16 h 00, il fait un peu frisquet ; il faut dire que nous sommes à 360 mètres d’altitude, la température est de 17° à comparer aux 28° d’Antalya, c’est un choc thermique. 

    Nous sommes accueillis au campement par le couple de gérants, sympathique, qui nous offre le thé de bienvenue sur la terrasse de l’hôtel d’où nous avons une première vue sur la montagne blanche que l’on croit à s’y méprendre être nos Vosges et ses sapins sous la neige de l’hiver. L’hôtel camping Pamukkale est situé juste aux pieds du site de travertins à 50 mètres du poste de « jendarma » qui en garde l’accès.

    Après une nuit calme et reposante, nous prenons un petit déjeuner copieux à bord de notre camion et le chemin des travertins, sac au dos avec le soleil et le ciel bleu comme compagnons de voyage ; on ne peut rêver mieux. Il faut passer à la caisse et s’acquitter du droit d’entrée (20 YTL – 10 € par personne) ; gravir la pente de 500 mètres environs, se déchausser comme l’explique la pancarte et pieds nus, nous gravissons la montagne étincelante de lumière, époustouflante de beauté bleutée ; l’eau y ruisselle de partout mais bizarrement elle n’est pas glacée et plutôt douce, drôles de sensations.

     Les pieds dans l'eau à Pamukale

    C’est un phénomène géologique particulier qui existe également aux Etas Unis dans le parc de Yellowstone et en Chine. Les sources de Pamukkale prennent naissance dans la faille de l’ouest anatolien et se réchauffent dans les entrailles de la terre pour jaillir entre 33 et 36° chargées d’hydrocarbonate de calcium. L’eau se déverse sur les rochers, en se réchauffant le monoxyde et le dyoxide de carbone s’évaporent et le carbonate de calcium s’y dépose en mince pellicule blanchâtre à raison d’un millimètre par an. Depuis environ 14 000 ans que dure le phénomène, le carbonate de calcium a créé des vasques de ciment blanc du haut jusqu’au pied de la montagne dans lesquelles se déverse l’eau qui en débordant y dépose sur les parois dans un cycle continu sa fine couche de dépôt.

     Les travertins à Pamukale

    C’est merveilleux, sublime, étourdissant, ce paysage de glaciers et d’eau qui ruisselle et dans laquelle se mire le ciel bleu est tout simplement féérique. Nous y passerons deux journées à admirer ce spectacle en pataugeant dans l’eau chaude. Dès que l’on change de point de vue, les couleurs changent, du bleu turquoise au vert émeraude jusqu’au gris brillant en passant par les jaunes, moirés au fur et à mesure que le soleil décline ; je ne m’en remettrai pas.

     Couché de soleil à Pamukale

    Depuis l’avènement du tourisme de masse dans les années 70, le site a connu des dégradations importantes. Les hôtels et commerces de tous poils ont colonisé les lieux et les algues ont envahi les travertins. Devant l’ampleur des dégâts, le gouvernement turc a pris des décisions draconiennes et refoulé les marchands du temples à plusieurs kilomètres de l’ endroit. Il a fait canaliser les sources d’eau et par une gestion intelligente des flux, les algues meurent et les travertins retrouvent leur splendeur. Les chaussures ont également dégradé les bordures des vasques, là où le nouveau carbonate en cours de solidification est le plus friable ; donc, plus de chaussures sur le site, les gardes et leur sifflet sont là pour éjecter les lourdingues avec leurs gros sabots.

    Beaucoup de travertins sur les 3 kilomètres de montagne sont interdits au public permettant ainsi la régénération de ce patrimoine mondial de l’humanité. Les eaux de Pamukkale auraient des vertus thérapeutiques ; elles soignent à peu près tout ; nous les avons testées au « Motel tourisme » parmi les vestiges antiques qui jonchent le fond de la piscine. Outre le fait que l’eau soit à 35° ce qui est fort agréable j’en conviens, je n’ai pas senti d’amélioration sensible de ma santé en quittant les lieux, c’est peut-être dû au fait que je ne suis pas malade ?

     Les pieds dans la grotte

    En tout cas, les romains ont aprécié Pamukkale, son site magnifique et ses eaux miraculeuses. Ils ont investi la ville de Hiérapolis à côté de Pamukkale en 130 avant J.C. Un tremblement de terre en 17 avec J.C. a entraîné de grandes modifications de cette ville devenu par la suite de pur style romain. A son apogée, celle-ci comptait 100 000 habitants et  nous passerons une journée complète à en faire le tour de ses ruines.

     Les latrines à Hyerapolis

    Deux nécropoles comptant environ 1200 sarcophages prouvent l’importance de la ville. Son théâtre est particulièrement bien conservé. A Hiérapolis, serait mort martyrisé l’apôtre Philippe ; venu y prêcher, il y fut crucifié et enterré. Le martyrion est au sommet d’une colline derrière le théâtre ; il fut longtemps un lieu de pélérinage pour la chrétienté.

     Sarcophage à Hyerapolis

    Je dois avouer avoir été ébloui par la beauté de ces lieux et c’est la mort dans l’âme que nous reprenons la route du retour. Au passage nous ferons le détour par le site de Karahayit à 3 kilomètres de Pamukkale où se trouvent également des sources d’eau chaude dont la température est de 48°.

     Source d'eau chaude à Karahayit

    Ces eaux ont créé des vasques de couleurs rougeâtre, verdâtre et jaunâtre car chargées en oxyde de mineraux. Ce site d’environ 500 m a été colonisé par les commerces et n’a pas l’intérêt qu’il pourrait avoir dans son contexte naturel.

     Travertins à Karahayit

    Nous avons, grace à ce détour, pu assister au défilé d’une caravane de 10 chameaux harnachés pour la parade qui devait avoir lieu dans le village. Cet animal de bât sillonnait l’Anatolie pour les échanges commerciaux depuis la nuit des temps.

    Nous avons retrouvé notre camping « Bambus Club » à Antalya et pris un taxi pour retrouver Gilles et Maryse qui sont arrivés cet après-midi à leur « Hôtel club Villa Mare » à Bogazkent distant de 60 kilomètres d’Antalya. Nous avons passé la soirée avec eux. Que du bonheur !

    30 novembre 2009

    Gilles et Maryse sont maintenant avec leur groupe de touristes et profitent au mieux de la Riviera Turque. Ils ne connaissent pas le programme des visites prévues mais d’ores et déjà nous avons pris rendez-vous pour samedi et passerons la journée ensemble. Une visite chez le coiffeur, quelques courses et la journée se passe ainsi à Antalya. Nous avons prévu pour demain la visite des tombes rupestres de Myra qui se trouve à environ 130 kms de notre camping. Nous avons fait le tour des loueurs de voiture et avons trouvé notre affaire.

     

    1erdécembre 2009

    Réveillés assez tôt ce matin, nous prenons à pied la direction du stade d’Antalya, secteur de la ville où sont concentrées les agences de location de véhicules. Mais à mi-chemin, un petit bureau de location est ouvert, le commerçant nous accueille et renseignements pris, nous acceptons sa proposition et celui-ci met à notre disposition une Renault Symbol pour 28 € la nournée sans limite de kilomètres.

    Il fait beau et nous prenons la direction de la célèbre N400 ; par Kamer, Kumluca, Finike et Kale nous longeons la mer dans un formidable paysage de montagnes. Par endroit, mer et montagnes se rejoignent et la route, creusée dans la falaise semble être le trait d’union entre les deux éléments. Le bleu turquoise de la mer et le bleu cobalt du ciel se rejoignent, eux, sur la ligne d’horizon, là-bas.

    A Kale, nous quittons sur notre droite la N400 et une fois sortis de la ville, nous empruntons le chemin qui, par delà les champs de plastique et de verre des serres de tomates, nous mène à Myra. Nous apercevons dans la montagne des murs de pierres sculptés et les trous noirs des tombeaux lyciens. Il faut passer par les commerces et par la caisse pour pénétrer sur le site.

    Après avoir contourné blocs de pierres et colonnes éparpillés au sol, nous sommes devant une première série de tombeaux creusés à même la paroi rocheuse. Nous ne pouvons pas y pénétrer, mais je suis impressionné par la qualité des sculptures qui ornent les façades des édifices. Cette première partie est la «nécropole maritime » car Myra était au 5èmesiècle avant J.C. l’un des plus grands ports de la côte lycienne. De loin, la nécropole a plutôt l’air d’un ensemble d’habitations et on s’attend à chaque instant à y voir surgir quelqu’un, mais de ces maisons, plus personne ne sortira.  

     Tombeaux Lyciens à Myra

    Par des escaliers en bois fabriqués pour les visiteurs, nous accèdons au niveau de « l’ambulacum » du plus petit théâtre romain de Turquie. Il est bien conservé et au dessus du podium, on peut y admirer quelques restes d’une frise avec des masques sculptés, dont on trouve d’autres éléments ça et là au sol sur le site. Y subsistent également des piedestales où étaient les statues des dieux qui maintenant ont rejoint le musée d’Antalya.

     Sculptures du théatre de Myra

    Myra, il faut le savoir, est aussi le lieu de naissance de la légende de Saint Nicolas, devenu avec le temps, Père Noël ; ici, en Turquie, « Noël Baba ». En effet, au 4èmesiècle durant l’ère chrétienne, Myra fut un évêché avec à sa tête Nicolas 1er. Cet homme très pieux fut canonisé car il aurait accompli plusieurs miracles dont un en ressuscitant trois enfants. La ville fut longtemps un lieu de pélérinage.

    Au 8èmesiècle fut inaugurée l’église « Noël Baba Kilesi » au centre de Demre (Myra), les restes du saint inhumés en ces lieux y furent dérobés par les pirates. D’après la légende, Saint Nicolas jetait des sacs d’or dans la cheminée des pauvres gens et celle-ci fut exportée au 17èmesiècle par des immigrants hollandais en Amérique. La légende de « Sinterklass » devint celle de « Santa Clauss », l’actuel Père Noël dont la fête du même nom correspond à la date de la mort du Nicolas 1er, le 6 décembre. Nous avons retrouvé les reliques (un morceau de machoire) au musée d’Antalya.

     Reliques de Saint Nicolas (musée d'Antalya)

    2 – 3 – 4 – 5 décembre 2009

    Les orages se succèdent sur la côte méditerranéenne et des trombes d’eau noient le camping et la ville. Tonnerre, éclairs, vent, s’unissent pour nous rendre la vie le moins confortable possible. Nous ne pouvons qu’attendre dans notre camion que les cieux se calment. Dans l’après midi du jeudi 3 décembre, le groupe de Gilles et Maryse se trouve au musée d’Antalya. Nous prenons un taxi et les rejoignons pour un après midi culturel à l’abri des intempéries. 

    C’est un beau musée dans lequel nous découvrons une belle exposition de la vie locale du paléolitique jusqu’au   XXeme  siècle. Bien entendu, les vedettes de cette exposition sont les statues collectées sur les divers sites romains du pays. D’Apollon à Artémis, en passant par Hadrien, Dyonisos ou Septime Sévère et Vénus, superbement mis en valeur par un éclairage adapté, on ne se lasse pas d’admirer ces chefs-d’œuvre d’avant l’ère chrétienne.

     Artémis (musée d'Antalya)

    Dernières demeures de marbre de hauts personnages de l’époque, des sarcophages superbement ouvragés en retracent la vie. Les trésors de Side et de Pergué, sous forme de dizaines de pièces d’argent retrouvées dans les décombres des villes antiques, y sont également exposés. Poteries, vaisselles, bijoux, matériels agricoles, armes, nous n’avons pas assez de temps pour tout voir ; déjà il faut se diriger vers la sortie.

     Sarcophage (musée d'Antalya)

    Après avoir embrassé Gilles et Maryse, nous reprenons la direction du camping. C’est une nuit quasiment sans sommeil que nous passons tant les trombes d’eau sont importantes. Jamais encore notre camion n’a été soumis à tel régime. Au matin, nous décidons de retourner à Side, retrouver « Istanbul Camping », ses poules et sa machine à laver. Nous ne serons pas plus éloignés de Gilles et Maryse et cela nous rapproche un peu de la Syrie car pour y aller nous devrons refaire à l’envers tout le chemin parcourru durant les cinq semaines passées dans la région

    Mais à Side, comme à Antalya, les orages se succèdent sans répit. Là encore la nuit est terrible, malgré sa robustesse, Totor est baloté par les rafales de vent, on entend le tonnerre qui roule.

    5 décembre 2009

    Aujourd’hui samedi, nous avons rendez-vous avec Gilles et Maryse. Vu le temps, l’excursion prévue en bâteau sur la mer est annulée et leurs compagnons de voyage restent à l’hôtel. Nous avons loué une voiture et effectué les 60 kms qui nous séparent de l’hôtel Club « Villa Mare » à Bogazkent. Tout est inondé, l’eau déborde des fossés dans les champs, sur la route les plaques d’égouts sont soulevées et refoulent l’eau à gros bouillons. Le ciel est bas, les nuages noirs se bousculent dans le ciel zébré d’éclairs.

    Quand nous arrivons à l’hôtel, c’est une mare immense qui entoure les constructions. Nous sommes heureux de retrouver nos touristes d’Andelnans, nous avions prévu une visite de la vieille ville d’Antalya mais par un temps pareil, nous annulons également cette excursion. Tant qu’à être trempés, autant que ce soit à l’abri ; aussi décidons-nous d’aller passer un peu de bon temps dans un hammam que nous avions repéré Jo et moi lors de nos périgrinations dans le quartier de Kaleiçi.

    Avec un peu de difficultés, nous rejoignons le centre ville d’Antalya et il nous faut un peu de temps pour trouver un parking. Nous découvrons enfin notre bonheur dans un parc souterrain accessible seulement par de petites venelles très étroites. Nous devons abandonner le volant à des spécialistes turcs qui, après moultes manœuvres, reviennent clés en main et sourire aux lèvres des entrailles de la terre où il ont garé notre véhicule.

    Après avoir acheté des parapluies dans un bazar, nous nous dirigeons vers le hammam deux fois centenaires. Accueillis par le tenancier, nous consultons la carte des prestations comme au restaurant. Nous optons pour la totale sans le massage aux huiles. Nous sommes dirigés vers des vestiaires, les filles avec les filles et Gillou avec  moi.

    Drapés dans des serviettes multicolores, nous sommes dirigés dans un couloir exigu qui débouche dans la salle des eaux ; au centre de celle-ci trône une table en marbre sur laquelle nous sommes priés de nous allonger. La pierre est chaude et nous y passerons une vingtaine de minutes à transpirer. De temps à autre, un turc en short, bedonnant, la moustache humide, nous balance des gamelles d’eau sur le corps.

    Quelques personnes de tous sexes déambulent dans les lieux où des fontaines d’eau froide et chaude sont à disposition des clients pour le rinçage après sudation. Nous sommes invités Gilles et moi à suivre notre turc bedonnant dans la petite salle de massage attenante. Allongés chacun sur un marbre, nous sommes pris en mains par nos malaxeurs qui nous aspergent d’eau régulièrement et commencent un étrillage énergique au gant de crin. Après dix minutes d’un tel traitement, j’ai l’impression d’avoir été lustré à la toile émeri. Quelques gamelles d’eau plus tard, nous disparaissons sous une épaisse couche de mousse savonneuse. Rincés abondamment à coups de gamelles, nous  passons au plat de résistance, le massage à la turque. Les claques pleuvent, les articulations couinent, la viande roule sous la pression savamment dosée des doigts puissants de nos masseurs ; nous soufflons de douleur et de bien être.

    Un fois traités recto-verso, je lis la satisfaction du devoir accompli dans les yeux du bedonnant et la béatitude bienfaitrice dans ceux de Gillou. Nous regagnons la salle chaude pour une dernière séance de sudation, mollement répandus sur nos couches de marbre. Les filles nous rejoignent et sont absolument ravies des instants visiblement trop courts passés entre les mains des taras-boulbas en short. Nous rejoignons la réception soigneusement drapés et enturbannés de serviettes sèches. Une petite collation à base de fruits et de thé nous est servie. Puis nous regagnons les vestiaires et les rues étroites de Kaleiçi.

     Au hammam à Antalya

    Interpelés par un restaurateur en chasse, nous passons un bon moment autour d’un feu de charbon de bois à déguster siss-kebab, brochettes, salades, sauce yaourth, le tout arrosé de Raky en apéritif et d’une bouteille de vin rouge dont j’ai oublié la marque.Le patron sympa nous parlera  longuement de la vie et de la politique en anglais et turc savamment dosés. Gilles et moi avons tout compris. Chaleureusement remerciés, la main sur le cœur, notre hôte et maintenant frère nous raccompagne jusqu’à la sortie ; le raki a des vertus insoupçonnées pour le rapprochement des hommes et la paix des races.

    Convaincu du bienfait de cette boisson divine, Gillou fera une halte au market du coin pour en acquerir quelques bouteilles en prévision des fêtes de Noël à venir. Nous déposons Gilles et Maryse à leur hôtel, un peu tristes de nous quitter ainsi, chacun reprenant sa route, eux vers la France et nous vers la Syrie. Nous avons vécu une belle journée ensemble, une de plus qui ne sera plus à prendre.

     Le restaurant à Kaleiçy Antalya

    6 – 7 décembre 2009

    Nous restons deux jours supplémentaires à Side pour  y sécher notre car et nos vêtements et pour effectuer quelques courses. Avec les trombes d’eau qui se sont abattues sur notre camion, nous avons eu la désagréable surprise de découvrir deux entrées d’eau, une au niveau d’une baie latérale et une au niveau du tableau de bord. Heureusement, le temps s’est remis au beau et les fuites repérées ont pu être étanchées.

    8 – 9 – 10 décembre 2009

    Nous avons repris la route N400 qui longe la mer par un temps agréable. Nous reconnaissons les paysages magnifiques qui nous avions découverts lors du voyage aller. A Anamur, nous passons la nuit du 8 dans le camping « le Dragon » juste sur la plage, sous les pins. Deux dames gèrent l’établissement qui doit être très agréable en été.

    A Adana, le lendemain, nous n’avons pas trouvé le camping que nous cherchions et avons passé la nuit sur un parking à camions assez bruyant et nous n’avons pas bien dormi. 

    Par Ceyan, Erzin, Yabacik, Iskenderum, Antakya et Reyanli nous arrivons à la frontière turco-syrienne jeudi 10 décembre vers midi.

    RETOUR EN TURQUIE

    28 janvier ….22 mars 2010 

     Le camping de Tasucu

    Cela fait maintenant un mois et demi que nous sommes à Tasucu sur le camping Akçakil. Nous passons de vraies vacances au bord de la mer ; je n’avais jamais de ma vie pensé être capable de rester ainsi, à ne rien faire ou presque. Profiter du temps qui passe, du soleil quand il est  présent et ici, je dois dire, que c’est plutôt le cas ; faire de longues marches dans la montagne  toute proche, de l’escalade dans les rochers, lire, dessiner pour moi, tricoter pour Jo.

     

     
     Le printemps a Tasucu

    Le paysage est magnifique, le printemps s’est installé gentiment, les jours ont rallongé sérieusement ; il faisait nuit à 16 h 30 quand nous sommes arrivés début février et maintenant, à 18 h 30, le jour résiste encore.

     Nenesse le clairon de Tasucu

    Nous sommes seuls la plupart du temps même si pour deux ou trois jours un camping – car, le plus souvent allemand, vient nous tenir compagnie. J’ai sympathisé avec la basse-cour du camping et noué des relations amicales avec « Nénesse », le coq multicolore qui règne majestueusement sur sa cour constituée de 4 poulettes noires.  Il faut dire que je le tiens par le bec, celui-ci appréciant particulièrement les morceaux de pain que je distribue chaque jour et qu’il dispute à ses ouailles, aux moineaux effrontés et aux tourterelles peureuses qui habitent les oliviers environnants.

     

     
    Les mimosas

    Les mimosas , les genêts sont en fleurs, la nature a sorti ses couleurs de printemps qu’elle dispense généreusement dans la montagne et dans le camping de Tasucu. Il n’en a pas toujours été ainsi depuis que nous sommes installés face à la mer verte, translucide et calme qui dépose dans un clapoti reposant des galets blancs sur la plage devant notre camion.  Par deux fois, bien que le vent fut quasiment nul, de gros rouleaux semblant venir du tréfond de la Méditerrannée, ont déménagé les tonnes de galets qui recouvraient habituellement la plage laissant apparaître le sable 1.50 m plus bas.

    Etrange phénomène que cette confiscation des cailloux par la mer d’autant que celle-ci s’accompagne d’un bruit assourdissant  du brassage des galets par les grosses vagues. Au matin, comme si de rien n’était, tout est rentré dans l’ordre, les flots se sont assagi, les galets recouvrent la plage ; je pense avoir rêvé.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Cependant,  la seconde fois, les vagues sont largement passées par-dessus le muret du camping dont elles ont détruit une bonne partie, nous obligeant à reculer sensiblement notre camion, elles ont déposée une couche de galets au sol au grand dam du personnel du site.

    Je dois aussi en parler, du personnel qui jouit également de vacances agréables en l’absence du couple patronal, lui-même en vacances à Istanbul.  C’est la morte saison pour le camping ; le relâchement est très palpable, les installations ne sont pas entretenues. Le frère du patron joue le rôle de son frère, le cuisinier Efdal, plutôt maigrichon pour la profession et Doa, le jeune serveur passent leur temps serrés autour du poêle à bois au centre de la salle à manger.

     

     
    Au restau du camping Akçakil

    Bouche bée, complètement captivés par le feuilleton nunuche diffusé chaque jour à la TV, ils attendent d’hypothétiques clients. Jo et moi allons régulièrement déguster poulet et poisson frits préparés par Efdal ; la carte n’est pas très variée mais les plats sont de bonne qualité.

     Nous allons souvent à Tasucu par une petite route côtière désaffectée très agréable ; nous faisons nos courses au marché du dimanche qui ressemble plus aux marchés de France qu’aux souks du Maroc. Les fruits et légumes y sont superbes, nous en faisons grande consommation.

     

     
    Tasucu la ville

    La petite ville de Tasucu n’a pas de cachet particulier mais son petit port et les commerces qui le bordent, attirent la population locale et la vie y palpite agréablement.

     

     
    Bonjour les Chazel

    Nous avons eu la joie de faire la connaissance de Patricia et André Chazel qui en terminent avec leur tour du monde. Célèbres dans le monde du camping-car, ils ont depuis quatre années fait rêver bon nombre d’amateurs de voyages au long cours dont nous, au travers de leur site Internet www.chazel.com.

     

     
    Jo et Patricia

    Nous avons passé une dizaine de jours ensemble à Akçakil camping et échangé beaucoup autour du voyage mais pas que ; leur compagnie fut un vrai bonheur, le dynamisme et la gaité de Patricia ont un peu compensé quelques absences d’André dues à une laryngite tenace.  Ils ont repris la route de France, de leur maison de Saint Rom de Dolan où ils vont pouvoir prendre un peu de recul par rapport au voyage et mettre à profit cette période de sédentarisation pour écrire leur aventure.

    Au début du mois de mars, Yilmaz et Suzy, les propriétaires ont réintégré les lieux ; Suzy, à peine descendue de voiture, en tenue de ville, est allée lancer ses lignes de pêche à la mer ; c’est une fanatique, elle passe des heures assise sur son tabouret à pêcher je ne sais quel poisson car je ne l’ai jamais vue en sortir un seul.

    Yilmaz, lui, est fanatique supporter de l’équipe de foot Galatasaray d’Istanbul. Depuis qu’ils sont rentrés, la vie a drastiquement changé du côté du personnel ; une intense activité règne sur le campement dès huit heures du matin. Yilmaz donne de la gueule et ne lâche pas ses troupes ; petit à petit  le camping change d’aspect d’autant qu’une colonne de 17 camping-cars allemands est attendue.

    Bref ! la vie est belle ! encore quelques jours et nous reprendrons la route vers la Cappadoce puis Istanbul et nous retrouverons les routes de l’Europe et de la France.

     

    22 mars 2010

     

    Nous avons dit « adieu » à Akçakil camping, à Yilmaz et à son équipe. J’ai un peu de mal à laisser derrière moi ce petit coin de Turquie où je me sens si bien, mais le temps est magnifique et il faut bien se résigner ; la Turquie est immense et il y a tant de choses à voir.

    A Silifke, nous quittons la célèbre N400 pour monter vers le nord. Notre ambition, atteindre « Sultanhani » et son camping « Kervan Pansyion » qui était fermé lors de notre premier séjour en octobre 2009. Nous longeons la rivière « Gökcu Nehri » qui descend du « Taurus » pour aller se jeter dans la Méditerranée vers Silifke. Quels beaux paysages que ces contreforts du Taurus composés de moyennes montagnes découpées et arides, parsemées de forêts de pins.

     Görku Nehri

    La rivière serpente, tumultueuse dans un immense jardin d’arbres fruitiers en fleurs.  Les eaux vertes roulent sur les rochers où les vagues s’éclatent en flocons blancs avant de reprendre leur course vers la mer.  Après 90 km, nous atteignons « Mut » qui compte 43 000 habitants comme l’indique le panneau à l’entrée de la ville.

    Sevcihan et Michel

    Nous sommes à l’arrêt au feu rouge quand nous sommes interpelés par un automobiliste. « Bonjour, je suis français, j’habite ici, je suis heureux de vous rencontrer et si vous avez 5 minutes à perdre, je vous invite à prendre le thé ! » C’est ainsi que nous faisons connaissance de Michel, de sa famille et de ses amis ; car les nouvelles vont vite par ici et nous sommes invités à boire, manger et dormir à plusieurs endroits différents, mais en même temps.

    Pas facile à gérer cette affaire mais l’accueil est extraordinaire de gentillesse, de spontanéité et de simplicité ! Michel, en fait, est né à Mut, il a 47 ans ; il a quitté la région à l’âge de 6 ans pour rejoindre la France avec Papa et Maman. Il possède la double nationalité, aime la France par-dessus tout ; il y vit, y travaille et revient au pays régulièrement où il possède sa maison et de très grands vergers dont il a confié l’exloitation à un ami.

     Sa jolie épouse Sevcihan exploite au  rez-de-chaussée de la maison son salon de coiffure ; elle prend Jo en main et ne la libèrera qu’une fois relookée (coiffure, teinture, maquillage) pour la plus grande joie de ma compagne.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Fête de l'école à Mut 

     Le frère de Sevcihan est professeur au lycée technique de la ville ; il vient en moto nous inviter  à la fête du printemps qui s’y déroule actuellement. C’est ainsi que nous nous retrouvons aux premières loges d’un spectacle folklorique, accueillis par le directeur et les professeurs de l’école. Un gros beignet et un verre de Ayran, breuvage à base de yaourth, nous sont gentiment offerts.

     

     Fête à l'école de MUT

     Rapidement, nous sommes embarqués sur la piste pour danser sur les accords de musique d’un orchestre traditionnel turc. Expérience extraordinaire que nous vivons ici, nous sommes débordés par tant de solicitude et de gentillesse ; les gens viennent nous saluer, nous souhaiter la bienvenue.

    Une jeune et jolie fille vient embrasser ma Jo car celle-ci lui rappelle sa grand-mère, les larmes sont au bord des yeux. Ibrahim, vieux monsieur à l’allure noble s’approche pour nous parler de sa vie de professeur de français et de sa famille. Aujourd’hui à la retraite, il coule des jours heureux à Mut.

     

    Le verger de Michel 

     

    Michel nous convie à visiter ses vergers au cœur de la montagne ; c’est un  paradis de silence où les abricotiers, manguiers, grenadiers, figuiers, en pleine floraison, distillent un parfum de printemps sous un ciel azur embrasé de soleil. Nous prenons le thé sur la terrasse de la maison, quel moment de bonheur !

     
     
     
     
     
     

     

     Priorité à la tortue

    Sur la route de montagne qui descend vers la ville, nous cédons le passage à une grosse tortue ; une halte plus loin, un café turc nous est servi par des parents de Michel ; beaucoup ont travaillé en France, dans le bûcheronnage et leur joie est grande de prononcer quelques mots en français pour nous être agréables.

       La famille de Michel  

      Le soir venu, impossible de s’échapper ; nous partageons la table de Michel et Sevcihan ; le téléphone sonne régulièrement, les parents de Sevcihan souhaitent faire notre connnaissance.

    Le sonnette résonne à la porte d’entrée ; c’est Sandra, une voisine des parents de Sevcihan, rencontrée à la fête ; elle nous avait invités à souper, ne nous voyant pas arriver et pour cause, elle apporte le repas qu’elle a préparé en notre honneur. Elle parle parfaitement français ayant travaillé dans l’hôtellerie à Lyon il y a une vingtaines d’années mais a préféré revenir dans son pays où elle se sent si bien. Nous ne pouvons pas échapper au traditionnel thé qu’elle nous invite à partager dans sa maison. C’est ainsi que se termine cette folle journée !

     Nous rejoignons notre camion pour une courte nuit, café et thé consommés immodérément nous assurent une insomnie totale que les muezzins des deux mosquées de la ville ne parviendront pas à atténuer malgré l’ardeur de leurs vocalises matinales.

    23 mars 2010

     

     

    Sevcihan et sa perruche

    Nous prenons le petit déjeuner en compagnie de Sevcihan et de sa perruche bleue qui agrémente la maison. Pas farouche, celle-ci picore tout ce qui est à sa portée et vient se percher tour à tour sur chacun de nous.

     

     

     

    Parler français fait plaisir à ces papys

    Michel nous fait visiter sa ville où nous rencontrons de vieux messieurs qui nous parlent, les larmes  aux yeux, du bon temps passé en France quand ils y bûcheronnaient en forêt de Sologne ou en Picardie. Quelques uns vivaient en caravane, pour se déplacer  et vivre plus facilement au gré de leurs chantiers ; ils en parlent avec nostalgie. Ainsi, nous avons découvert que toute une communauté turque a vécu en France grâce à sa maîtrise du travail du bois. Recherchés par les entreprises spécialisées, ils ont été recrutés ici, ont quitté leurs montagnes boisées qu’ils ont retrouvées une fois l’heure de la retraite venue.

     Michel a vécu cette époque dans les années 70 en suivant son père, bûcheron qui, aujourd’hui, repose dans le cimetière de la ville sous les pins, là-haut, dans la montagne ; nous apercevons sa tombe depuis la route.

     

     

     

    Les mongolfières à Ortahisar

     Nous continuons la route vers le nord dans des paysages de printemps ; en fait, nous avons bien calculé notre coup en restant au soleil de Tasucu, en attendant les beaux jours en Anatolie centrale. Nous découvrons ce pays dans les meilleures conditions possibles. Nous oublions notre camping de Sultanhani pour rejoindre Kaya camping à Ortahisar près de Göreme. Nous y restons trois nuits, positionnés près du muret qui donne sur les vignobles et le canyon de Pigeon Valley d’où s’envolent, chaque matin, une vingtaine de mongolfières de toutes les couleurs.

     Nous sommes seuls sur le camping très sympa, aux douches extra ,où il ne manque qu’Internet pour être parfait. Aux aurores, ce sont les ventilateurs  et les brûleurs à gaz des mongolfières qui nous réveillent ; lorsque  l’air est le plus froid, c’est le meilleur moment pour le ballon, gonflé d’air chaud, pour s’élever dans le jour naissant, avec sa charge de touristes.  Les bus, affrêtés par les tour-opérators de la région, déposent leurs clients à côté du camping, site d’envol des ballons.

     Chargés à raison de 15 à 20 personnes en fonction de la taille des nacelles, les ballons décollent en douceur et  chacun peut assister au lever du soleil sur les cheminées des fées de Pigeon Valley et de Rose Valley. Sûr, le spectacle doit être magnifique d’autant que les pilotes, très habiles, manoeuvrent leur bulle d’air  afin de descendre au plus bas dans la vallée pour offrir un point de vue optimale à leurs clients.

     

     

     

      Le posé sur la remorque  

    Le vol dure environ une heure pour ceux qui déboursent 120 €, une heure 30 minutes pour ceux qui paient 160 € et ils peuvent s’élever plus haut dans le ciel de la Cappadoce. Puis c'est la ruée des 4 x4 et des remorques qui rejoignent les points d’atterrissage ; nous assistons au posé d’un gros ballon rouge « Honda » directement sur sa remorque. Sous les « vivas » de la vingtaine de japonais embarqués dans la nacelle, l’équipage rejoint, cahin-caha, une zone de pliage à environ 300 mètres plus loin.

     

     

     

    Les cheminées des fées dans Pigeon Valley

    Quant à nous, c’est à pieds que nous découvrons ce paysage magique composé de milliers de rochers oblongs que la nature a « usinés » durant des milliers d’années.  En effet, loin dans la nuit des temps, des volcans ont explosé ici recouvrant les roches de tuf d’une épaisse couche de basalte noir. Avec les années, ce basalte s’est craquelé permettant à l’eau et au vent ce long travail d’érosion qui a donné ces étranges cônes de tuf tendre coiffés de leur casquette de basalte.

     Puis les hommes ont creusé à l’intérieur des cônes, des portes, des fenêtres, des chambres et en ont fait leurs maisons, leurs églises. C’est vers le Xème siècle que les chrétiens sont venus s’installer ici fuyant l’Anatolie envahie par les Seldjoukides arabes. Ils ont vécu dans cet endroit à l’abri des montagnes roses dans les vallées en cultivant la vigne.   
     
      
     

     Maison dans le rocher 

     Aujourd’hui encore, ces parcelles sont travaillées ; c’est un vrai bonheur que de se promener ainsi dans ce sanctuaire où poussent des noyers, des oliviers, des pommiers. De temps à autre, nous découvrons un puit dans la roche alimenté par l’eau de la montagne. La roche change de couleur au fur et à mesure de nos promenades, du jaune ocre au blanc de neige, du rose au rouge, du gris au noir de basalte ; le soleil fait du charme à la nature qui s’est revêtue de ses plus belles fleurs pour la circonstance.

     

              

     

    La maison des Schtroumpfs

    Par endroit, nous nous croyons au pays des « Schtroumpfs » ; les maisons ressemblent à des champignons. Nous grimpons haut dans les rochers pour découvrir une petite église creusée dans le tuf. C’est Emin, un petit commerçant qui a installé son débit de boissons dans une grotte à proximité des lieux qui nous en ouvre la porte.  Il faut grimper une volée de marches puis une échelle de fer pour atteindre l’endroit.  

     

      Fresque dans l'église troglodyte

    Sur les murs, une fresque en couleur de style naïf du Xème siècle représente la Pâque. Assis autour du Christ, les apôtres dont les visages ont été dégradés par les musulmans. Au plafond, une croix byzantine taillée dans la roche ; au sol un baptistère et tout autour, des sièges sculptés pouvant recevoir une cinquantaine de personnes.  Une seule ouverture creusée vers l’extérieur permet à la lumière du jour de pénétrer.

      Beaucoup de ces habitations troglodytiques servent aujourd’hui de chambres de conservation de fruits et légumes du fait de leur fraîcheur naturelle.

     Nous sommes également allés à Göreme, ville nichée au cœur de la vallée rouge. Ses milliers de maisons troglodytes dans la falaise ont été désertées depuis peu afin d’être mises en valeur pour le tourisme. Ainsi un musée en plein air a été réalisé ; il regroupe une trentaine d’églises et de monastères dont la taille varie en fonction du rocher dans lequel ils ont été creusés. Ils datent du Xème et XIème siècle.

     

        27 mars 2010   

     

     

     

        Couloir dans la ville souterraine de Derinkuyu    

    Nous reprenons notre périple vers 11 heures et nous nous dirigeons vers le sud, vers Derinkuyu pour y visiter une ville souterraine. Véritables attractions de la Cappadoce, ces villes souterraines dont plus de 200 ont été recensées, datent de 4000 ans environ. Elles ont été créées par les habitants pour se protéger des envahisseurs.

     

         

     Appartement au centre de la terre    

     Jo est restée au premier niveau ; en compagnie de quelques japonais, je suis allé jusqu’au bout du boyau à – 85 mètres. Je suis oppressé ; il faut attendre les derniers visiteurs pour entamer la longue montée. Je récupère ma compagne au passage et nous retrouvons l’air et la lumière de l’extérieur avec soulagement.

     Nous avons eu Michel au téléphone ; Sevcihan va un peu mieux. Nous souhaitons revoir nos amis et décidons donc de continuer  vers le sud pour revenir à Mut. Le soir venu, nous sommes à Bor et notre pneu avant, victime d’un trou sans doute, rend l’âme. Heureusement, nous sommes devant une station d’essence et avec l’aide de Hocyne, employé de "Ottolastic" juste à côté, nous montons la roue de secours.

     Nous poussons jusqu’à Eregli afin de changer notre pneu mais malgré l’aide de deux vendeurs, nous ne trouvons pas notre bonheur ; ils nous conseillent d’aller à Konya pour nous faire dépanner.  Nous passons la nuit sur le parking d’un restaurant et profitons de la table de celui-ci où nous dégustons d’excellentes côtes d’agneau.

     

     28 mars 2010

     

    Nous retrouvons Michel et Sevcihan avec joie ; nous ne les avions pas avertis de notre retour ; leur surprise est immense. Avec Michel, je résouds mon problème de pneu à Mut et pendant que le mécano s’occupe de Totor, Michel m’accompagne chez un coiffeur de ses amis. Après une coupe de cheveux « flambée à la turque », celui-ci me dispensera une séance de massage  extraordinaire dont je sors absolument détendu.

     Nous passons avec toute la famille une dernière soirée que Michel et Sevcihan souhaitent prolonger encore et encore mais, malgré leur insistance et leur gentillesse, nous souhaitons continuer notre voyage. Nous saluons une dernière fois nos amis qui sont à l’image de leur pays, chauds et accueillants. Nous reviendrons, nous ne les oublierons pas !

     

     29 – 30 – 31 mars 2010

      

     

    Le lac salé de Tüz Gölü

        Le soleil est toujours avec nous dans la montée vers Karaman que Totor commence à connaître ; il trouve les rampes un peu raides mais, à son rythme, il avance jusqu’à Konya.  Sur ces longues lignes droites du plateau anatolien, il se lache et roule à  bonne vitesse. Les grandes plaines cultivées laissent la place à la steppe balayée par le vent. C’est dommage mais le paysage est pollué de milions de sacs en plastique balotés par les rafales.

     Vers le milieu de l’après midi, nous arrivons à Cihanbeyli et par une petite route nous allons jusqu’au bord du lac de Tüz Gölü dans l’espoir de passer la nuit dans une cadre bucolique. Une barrière et un garde en arme nous en interdisent l’accès. Je sollicite l’autorisation de celui-ci pour passer la nuit ici. Après avoir téléphoné, le garde nous demande de déposer notre passeport et ouvre la barrière.

     Nous sommes sur un site d’exploitation de sel car cet immense lac de l’Anatolie Centrale est en fait un lac salé. Nous installons notre camion à l’écart  avec vue imprenable sur l’immensité lacustre  dans le soleil couchant. Comme dans la Mer Morte, les pierres sont enveloppées dans une gangue de cristaux blancs. Sami, un employé du site vient à nous avec son tracteur et nous fait comprendre qu’il va nous faire visiter les lieux qui, dit-il, sont superbes.

     

    Sami notre guide à Tüz Gölü

    Nous l’embarquons à bord de notre camion et nous faisons le tour du propriétaire avec force commentaires enflammés de Sami. Le lac a été divisé en bassins d’où l’eau est pompée de l’un pour être rejetée dans un autre afin de libérer la croûte de sel qui est grattée par une machine. Transbordé, affiné et chargé dans les camions, le sel est transporté dans des usines de purification et de conditionnement.

     
     

     

    Le sel du lac de Tüz Gölü

     En fin de parcours, Sami nous invite dans le local qui tient lieu de bureau, cuisine et dortoir pour partager le thé avec ses collègues de travail. Nous n’avons pas le temps de le déguster car la directrice du centre fait irruption dans  le local et nous invite gentiment à regagner la sortie. Rien n’a été prévu pour accueillir les visiteurs durant la nuit.

        Adieu Sami!     

     

     Nous saluons toute l’équipe désolée de nous abandonner ainsi et nous allons passer la nuit sur un parking d’une station service sur la route d’Ankara.

     

    1er – 2 – 3 – 4 avril 2010

     

     

     Elle est petite Jo!

        

    Après les pleins et le lavage du camion, nous reprenons la route vers Ankara que nous atteignons vers 17 h 00. Pour arriver au « Motel camping Omür », il faut contourner la moitié de la capitale par l’autoroute qui la ceinture. Nous sortons au nord-ouest par la N450 qui devient « Istanbul Yolü ». Nous voyons la ville de haut car elle est entourée de collines qui pointent entre 900 et 1200 m de hauteur, non compris les immenses mâts d’antennes dont elles sont hérissées.

    Partout, partout, partout…, des milliers de blocs de béton, des villes entières sont terminées ou en cours de construction sur ces collines. La Turquie est un immense chantier où l’immobilier est en plein essor. On y sent une véritable volonté politique d’urbanisation. Afin d’éviter que l’exode des populations rurales vers les banlieues des grandes villes ne transforme celles-ci en bidonvilles, le gouvernement privilégie l’efficacité en prenant les devants au détriment d’une certaine qualité architecturale. C’est dommage car la capitale administrative de la Turquie n’est pas mise en valeur ; je ne pense pas que Mustafa Kemal aimerait sa ville aujourd’hui.

    Notre hôtel- camping est au bord du grand boulevard d’Istanbul, juste en face d’une base militaire d’hélicoptères ; le bruit est incessant. L’avantage , c’est que nous n’avons que leboulevard à traverser pour prendre le bus et aller en ville. Ici, les transports en commun et surtout les bus sont hyper-développés. Nous n’attendons jamais plus d’une minute pour qu’un bus, grand ou petit, s’arrête. Le prix est dérisoire ; par deux fois, les chauffeurs n’ont pas voulu que nous payons notre place ; ils nous l’offrent avec le sourire.

     

     

    Anitkabir le mausolé d'Ataturk

    Nous allons, durant une semaine, déambuler dans Ankara. En premier lieu, nous visitons le grand mausolée de Mustafa Kemal « Atatürk », père fondateur de la Turquie moderne. Positionné sur une colline de la ville, l’Anitkabir est le site de toutes les manifestations officielles. Tous les dirigeants du monde, en visite en Turquie, viennent se recueillir devant le cénotaphe et y déposer une gerbe. L’immense place centrale est réservée aux défilés militaires. Un grand musée contigu au mausolée est consacré à la vie du grand homme et ses objets personnels y sont exposés. Des champs de bataille reconstitués mettent en scène les faits d’armes de celui qui deviendra le premier président de la République Turque.

     

     

    La citadelle d'Ankara

    Nous allons également au cœur de la vieille cité perchée tout en haut d’une colline, enfermée dans ses murailles ; c’est « Kalle ». Pas besoin de se poser des questions sur la présence romaine ; ici, dans les murs de la citadelle, des morceaux de colonnes, de frontons, de statues, de dalles ont servi de matière première pour sa construction. Il faut grimper longtemps de grands escaliers pour parvenir au pied de la citadelle. Les petits commerçants locaux y sont nombreux à proposer leur verroterie.

     

     

    Ruelle dans Kalle à Ankara

    Une fois passé une des portes, nous sommes dans un village du moyen âge avec de vieilles maisons en bois de style ottoman dont certaines ont été rénovées. Nous sommes dans « Angora », nom d’origine de la ville très célèbre pour sa laine ; des peaux de moutons blanches et noires sont étalées sur les murs.

     

     

    La laine Angora à Ankara

    Depuis les remparts, nous avons une vue panoramique sur la ville nouvelle et sur les flancs de la colline ; sous les murs, vue imprenable sur les bidonvilles.

     

     

    Ankara vue de la citadelle

    Les hélicoptères tournent au-dessus de la ville quasiment sans interruption. Nous aimons également nous promener dans les quartiers commerciaux où règne une ambiance chaude et colorée :

     

     

    Marché à Ankara

    le marché aux fruits et légumes, celui des tissus et de l’habillement où se cotoient robes de mariage kitch et costumes 4 pièces « Pierre Cardin » à 150 YTL (75 €) ;

     

     

    Le marché au vêtements à Ankara

    le marché de la bijouterie aux ors jaunes et massifs particulièrement prisés par la clientèle féminine turque ; le marché de la télévision, de la wifi et de l’électronique où, dans une échope, Yilmaz, commerçant charmant a, en une demi-heure, réparé notre chargeur de batterie tombé en panne.

    Il avait en stock la pièce nécessaire et a fait l’intervention tout en nous racontant sa vie d’ancien technicien de l’armée turque. Très heureux de nous avoir dépanné, il a fallu insister fortement pour qu’il accepte le paiement de sa prestation. En France, on ne fait plus dépanner son chargeur de batterie, on le jette.

    Bien entendu, les petits restaurants que l’on trouve partout proposent tous la même cuisine à base de salades, de sis kebap, poulet grillé, çorbasi, délicieuses soupes de haricots et de tomates. Nous y sommes accueillis avec tant de gentillesse et de sourires que nous nous sentons honteux lors de l’addition ; le prix est ridicule, l’entrée et le thé sont offerts par la maison et au cours du repas, on vient offrir une assiette de quelques spécialités, juste pour donner l’envie de revenir.


    5 – 6 avril 2010


    Nous voici sur la route du nord, en direction de la Mer Noire « Kara Deniz » pour les Turcs. Nous avons en vue un camping au nord de Kizilcahaman, un peu en retrait dans la montagne de Camlidere Gerçidi, vers les 1840 m d’altitude. Le temps est magnifique, les paysages splendides ; nous avons le temps de les admirer. Totor prend son temps pour grimper. Une fois sur place, nous constatons que le parc où se situe le camping est fermé et les gardes nous conseillent d’aller dormir dans le village voisin. Nous arrivons devant la barrière d’un site protégé et le gardien nous trouve un emplacement juste devant sa loge.

     

    Devant Yalaköy

     

    Une fois les présentations faites, Gengis nous invite à boire le thé mais finalement, c’est à bord du camion que nous dégustons ensemble une bière ; mais bien vite la conversation s’arrête par manque de vocabulaire. Gengis appelle au secours un résident parlant anglais ; c’est un couple sympathique qui nous rejoint. Lui « Murat », elle « Swal » ; bien entendu l’hospitalité turque étant de rigueur, nous sommes invités dans leur maison pour boire le « tchai » traditionnel.

     

     

    Murat à Yalaköy

    Nous faisons connaissance et apprécions particulièrement leur gentillesse et leur culture. Murat était directeur de la TRT, chaîne nationale de la télévision turque ; Swal était contrôleur de l’imigration à l’aéroport international d’Ankara. Retraités, ils ont ici leur maison de vacances où ils passent l’essentiel de leur vie dans un cadre montagnard admirable. Murat nous raccompagne à notre camion où nous passons une nuit bien calme à Aylaköy, à 1300 m d’altitude où la couche de neige a atteint 1 métre de hauteur et où la température est descendue à – 20 °.

     

     

    Sur la route verte qui mène à Eregli

    Nous continuons notre route vers le nord, par Gerede et Devrek : nous atteignons une petite route verte d’après notre carte ; les paysages sont magnifiques mais la route calamiteuse. Nous mettons 2 heures pour faire les 60 kms qui séparent Devrek d’Eregli. Par la route n° 10 nous longeons les chantiers navals d’Eregli où de nombreux tankers sont au radoube pour réparations. Le temps est gris et froid quand nous atteignons Akçakoca dont les deux campings sont fermés et tellement moches que nous décidons de camper « en sauvage » au bord de la Mer Noire.

    Le chemin de terre qui nous y conduit n’inspire pas confiance mais nous nous installons et dinons face aux flots. Très rapidement, le temps change, la pluie se met à tomber et nous replions tout afin de quitter les lieux pour ne pas rester embourbés. Nous nous réfugions devant un hôtel à Kocaali ; il pleut toute la nuit sur le parking d’ « Aqua Ôtel » .


    7 – 8 – 9 – 10 – 11 avril 2010


    Au réveil, le temps est vilain, le ciel, noir comme la mer du même nom, ne nous engage pas à nous éterniser ici. Aussi Jo et moi décidons d’oublier le Mer Noire pour cette année et nous reprenons l’autoroute E80 qui conduit à Istanbul. Il n’y a pas de camping à Istanbul et nous n’avons pas envie d’affronter avec notre camping-car la circulation de cette immense ville de 12 millions d’habitants.

     

     

    Totor et ses potes à Yenibosna

    Nos amis Chazel nous ont communiqué une adresse sur la «Corne d’Or », mais cet autopark, sans commodités, ne nous convient pas pour un séjour d’une semaine. Nous trouvons un autopark dans un quartier près de l’aéroport Atatürk, à « Yenibosna ». C’est un parc à camions en terre battue, nous y installons Totor entre deux collègues à citerne, juste à côté d’une petite mosquée passée inaperçue jusqu’au moment de l’Ezane. A l’heure de la prière, nous tressautons chaque fois tant la puissance de ses quatre haut-parleurs est extrême.

    Les avions qui décollent ou atterrissent d’Atatürk Havalimani passent au-dessus de notre camping-car. Le vent qui balaie la cour lève une poussière blanche qui se dépose partout ; nous sommes à 45 mn, par les transports en commun, de « Eminonü », le quartier attractif d’Istanbul. Voici pour les inconvénients.

     

     

    Umit et son équipe à Yenibosna

    Nous disposons de l’électricité et de l’eau, l’équipe du parc dont Umit, est très serviable et sympathique comme l’est la majorité des Turcs. On trouve tout ce dont on a besoin à Yenibosna. Nous ne sommes dans notre camion que la nuit alors qu’un calme relatif s’est installé sur le quartier. L’emplacement est gratuit ; voilà pour les avantages.

    Chaque jour, nous prenons le bus qui conduit à Aksaray, tête de ligne du tramway d’Istanbul. Celui-ci nous dépose à Eminonü, point de départ de nos visites. Pour les déplacements interquartiers, nous utilisons, outre le tramway, le métro ; tous les transports en commun sont au tarif unique de 1.5 YTL par personne (0.75 €).

     

    Le Bosphore a Istanbul

    Istanbul est la seule ville au monde à cheval sur deux continents ; l’Europe et l’Asie qui sont séparées par le détroit du Bosphore qui relie la Mer Noire à la Mer de Marmara et qu’enjambent deux grands ponts : le « pont du Bosphore » et le pont « Sultant Mehmet le conquérant ». Côté européen, une « virgule » de la Mer de Marmara s’incruste dans les terres ; c’est la Corne d’Or autour de laquelle bât le cœur historique d’Istanbul.

    Byzance puis Constantinople sont toujours dan s l’imaginaire humain le symbole de la puissance et de la richesse. Les quartiers d’Eminonü et de Fathy, au sud de la Corde d’Or, retranchés derrière la grande muraillede Théodose abritent les édifices les plus remarquables d’Istanbul : Topkapi, Gülhane parki, Ayasofia (basilique Sainte Sophie), Sultanhamet (la mosquée bleue), Süleymaniye Camii (la mosquée de Soliman le magnifique) , Kapaliçarsi (le grand bazar), l’aqueduc de Valens, la tour de Beyazit, Yerebatan Sarayi (citerne-basilique), les tombeaux des sultans ottomans et l’essentiel des grands musées.

    Chaque jour, une fois débarqués à Eminonü, notre première démarche : acheter nos « simit » petits pains en couronne, parsemés de grains de sésame que nous dégustons tout en marchant pendant nos visites.

    Notre première journée a été consacrée à la découverte d’Eminonü et à la visite de Sainte Sophie et de la Mosquée Bleue ; ce quartier d’Istanbul est un des plus animés, les touristes du monde entier et les stambouliotes s’y côtoient dans un joyeux bourdonnement, les commerçants, du pas de leur porte, haranguent la foule dans toutes les langues mais sans agressivité ; c’est très agréable.

     

    Ayasophia Istanbul

    Nous traversons plusieurs fois le grand parc Gülhane pour y admirer les magnifiques tulipes qui le fleurissent. C’est ici que les hollandais ont découvert cette fleur qu’ils ont emmenée dans leur pays et en devenir le premier producteur mondial. Comme tous les parcs du monde, on vient y flâner car il règne ici une douce ambiance de calme et de paix que les hérons et les perruches qui s’y disputent les branches des grands arbres, ne peuvent troubler.

     

    Le parc Gulhane Istanbul

    Sainte Sophie, basilique byzantine du VIème siècle commandée par Justinien, devait représenter le siège du pouvoir de Dieu sur la terre. Aucune dépense ne fut épargnée pour sa splendeur car elle devait être le symbole de la puissance byzantine. La plupart des sites antiques d’Asie Mineure furent pillés pour fournir les matériaux de base à l’édifice. Les mosaïques sont admirables ; Sainte Sophie restera plus de 1000 ans sans égale au monde. Quand les Turcs prirent Constantinople vers 1450, ils construisirent la Mosquée Bleue pour détrôner Sainte Sophie.

    La deuxième partie de la journée est consacrée à la visite de la Mosquée Bleue rendue célèbre par ses mosaïques d’Isnik qui ornent ses murs intérieurs. Construite vers 1610 sous Ahmet 1er on y accède depuis Sainte Sophie par la place de la mosquée puis les jardins et les jets d’eau mettent en valeur cette immense composition de coupoles et de minarets. La cour intérieure est plus petite et moins jolie à mes yeux que la mosquée des Omeyyades de Damas mais son immense salle des prières est admirable. Ses murs de marbre et sa gigantesque coupole soutenue par quatre énormes piliers évasés vers le sol en « patte d’éléphant » lui donnent plus d’ampleur. Une douce lumière diffusée par d’innombrables fenêtres éclaire un magnifique tapis de prières rouge et beige.

     

    La mosque Bleue de Sultanhamet Istanbul

    Partout des carreaux de faïence bleue ornées de fleurs où se reflètent les milliers de lumignons suspendus aux lustres gigantesques qui descendent des dômes . A l’heure de l’ezane, c’est la déception : le chant du muezzin n’a rien à voir avec les « chœurs islamiques » de Omeyyades de Damas, cela manque de grandeur.

    Le deuxième jour, nous retraversons Gülhane que les chinois ont investi. Le soleil est présent mais le vent venant de la mer est froid ; nous regrettons la douce chaleur de Tasucu mais on ne peut pas toujours tout avoir. Les dignes représentants de l’Empire Céleste bien en rang, abrités sous leurs châpeaux, casquettes ou ombrelles, suivent, masque sur le nez, bien disciplinés, leur grand timonier du jour, le guide du tour-opérator, stick en main levée pour se faire bien voir.

    Nous nous dirigeons directement vers Topkapi, le palais des sultans ottomans. Que dire de plus de cet endroit qui n’a déjà été dit ? Construit au 15ème siècle, Topkapi était le siège législatif et la résidence des puissants sultans. C’est aujourd’hui un musée que l’on aborde par la deuxième cour après un contrôle de sécurité assez poussé.

     

    La cour du harem Topkapi Istanbul

    Nous passons les beaux jardins d’ornement et laissons les écuries à notre gauche et les cuisines à notre droite pour atteindre la salle du « Divan » où se tenaient les réunions politiques. Le Grand Vizir, 1er ministre du système, était assis sur un divan d’où le nom de la salle et le sultan observait la scène abrité derrière une fenêtre grillagée.

    Depuis cette cour, nous accédons également au harem, palais des dames dans le palais. Il compte environ 300 pièces ; c’était le domaine des concubines, des servantes, des enfants des sultans. Nous admirons le salon du Sultan et la « chambre des fruits » de Murat III où de splendides faïences représentent des fleurs et des fruits aux belles couleurs.

    Par la troisième cour, nous accédons à la salle du trésor où sont exposées les plus extraordinaires collections de bijoux et d’objets précieux de l’empire ottoman. On y découvre notament trois trônes en or massif, le célèbre diamant Pigot de 86 carats, le poignard au manche incrusté de trois énormes émeraudes, objet de la tentative de vol dans le fim « Topkapi ».

    L’or, l’argent, le rubis, le diamant, l’émeraude, le jade, le saphir brillent de mille feux ; la fortune exposée ici est colossale, j’en suis ébloui mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Dans la deuxième salle, sont exposées les vaisselles, armes et décorations d’apparat, il y a ici de quoi payer l’alimentation de la moitié de la planète aujourd’hui affamée et ce, durant plusieurs années.

    Nous accédons également à la salle du Manteau où sont exposées les reliques ramenées d’Egypte par Sélim 1er en 1517 dont l’empreinte du pied du phophète laissée dans le sable au moment de son ascension au ciel ainsi qu’un coffret contenant quelques poils de sa barbe. Il faut environ 6 heures pour visiter correctement ce haut lieu de l’histoire turque ; nous en sortons impressionnés et fourbus.

    Le troisième jour est nuageux et frais ; nous nous rendons à la citerne-basilique, curiosité à ne pas manquer. Il s’agit d’une citerne souterraine construite en 530 par Justinien pour alimenter la ville en eau. Un aqueduc dit de Valens acheminait l’eau de la forêt de Belgrade près de la Mer Noire ; longue de 140 m et large de 70 m, ses coupoles sont supportées par 336 colonnes de marbre dont deux reposent sur des « têtes de Méduse » pillées sur d’autres sites. Un éclairage un peu glauque donne une impression de mystère ; dans l’eau stagnante s’ébattent de belles carpes que l’on aperçoit dans les halos de lumière. Cette citerne alimentait le palais de Topkapi à l’époque ottomane.

     

    La basilique citerne Istanbul

    L’après-midi, nous le passons sur un bâteau pour une petite sortie de deux heures sur le Bosphore. Bien que le soleil soit chaud, l’air frais de la mer est vivifiant au point que les passagers que nous sommes nous rapprochons discrètement de nos voisins pour leur « pomper » un peu de chaleur. Après quelques miles de navigation, c’est une masse compacte et grelottante qui assiste, recroquevillée sur les bancs de bois du navire, au défilé des riches demeures des rives du Bosphore.

     

    Les bateaux du Bosphore Istanbul

    Ainsi du Pont de Galata à la sortie de la Corne d’Or, nous passons sous le Pont du Bosphore en admirant au passage le Palais de Dalmabahaçé, marbre blanc à l’extérieur, feuilles d’or à l’intérieur, habité par Atatürk à une certaine époque et jusqu’à sa mort survenue le 10 novembre 1938.

    Nous voyons défiler un nombre incalculable de mosquées de toutes tailles dont une particulièrement étrange puisque positionnée sur un ilôt au milieu du bras de mer. Puis c’est l’ancien Palais de Ciyagan, aujourd’hui hôtel de luxe, de jolis « Yali », maisons de style ottoman dont certaines ont été restaurées par de riches stambouliotes.

    Nous atteignons le Pont Sultan Mehmet le conquérant bord à bord avec un gros méthanier qui rejoint un port sur la Mer Noire. Après un dernier tour, nous repassons sous le pont qui relie l’Europe à l’Asie et admirons la rive asiatique du Bosphore qui n’est pas aussi riche en palais mais qui compte tout de même de belles maisons et la tour de Léandre sur son petit ilot.

    Transis, nous accostons à l’embarcadère du Bosphore et remontons jusqu’au souterrain qui permet de traverser le grand boulevard Kennedy afin d’atteindre la place Sirkecy pour y prendre un taxi. C’est samedi, il y a une foule incroyable, les taxis se suivent à la queu leu leu. Nous interpelons le premier de la file et lui donnons l’adresse de notre bivouac. Le chauffeur nous explique que, vu le trafic , la course nous coûtera environ 75 YTL (37 €). La veille nous avons fait le voyage inverse pour 40 YTL. Nous refusons . Aussitôt, d’autres chauffeurs de taxis viennent à nous et le marchandage bat son plein ; nous assistons à unebelle engueulade entre chauffeurs !!

    A 45 YTL, tout le monde semble d’accord et on nous dirige vers un véhicule qui n’est pas un taxi jaune mais une voiture particulière. Je demande au chauffeur s’il est bien « taxi » ; pas de problème ! dit-il. Nous sommes donc embarqués et au bout de 45 mn, nous arrivons à destination. J’avais préparé les 45 YTL dont un billet de 20 YTL qui, au cours de l’échange entre le chauffeur et moi, va tomber au sol et se transformer en billet de 5 YTL. Le chauffeur me montre la liasse de billets et me fait comprendre que le compte n’y est pas. Surpris et un peu penaud, je vérifie les billets, puis mes poches, mais pas de trace du billet de 20 YTL. Jo vient à mon secours et fait l’appoint.

    Une fois hors du véhicule et le taxi hors de vue, je comprends que je me suis fait avoir de 15 YTL par un professionnel de l’embrouille qui travaille « au noir » de connivence avec les taxis classiques. Eux, lors des journées de grande affluence, préfèrent multiplier les petites courses plus rémunératrices que les longs parcours qu’ils cèdent à des collègues, amis ou cousins non déclarés, un peu prestidigitateurs et beaucoup arnaqueurs ! Moralité : en Turquie comme ailleurs, il ne faut utiliser que les taxis officiels (jaunes, en principe).

    Enfin, nous consacrons la quatrième journée au grand bazar de renommée mondiale, lieu d’échanges de produits en provenance du monde entier. Les touristes y circulent par milliers, l’argent, par milions. L’or, l’argent et les pierreries brillent de tous leurs feux. Les épices, herbes et onguents embaument ; les cuirs et tapis s’y amoncellent. Cet immense labyrinthe compte plus de 3500 échopes et plus de 20 entrées. Le grand bazar d’Istanbul a plus de 650 ans d’expérience de commerce ; inutile de préciser que les techniques de vente utilisées ici ont longuement été éprouvées et que la meilleure affaire sera toujours réalisée par le commerçant.

    Le spectacle est partout, il faut garder des repères pour ne pas se perdre. Nous revenons le lendemain pour acheter, un peu et dépenser, beaucoup, mais comment venir à Istanbjul sans se laisser prendre au jeu du grand bazar. Ici, c’est la Turquie qu’il ne faut pas manquer lors d’un voyage, même si cela coûte un peu.


    12 avril 2010


    Nous quittons notre parc à camions de Yenibosna après avoir pris congé de Umit et de son équipe sympa. Un petit lavage pour Totor et nous reprenons l’autoroute E80 laissant derrière nous Istanbul, la ville d’Ylmaz de Tasucu dont les yeux brillent quand il prononce son nom.

     

    Le camping de Selimpasa

    Nous ne roulons pas longtemps pour atteindre Poyraz Ciftligi à Selimpasa, petit camping tout de verdure qui possède une machine à laver dont rêvait depuis longtemps ma Jo. A peine descendue du camion, elle investit la laverie ; parfois je me demande si elle n’a pas un peu de sang portugais dans les veines.

    14 avril 2010

     

    On lève le camp vers midi ; Ismet, qui ne connaît pas deux mots d’anglais, nous sert l’addition après l’avoir recomptée trois fois, ponctuée de OK ! et de YES ! Le temps est frais et gris et par la D100 nous nous dirigeons vers Edirne, distante de 160 km où il y a un camping « Fifi Touristik Camping » qui est notre dernière étape en Turquie. Nous reprenons grosso-modo le même itinéraire que pour le voyage aller et nous en profitons pour visiter les villes que nous avions négligées.  

    Nous expérimentons une nouvelle technique pour faire du sport. Jo me dépose sur la route et m’attend 10 kms plus loin, puis à mon tour de l’attendre 10 kms plus loin. En marchant d’un bon pas, l’exercice est efficace et agréable.

    Arrivés à Edirne, il n’y a pas de Fifi touristik camping, mais un autre Omur Camping à l’entrée de la ville ; il fera très bien l’affaire. Mathilde m’a téléphoné pour m’annoncer un petit incident, elle a cabossé sa voiture, elle pense que je vais ne plus l’aimer pour ça ; moi, je pense que c’est la compagnie d’assurances qui ne va plus l’aimer mais ça, on s’en fout !

    15 avril 2010

     

    Départ du camping d’Edirne vers 11 h 00 ; ce camping pourait être pas mal si les installations étaient entretenues. L’eau des douches est froide. Il y a une piscine de 25 m vide à cette époque de l’année pais la résidence de la propriétaire est plutôt pas mal et en cours de finition. Sûr, tout ne peut être fait en même temps. Nous étions trois camping-cars dont un  couple de hollandais en route pour la Jordanie.  

    Nous quittons la Turquie au poste frontière de Svilengrad où tout se passe sans problème.

     

    Conclusion :

     

    La Turquie est un pays magnifique du moins ce que nous en avons visité. Son climat est doux et chaud au bord de la Méditerranée et ses paysages admirables. La vie est deux fois moins chère qu’en France sauf pour le gasoil qui est au même prix. Les Turcs sont gais, serviables naturellement, n’attendent rien en retour de leur gentillesse. Ce sont les rois de la débrouille, il n’y a « jamais de problème » pour eux .

    La  Turquie est un pays jeun e qui bouge beaucoup, le commerce et les services, exemplaires ; l’Europe aurait beaucoup à apprendre  à leur contact. L’Islam y est très présent mais pas « dominateur » comme au Maghreb. Si le gouvernement turc est très demandeur pour son accession à la CEE, pas le peuple, qui est conscient du prix à payer pour le passage à l’euro. Ici l’argent passe d’une poche dans un autre au nez et à la barbe du fisc, le chèque et  lacarte bancaire, très peu usités sauf dans les villes touristiques.

    La circulation est anarchique mais ici, pas de problème d’alcool, donc les accidents n’y sont pas très graves pour ce qu’on en a vu. Le coût des carburants dissuade bon nombre de turcs à utiliser les voitures ce qui contribue également à limiter les accidents de la route. Les transports en commun sont beaucoup plus dév eloppés qu’en France et pas chers.

    La Turquie n’est peut être pas un paradis idyllique mais c’est une grande nation qui n’a rien à envier à bien des pays européens et qui mérite qu’on lui rende visite surtout en camping-car même si c’est loin de la France. Elle vaut le détour et sait recevoir.


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    VOYAGE EN JORDANIE

     

     

    23 décembre 2009

     

    Nous avons repris la route de Bosra en sens inverse afin de rejoindre la quatre voies qui mène au sud et notamment à la frontière syro-jordanienne. Après les contrôles règlementaires en territoire syrien, nous arrivons dans la zone tampon   où une activité particulière règne autour du commerce détaxé de « Duty free ». On y voit beaucoup de taxis syriens reconditionnant les cartouches de cigarettes en petits blocs de cinq paquets qu’ils enroulent de collant adhésif avant de les cacher dans tous les endroits creux de leur véhicule. Le trafic va bon train au vu et au su de tous sauf des douaniers qui font semblant de ne rien voir.

     Nous essayons de retirer de l’argent jordanien à un distributeur automatique qui fonctionne normalement jusqu’à la dernière opération, mais on attend toujours les billets. Le passage à la frontière jordanienne se fait sans problème ; deux douaniers visitent notre camping-car avec le sourire avant de nous autoriser l’entrée de leur pays. La voiture jordanienne qui est devant nous a plus de problèmes, son contenu est répandu sur le trottoir et passé au peigne fin par les gabelous.

     Nous sommes maintenant en Jordanie, il fait très beau et par Irbid, nous nous rendons à Ajlun pour visiter un château fort arabe Qualaat er Rabadh perché sur un piton rocheux. Par une route très raide, nous rejoignons le parking de l’hôtel restaurant Al Jabal où nous sommes fort bien accueillis par Elies, Hissan, Nasser qui feront tout pour nous faciliter le séjour.

     

     Ajlun Jordanie

    24 décembre 2009

     

    Elies, de nationalité tunisienne,  parle très bien français ce qui nous facilite la tâche. Il s’occupe de nos dix kilos de linge que Jo n’aura plus qu’à ranger dans les placards. Il fait remplir nos deux bouteilles de propane à  Je rash car nous étions en panne. Il nous fournit l’eau nécessaire au remplissage de notre réservoir, donne les consignes à notre chauffeur de taxi pour nous guider dans la ville. Il nous a offert des gâteaux et le café. Il est l’homme à tout faire de l’hôtel et même le « décorateur » puisqu’il rénove les peintures et décorations des lieux.

     Hissan est en charge du restaurant, il est venu chaque jour nous offrir gâteaux ou café et s’enquérir de notre bien être ; il adore notre camping car à bord duquel il a souhaité se faire prendre en photo. Il est syrien. Nasser est le réceptionniste, plus en retrait car il ne parle ni anglais ni français mais il a vérifié à chaque instant que nous ne manquions de rien ; il est syrien.

     

    Hissan de l'hôtel Al Jabal

    Nous avons vraiment apprécié le personnel  de l’hôtel Al Jabal pour son efficacité, sa disponibilité et sa gentillesse. Nous les remercions du fond du cœur, ils seront un bon souvenir de notre voyage.

    25 décembre 2009

     

    La forteresse d'Ajlun

    Il faut grimper deux kilomètres à pied pour atteindre la forteresse de Qualaat et Rabadh qui fut construite vers 1184 sur les ordres d’un cousin de Saladin. Obstacle sur la route des croisés francs, elle perdra de son importance après la défaite de ceux-ci vers 1189. A son sommet, nous avons une vue superbe sur la vallée du Jourdain ainsi que sur les monts de l’antique Judée et à l’est, sur les montagnes boisées de pins d’Alep et de chênes.

     

    La forteresse d'Ajlun

    Un petit musée expose les poteries, bijoux, outils, pièces de monnaies trouvés sur le site. Nous trouvons sur le livre d’or de celui-ci la trace du passage de la famille Mayet  en date du 17 décembre 2009.

    French, Mayet family

    Nous prenons un thé à la menthe dans la cour du château servi par un commerçant qui utilise une grosse théière chauffée par du charbon de bois qui se consume dans le fourneau au sommet de celle-ci.

     

    Ajlun le marchand de thé

    Nous sommes retournés à notre camping-car et Elies est venu nous rejoindre avec une assiette de petits gâteaux. Tout en buvant un café, il nous a raconté sa vie de Tunisie où il est né en passa nt par Toulon où il a résidé durant  14 ans ; il était guide sur le site de Petra où il a eu quelques ennuis avec des collègues. Il était marié et avait un fils qui est décédé à 4 ans faute d’avoir pu être soigné dans de bonnes conditions. Il l’a enterré et a abandonné son épouse qu’il accuse de n’avoir pas été assez réactive lors de cet évènement dramatique. Alors, il a un emploi dans l’hôtel restaurant Al Jabal, il y a une chambre,  gagne 130 JD par mois et croit en l’avenir.

    26 décembre 2009

     

    Ajlun, l'hôtel Al Jabal

    Après un dernier café offert par la maison, nous faisons nos adieux à l’hôtel Al Jabal et à son personnel. Elies est venu nous saluer tôt ce matin car aujourd’hui est son jour de repos et il a rendez-vous en ville.

     

    Jerash le nimpheum

    Nous ne faisons qu’un saut de puce de 50 km pour rejoindre Jerash, célèbre dans le monde entier pour son magnifique site antique. La cité historique est enfermée dans une clôture grillagée tandis que la ville neuve s’étend très loin aux alentours. Il faut entrer par le « Tourists Center », payer l’entrée et, par la grande cour face à la police touristique, pénétrer sur le site antique par l’arc d’ Hadrien ; sur la gauche, il y a l’hippodrome très bien conservé avec ses gradins, il sert aux animations comme cette course de chars romains programmée pour l’après midi à 14 heures.  Il a été construit au 2èmesiècle et contenait 14 000 spectateurs, 10 chars au maximum pouvaient y courir.

     

    Jerash les belles colonnes

    Ensuite, une petite église dite de l’Evêque Marianos découverte il y a peu ; on y voit de belles mosaïques au sol.Nous entrons dans la ville proprement dite par la porte sud et on découvre sur notre gauche un pressoir à huile. Une belle voie dallée mène jusqu’à la place ovale ; de part et d’autre de cette voie étaient des commerces dont on voit encore les boutiques. La place ovale, elliptique en fait, se trouve au pied du temple de Zeus ; elle a longtemps été prise pour le forum mais était une esplanade sacrée car un autel sacrificiel était placé en  son centre. Son pavage concentrique donne une belle allure à cette place entourée de colonnes aux beaux chapiteaux.

     

    Jerash la place ovale

    On accède au cardo maximus, boulevard central qui traverse la ville du nord au sud sur 800 mètres environ ; le cardo est également bordé de colonnades et de niches dans lesquelles étaient probablement des statues. Le cardo donnait accès aux monuments les plus importants : Nymphée, temple de Dionysos, d’Artémis et le marché (marcellum). Il coupe une artère transversale, ce carrefour est symbolisé en son centre par un monument à 4 portes, le tetrapyle dont quatre niches face aux quatre allées devaient contenir des statues aujourd’hui disparues.

     

    Jerash le tétrapyle

    Nous remontons ainsi l’immense cardo jusqu’au théâtre nord qui aurait été construit sous Marc Aurèle ; il semble que son utilisation à l’époque était destinée aux réunions du conseil municipal ; il pouvait contenir 1600 personnes et sur les sièges était gravé le nom des tribus qui composaient le conseil.

     

    Jerash le théatre et ses musiciens

    Je n’en dirai pas plus sur cette grande cité sinon qu’elle est à nos yeux peut être la plus belle et la mieux conservé de toutes celles que nous avons visitées, Turquie, Syrie et Jordanie confondues.  Nous avons passé quatre heures à Jérash, nous aurions pu y passer plusieurs jours sans jamais espérer en avoir fait le tour.

    Dans le grand théâtre nord, nous avons assisté à un concert de cornemuse donné par des musiciens en tenue de l’armée du désert de Jordanie. Nous avons passé la nuit sur le parking du « Center Tourists » et  avons partagé notre soirée avec un des gardiens du site Mahmoud avec qui nous avons travaillé notre anglais à partir du « Gépalémo » de Jo. Ce papy sympathique a bloqué sur le condom et la protection féminine périodique ; il n’en connaissait ni l’existence ni l’utilisation. Il a 6 garçons et 4 filles et une maison avec 2 petites chambres pour y loger tout le monde.

     

    27 décembre 2009

     

    Amman rue commerçante

    Départ en fin de matinée pour Amman la capitale jordanienne. Notre guide annonce la couleur ; cette ville ne mérite que peu d’intérêt historiquement pauvre, extrêmement dispersée sur les collines  qui étirent la ville sur 15 km et architecturalement sans intérêt   ; elle ne vaut que par son théâtre romain et sa citadelle haut perchée.

     

    Amman le théatre et la police féminine

    Nous n’avons qu’une vague adresse pour un hébergement en périphérie ; nous nous faisons aider par un taxi local qui nous abandonne sur la route de l’aéroport après nous avoir escroqué 70 euros.  Nous devons faire le plein de gasoil du camion et en profitons pour demander conseil pour un parc ou parking pour deux nuits maximum.

     Suzan, notre interlocutrice, tous sourires, nous invite à nous installer derrière la station. Très gentille, elle nous trouve une prise électrique ; nous sommes stationnés sous une caméra de vidéosurveillance, sécurité maximale ; Suzan nous offre le café, tout est bien dans le meilleur des mondes ; elle nous présente à son personnel car elle gère un centre routier doublé d’une agence de tourisme.

     Nous visitons Amman le lendemain ; la ville est immense, impossible à visiter à pied ; nous nous contentons du quartier ancien, de son théâtre fort bien restauré, du musée des traditions populaires et du grand souk le long de Quraish Street.

     Le Roi Abdallah et feu son père Hussein sont partout, sur les immeubles publics, sur les murs et les places, en tous matériaux, en toutes tailles et toutes tenues. Le roi et le petit prince héritier donnent un air très paternaliste à cette vague publicitaire et rassurent le bon peuple jordanien sur l’avenir de la dynastie hachémite et de son pouvoir.

     Nous reprenons un petit taxi jaune après en avoir fixé le prix de la course (on ne sait jamais) et nous retournons à notre station JAMAL PLAZA STATION, route de l’aéroport. Nous dinons d’un sandwich et d’une bière au restaurant de la station et sommes l’objet de toute l’attention de Suzan et de son personnel. Heureux que nous sommes, nous rejoignons Totor pour une nuit calme et sereine.

     

     28 décembre 2009

     

    Au matin, après la douche et le plein d’eau de notre réservoir, nous avons droit à la bise de Suzan et à son sourire ; c’est bon pour le cœur et le moral, un petit café en prime et  nous sommes prêts pour passer en caisse. L’addition est salée : 150 JD pour deux nuits de parking à bord de notre camion. C’est le prix de deux chambres d’hôtel. Je remballe discrètement le billet de 20 JD préparé auparavant et Jo s’éclipse pour chercher à bord le complément. Nathalie Mayet nous avait exprimé son ressentiment à l’égard des commerçants jordaniens qui, d’après elle,  assassinent les touristes avec le sourire. Je confirme !!

     Si d’aventures, amis camping-caristes ou amateurs de voyages, vous étiez tenté par un séjour en Jordanie, méfiez-vous du sourire enjôleur des dames des stations « Jamal Plaza » et des agences touristiques « Lords Travel & Tourism », particulièrement sur la route « Airport  High Way » à Amman, la traditionnelle hospitalité arabe y est toujours pratiquée, mais à quel prix !!

     Un peu dépités, nous quittons la station d’essence dont je veux oublier le nom et Suzan dont je n’oublierai pas le sien. Nous prenons la direction du Madaba et du mont Nebo site biblique où serait enterré Moise, pour les musulmans. Distant d’une quarantaine de kilomètres d’Amman, nous sommes rapidement sur le parking gardé par la police touristique. Nous devons présenter nos passeports  et expliquer nos intentions avant d’être accueillis par le Welcome de circonstance.

     

    Mont Nebo Jordanie 

    Le mont Nebo est en fait le djebel Siyagha et pointe à 823 mètre d’altitude. Il constitue un superbe panorama d’où l’on  devrait voir, comme Moise, la mer Morte, la Samarie, la Judée et Jericho, terres promises par Dieu à Abraham d’après le Deutéronome. Mais aujourd’hui le temps est   brumeux et nous n’apercevons que les monts environnants, tas de pierres parsemés d’oliviers.

     Mont Nebo la croix

    Un œuvre d’art au centre du site commémore la venue en ces lieux du Pape Jean-Paul II en 2000. Un peu plus loin c’est une stèle qui rappelle le passage de Moise au mont Nebo. Puis une grosse pierre ronde qui serait la porte de l’ancien monastère du 6èmesiècle mis à jour en 1933 par des Franciscains.

     

    Mont Nebo mémorial de Moïse

    Nous découvrons aussi toute une série de mosaïques de l’époque byzantine, héritage de l’antiquité païenne et dont les artistes utilisaient une symbolique destinée à n’être comprise que par eux.  Un petit musée met en valeur un certain nombre de pièces trouvées sur le site prouvent la présence de l’homme en ces lieux depuis la nuit des temps. Nous terminons la visite par une promenade dans la montagne environnante afin d’en apprécier la beauté sauvage en cet après midi ensoleillé.

     Mont Nebo les céramiques

    Nous reprenons la route des Rois qui file ver le sud jusqu’à Al Karak, capital de la région croisée d’outre Jourdain vers 1115. Nous installons notre camion sur un parc à bus au pied du château fort.

     

    29 décembre 2009

     

    Kerak la forteresse

    Il a plu cette nuit, il fait froid ce matin, nous prenons nos précautions et nous nous habillons chaudement. Le ciel est gris  mais on sent le soleil pas loin derrière les nuages. A pied, nous prenons la route très pentue qui grimpe au château. Nous pourrions tenter l’escalade des glacis qui se trouvent  non loin de nous mais ceux-ci occupent tout le flanc Est de la montagne et la pente est si impressionnante que son escalade en est impossible. Saladin essaya par deux fois en 1183 et 1184 d’enlever ce bastion franc, fief de Renaud de Châtillon, mais il dut renoncer.

     

    Kerak la forteresse

    Après une bonne heure de marche, nous atteignons la passerelle qui nous fait franchir le fossé d’enceinte ; autrefois c’était un pont-levis qui contrôlait l’entrée. A première vue, des restaurations sont en cours mais l’ensemble est assez délabré. Le point de vue est impressionnant sur la vallée du Wadi Karak et sur la ville nouvelle.

     

    Dans la citadelle s’est développée une communauté importante d’arabes chrétiens autour d’un monastère qui y était intégré ; le christianisme s’y est développé jusqu’au 14èmesiècle ce qui permit aux croisés de s’y installer et à Renaud de Châtillon d’en faire son repaire.  Ce château fort fut repris par les musulmans en 1187 après une bataille non loin du lac de Tibériade ou l’essentiel de la chevalerie franque fut faite prisonnière. Saladin, grand seigneur, traita ses prisonniers avec magnanimité mais occis de ses mains Renaud de Châtillon bandit de grands chemins ; malgré son titre de chevalerie, il n’avait aucun scrupule ni aucune parole vis-à-vis des musulmans qu’il pourfendait. Le château fut remanié par les arabes et considérablement renforcé ;  mais en 1263 les Mamelouks du sultan Baybars s’emparèrent du Kérak.

    30 – 31 décembre 2009

     

    Nous avons eu beaucoup de mal à récupérer la route des Rois depuis Kerak tant la signalisation est déficiente mais nous retrouvons celle-ci après avoir emprunté l’autoroute du désert et bifurqué vers Tafila. Auparavant, nous avons passé la  nuit sur le parking d’un hôtel-restaurant-bazar à touristes à Sultani.

     Il a plu dans la nuit et au matin nous avons repris la route des camions du désert qui transportent des containers au port d’Aqaba. Cette immense ligne droite traverse la steppe jordanienne, monotone et dangereuse à cause de la vitesse des poids lourds. Nous quittons donc l’autoroute, direction Tafila, sur la route des Rois, et une route qui ne figure pas sur notre carte permet de rejoindre la réserve ornithologique de Dana que nous envisageons de rallier.

     Sur la route du désert

    Mais cette route s’élève très rapidement vers 1500 m d’altitude et nous pénétrons dans une nappe de brouillard très dense qui ne nous lâchera pas jusqu’à destination. Heureusement la route est très peu fréquentée et les quelques véhicules y circulant, roulent avec le warning. Nous passons à proximité de la réserve mais continuons notre chemin car observer des oiseaux par temps de brouillard, ce n’est pas le mieux.

     Nous continuons donc jusqu’à Pétra, le brouillard disparaitra dès que nous serons revenus à 1000 m d’altitude. Les parkings proposés aux abords de la cité nabatéenne sont tous en pente et nous cherchons à pied l’endroit idéal que nous trouverons non loin du « Visitors Center » près du haras de la princesse Nour qui héberge la cinquantaine de chevaux destinés au transport des touristes fatigués.  Ce soir, Jo et moi veillons un peu plus tard, histoire de basculer dans la nouvelle année sous la lune de Pétra. Le téléphone fonctionne allègrement entre la France et le site nabatéen, toute la famille se trouve réunie par voie hertzienne sur une des merveilles du monde antique.

     

    Bonne Année 2010 à tous ceux que nous aimons !!

     

     

     

    1 – 2 – 3 janvier 2010

     

    Nous entrons dans la nouvelle année sous un soleil radieux et sur le site de Pétra la Rose par le Visitors Center. Nous passons trois journées dans cet endroit unique au monde pour la modique somme de 86 JD. J’ai lu beaucoup, j’ai visionné de nombreuses photos, j’ai vu des documentaires et des films sur ce sujet, donc j’ai une idée précise (c’est ce que je croyais) sur la question.

     Aussi, d’un pas décidé, Jo et moi entamons la longue descente qui  mène jusqu’aux premiers monuments funéraires nabatéens.  C’est un Suisse qui découvrit le site en 1812, déguisé en arabe. Peut être démasqué, il retourne en Suisse pour annoncer sa découverte. En 1928, des français redécouvrent le site nabatéen et les premières fouilles débutent en 1929. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1982, je pensais la cité encore assez méconnue dans le monde ; mais quand, dès 7 heures du matin, j’ai vu les flots de touristes débarquer, ma surprise fut grande.

     

    Petra place de la Khaznhé

    C’est donc en longue procession que nous suivons le chemin avec les touristes italiens, jordaniens, anglais, japonais, chinois, russes (peu de français), agglutinés derrière leurs guides respectifs qui brandissent à bout de bras un panneau avec le numéro du groupe correspondant. Tous s’arrêtent aux mêmes lieux, écoutent le guide, photographient et se font photographier, les retardataires devront remonter la file en  courant pour rejoindre leurs groupes qui, en tenue « d’Indiana Jones », croulant sous le poids du sac à dos et des appareils photos trépied compris ; d’autres en short et tee-shirt moulants et tongs, certaines en robe et talons hauts ou un masque anti virus H1N1 sur le visage (un peloton de chinois) !

     

    Petra "Indiana Jones"

    Petra les Chinois

    Nous arrivons près des premières tombes nabatéennes « Djinn blocks » et un triclinium qui était un lieu où la famille festoyait après avoir honoré ses morts. Puis, en face de nous, se dresse un haut massif de grès rose qui nous traversons en empruntant un long défilé appelé «Siq ». C’est impressionnant, extraordinaire, magnifique ; je me sens écrasé dans ce couloir étroit, long de 1200 mètres et dont les falaises peuvent dépasser 100 mètres de hauteur.

     

    Petra le Siq

    Le soleil éclaire les sommets que l’érosion a travaillé en fonction de la nature de la roche depuis des millions d’années pour leur donner des formes creuses ou arrondies faisant apparaitre des couleurs différentes en fonction des couches sédimentaires. Le rose domine mais des veines brunes, ocres, jaunes, bleues, noires, blanches font des sillons parallèles qui font varier la tonalité en fonction de l’angle de vue.

     

    Petra la roche rose

    Quelques arbres réussissent à s’accrocher par endroit et leur feuillage vert rehausse encore le tableau ; c’est une beauté unique. De part et d’autre de la paroi, un canal est creusé dans la roche ; il distribuait l’eau dans la cité. En chemin, nous faisons la connaissance de Giovanni, sympathique italien de Savona près de Gènes ; il a travaillé quelques années aux chantiers de l’Atlantique à Saint- Nazaire sur le Majesty of the Sea pour le compte de son armateur. Il accompagne un groupe de romains et nous traduit le commentaire du guide. Arivederci Giovanni !!

     

    De temps à autre, nous devons nous coller à la paroi pour laisser passer les carrioles tirées par des petits chevaux arabes et qui remontent vers la sorties les visiteurs fatigués.  Au bout du long défilé de rochers, se dresse devant nous, jaune dans la lumière du soleil la «Khazneh », tombeau monumental, taillé dans la roche, devant être dédié à un souverain nabatéen. La Khazneh se trouve sur une place baignée de soleil où se retrouvent les « marchands du temple » avec dromadaires, ânes, chevaux, charrettes ; ce sont des bédouins qui ont occupé depuis très longtemps les tombeaux de Petra avant d’être délogés par les autorités ; mais certaines familles y vivent encore avec leur troupeau de chèvres et leur âne.

     

    Petra la Kazneh

    Les bédouins seraient les descendants des nabatéens qui eux-mêmes étaient des tribus nomades venues d’Arabie et parlent l’araméen. Ils développèrent le commerce de l’encens et de la myrrhe et firent de Pétra la capitale de la Nabatée et le centre des échanges commerciaux où aboutissent les pistes caravanières.

    Les bédouins sont omniprésents dans Pétra ; ils y tiennent des petits commerces de bimbeloterie a tous les points de passage obligés des touristes. Durant nos trois journées de visite, nous suivrons cinq itinéraires différents qui nous feront découvrir le Siq et la Khazneh, la ville basse et les tombeaux de la Kubta, le haut lieu d’El Madhbah, le Deir, le haut lieu de la Khubta.

     

    Petra les Bédouins

    Ce sont les points les plus remarquables proposés dans nos guides ; nous les avons suivis scrupuleusement  en dix-huit heures de marche. L’immense nécropole nabatéenne est en soi une merveille car elle n’a pas été construite comme les nécropoles romaines par exemple, mais sculptée et creusée dans une roche monolithique se prêtant bien au travail des sculpteurs. 

    C’est pourquoi, quasiment indestructible, elle a résisté à tous les séismes de la région alors que les extensions romaines, plus tardives pourtant, se sont, elles, écroulées. Seuls les vents de sable et l’érosion chimique font disparaître petit à petit les sculptures des façades. Les itinéraires que nous avons empruntés nous ont fait découvrir des points de vue magnifiques sur de désert du Néguev et Israël notamment, sur le site du Deir, monastère nabatéen, utilisé par la suite par les byzantins qui en firent une église.

     

     

    Petra le Deir

    Lors de la visite des tombeaux de la Khubta, il faut par endroit faire un peu d’escalade pour atteindre une plate forme qui nous fait dominer la ville basse. Une fois sur la plate forme, je suis tenté par l’escalade d’un groupe de rochers d’où le point de vue doit être, de toute évidence, encore plus intéressant. La grimpe est sportive et, assis sur mon caillou, je récupère de mes efforts et admire le panorama. Il n’y a plus personne à ces hauteurs sauf moi mais par pour longtemps car des mains puis une tête apparaissent et, dans un dernier effort, le reste du corps de Marine, une jeune et jolie Suissesse de Genève avec qui je ferai connaissance en français, chose rare en ces lieux et à cette altitude.

     

    Petra la montée vers la Khubta

    Le circuit menant au haut lieu d’el Madhbah est une longue montée par des escaliers assez raides et des chemins sablonneux ; nous abordons le lieu de culte en plein air sur un sommet où étaient perpétrés des sacrifices. Le passage en bordure des précipices et l’escalade finale par les rochers représentent pour Jo un réel exploit. Sujette au vertige et pas particulièrement sportive, celle-ci est arrivée au sommet grâce à un effort de volonté remarquable. Je suis fier d’elle.

    De cet endroit, nous avons une vue imprenable sur les montagnes environnantes dont le Jebel Harun au sommet duquel est installé le cénotaphe de Aaron. Nous sommes sur l’esplanade taillée dans la roche par les nabatéens, lieu de culte d’une longueur de 60 mètres environ. Un bassin creusé par évidement du rocher recevait l’eau ;  à côté un petit podium devait servir de reposoir aux bétyles portatifs, sculptures de pierre représentant les dieux nabatéens, transportés jusqu’ici par les processionnaires.

     

    Petra lieu de sacrifices la Madhbah

    A gauche du podium, l’autel des sacrifices ; on y accède par trois marches, un bassin cylindrique  qui servait pour immoler les animaux, un petit canal creusé dans la roche servait à l’écoulement du sang, une petite citerne était utilisée probablement au lavage des outils. Au bout de l’esplanade, on parvient à un surplomb qui donne un point de vue magnifique sur la montagne et un  profond canyon ; deux mains, une tête puis dans un dernier effort, le corps entier de Marine, la jolie Suissesse apparaît sur le surplomb. Elle a grimpé les rochers depuis le côté opposé laissant sa maman et son frère sur une plate forme un peu plus loin afin de faire son exercice favori.

     

    Petra La Kubtah, la maman et le frère de Marine

    Nous somme surpris de nous retrouver ainsi pour la seconde fois, par hasard, au sommet d’une montagne. Sur quel sommet nous rencontrerons-nous la prochaine fois, si prochaine fois il y a ? Seul Dushara et Al Uzza, dieux nabatéens le savent !

    En revenant vers le théâtre, au cœur de la ville, il faut passer sur un pont de pierres qui enjambe le Wadi Musa dont les berges ont été renforcées après une crue importante qui a emporté 22 touristes français en 1963 ; aujourd’hui, la rivière est complètement à sec et l’eau est le problème de la Jordanie. 

    Partout où l’on marche, on trouve des morceaux de poterie et de vaisselle en terre cuite. Les nabatéens, après les cérémonies festives qui avaient lieu dans les tricliniums ou les tombeaux, brisaient la vaisselle utilisée. Cette  tradition, d’origine grecque, a été ramenée par les marchands au cours de leurs  voyages commerciaux et est toujours pratiquée aujourd’hui dans les fêtes hellènes. J’ai personnellement assisté à ce spectacle lors d’un voyage en Crète.

    Les riches marchands nabatéens se sont également inspirés des styles architecturaux des pays qu’ils traversèrent, pour la construction de leurs tombeaux dont le style grec  que l’on retrouve partout dans Petra. Impressionnant également, le théâtre, entièrement sculpté dans la roche, il pouvait contenir 3000 spectateurs et date du tout début du christianisme.

     

    Petra le théatre taillé dans la roche

    Nous garderons de Pétra le souvenir d’un superbe site naturel remodelé par les hommes dans un environnement montagneux désertique et coloré.  L’âme de ces tailleurs de pierres de génie n’y flotte plus depuis longtemps ; les quelques 800 tombes existantes, pillées, vidées, occupées, ne vibrent plus que du brouhaha du commerce touristique de masse. Les nabatéens croyaient que l’âme des morts flottait au dessus des tombes.

    Du 5 au 15 janvier 2010

     

    Coucher de soleil sur Aqaba

    De Petra à Aqaba, nous pénétrons de plus en plus profondément dans le sud désertique de la Jordanie. Le paysage devient de plus en plus aride, le sable et les rochers de plus en plus présents. La lumière et la température évoluent dans le bon sens ; on devine la Mer Rouge derrière les premiers immeubles de la ville, véritable oasis dans ce désert minéral. Les rues d’Aqaba sont larges, généralement à trois voies, bordées de palmiers et de bougainvilliers en fleurs. La circulation y est aisée, ce n’est pas l’anarchie des autres villes. Nous faisons une courte halte pour quelques courses dans un shoping center et, par la route côtière qui mène à la frontière saoudienne, nous nous dirigeons vers les plages du sud.

     

    Aqaba la ville

    Nous longeons le port marchand, le port des containers, immenses installations modernes où mouillent de gigantesques cargos, le terminal passagers et ses ferrys, les immenses plages de « Marine Park » et  ses parasols à perte de vue puis les hôtels de luxe et leurs plages privées clôturées et gardées comme des camps militaires.

     Nous atteignons notre camping en milieu d’après midi, nous y sommes seuls avec la Mer Rouge pour horizon. La Mer Rouge, comme son nom ne l’indique pas, est d’un bleu profond avec de larges taches émeraude, ponctuée de crêtes blanches car le vent du nord souffle allègrement. Il y a souvent du vent sur Aqaba d’après radio camping-car.

    Aqaba la plage

    Nous voyons Eilat, port israélien à l’extrême sud du pays et les monts du Sinaï égyptien sur l’autre rive. De gros bateaux entrent et sortent du golf pour alimenter les deux ports israélien et jordanien sous la surveillance des vedettes rapides des deux marines ennemies.  Nous passons dix journées de vacances sur la plage que nous partageons avec les familles jordaniennes qui viennent s’y détendre en fin de semaine. En fait, la plage est un immense terrain de camping, les parasols sont squattés dès le matin et chaque famille s’y installe avec armes et bagages. Le barbecue est le premier installé, un gros sac de bois à portée de main pour l’alimenter, il fumera jusqu’à la nuit noire. Matelas et coussins disposés sur les grands tapis de laine posés à même le sable donneront une note bédouine à l’installation ; si le soleil est trop ardent, d’autres tapis seront accrochés au parasol formant ainsi un pare-soleil efficace.

     

    Aqaba la plage

     Les transistors à fond distillent une joyeuse cacophonie, les hommes boivent le thé allongé sur leurs matelas et à l’heure de la prière, ils se regroupent et, sur leurs tapis orientés vers La Mecque toute proche, ils se prosternent en psalmodiant les versets coraniques.

    La plage est nettoyée chaque jour, des poubelles sont disponibles partout ; dans la semaine, peu de monde, nous sommes bien ici. Je vais plusieurs fois nager au-dessus des récifs coralliens avec masque et tuba ; c’est un enchantement, à quelques brasses du bord, je suis dans un aquarium marin parmi les poissons multicolores ; il suffit de se laisser porter par les flots et d’observer ce monde aquatique à fleur d’eau éclairé par le soleil. La Mer Rouge, à juste titre, est réputée pour ses coraux ; je ne suis pas un spécialiste mais je comprends combien il faut protéger ces lieux magiques ce que fait très bien la Jordanie même si on aperçoit ça et là pneus, canettes ou bouteilles au fond de l’eau, les coraux s s’en occupent.

    Nous allons plusieurs fois à Aqaba en bus ou en taxi, les prix sont à la tête du client, il faut toujours négocier ; nous avons sympathisé avec  Ahmed, chauffeur de taxi de son état ; nous utilisons ses services plusieurs fois, il est même venu nous chercher avec son véhicule personnel un jour de repos. Il fait bon se promener à Aqaba, ville symbole de la révolte arabe. Son drapeau flotte à 120 mètres de hauteur sur la marina, au pied du petit fort enlevé aux Turcs par les troupes de Fayçal en 1920 sous les ordres de T.E. Lawrence, le célèbre « Lawrence d’Arabie ».

    Aqaba le drapeau de la révolte Arabe 

    Sur la plage, nous faisons également la connaissance de Del, jeune canadien de 18 ans qui, en rupture familiale, est parti, sac au dos de son Yukon natal pour visiter le monde. Il se dirige vers l’Inde, à pieds, en stop, en bus. Il trouve quelques heures de travail par ci, par là pour vivre et nous passons quelques instants avec lui. Nous avons un peu de mal à le laisser reprendre sa route.

     

     Del le canadien

    15 et 16 janvier 2010

    Nous reprenons également notre route en laissant derrière nous le ciel bleu, le soleil blanc et la Mer Rouge  d’Aqaba pour commencer notre lente remontée vers l’Europe. Nous reprenons l’autoroute du désert qui va vers Amman et au bout de 30 kilomètres, nous bifurquons sur notre droite, direction le « Wadi Rum ».  C’est une belle route qui mène vers le désert rendu célèbre par David Lean, réalisateur du film « Lawrence d’Arabie » et la belle musique de Maurice Jarre.Ce film, dans sa version longue, Jo et moi l’avons visionné une dizaine de fois, il faisait partie de nos bagages jusqu’à Bosra où il a changé de camping-car pour rejoindre celui de la famille Mayet à qui nous l’avons donné. C’est lui et nos amis Guy et Carmen qui nous ont donné envie de faire ce voyage. Nous avons beaucoup rêvé devant notre écran d’immensité désertique, de ciel étoilé, de solitude et de soleil sur les « 7 piliers de la sagesse », la montagne qui marque l’entrée du Wadi Rum.  

    Les sept piliers de la sagesse Wadi Rum

    Au bout d’une trentaine de kilomètres, la route est fermée et il faut passer par la case « Visitor’s Center » pour le droit d’entrée : 4 JD par personne et 5 JD pour le camion et l’on peut franchir la porte du désert. Le Wadi Rum est le domaine des bédouins qui en organisent le commerce dans cette zone protégée depuis 1998. Une trentaine de campements y sont répartis et les touristes peuvent étancher leur soif d’aventure depuis la petite promenade dans la mer de sable, sac au dos, jusqu’aux grande méharées de plusieurs jours et nuits en passant par les raids en 4 x 4.

     

    Les dromadaires du Wadi Rum

    Nous parquons notre camion à l’entrée du village de Rum sur un parking pour bus gardé par la police touristique. Le soleil qui descend derrière nous embrase les roches de grès rose des falaises qui nous font face. Il fait chaud, nous sommes bien, nous regardons vivre les dromadaires en liberté surveillée, les pates avant entravées, ce qui leur donne une démarche ridicule, loin de l’image idyllique des « vaisseaux du désert » sillonnant les mers de sable.  

    Je suis un vaisseau du désert Na!

    Le village est constitué de petites cours, entourées de maisons basses en moellons, le tout ceint de murs coupe-vent qui cachent la misère. Mosquée, poste de police, petit casernement militaire, école complètent ce petit bourg de trois à quatre cents personnes. Les 4 x 4 Toyota antédiluviens cabriolent dans le sable en laissant de profondes traces qui convergent loin, là-bas vers le désert en un véritable réseau routier. 

     

    4x4 du Wadi Rum

     

    En fin de soirée, le parking se métamorphose en terrain de football où les bédouins s’affrontent amicalement, mais pas trop dans une partie acharnée, ponctuée de cris et vociférations jusqu’à la nuit tombée.

    Match de foot à Rum

    Nous partons, sac au dos, pour une longue promenade dans le désert de Wadi Rum après une nuit calme et reposante. Il faut quelques minutes pour traverser le village en repoussant, avec le sourire, les offres de service des bédouins et atteindre les premières pistes de sable. Nous marchons tout droit, sans but précis, privilégiant les zones de sable dur plus faciles à pratiquer.

     

     

    Jo dans le désert

    Plus on s’enfonce dans le désert, plus le silence s’installe, plus le paysage s’ouvre à l’infini. Nous croisons de petits troupeaux de dromadaires, la plupart entravés ; ils divaguent dans la plaine sablonneuse où ils se nourrissent d’épineux ; les petits sont collés à leurs mères qu’ils ne quittent pas des yeux. Les propriétaires des troupeaux ont leur campement au loin, là-bas, à l’ombre des grandes falaises rougeâtres, sculptées par les vents de sable ; elles nous renvoient, amplifiés, les bruits de leur vie quotidienne.

    Les falaises de Wadi Rum

      Le vent du nord souffle légèrement et régulièrement sur le désert, la température est douce et agréable, il fait bon marcher ainsi. Nous apercevons quelques promeneurs au loin qui, comme nous, ont préféré la marche aux 4 x 4 bringuebalants, chargés de touristes que nous croisons de temps à autre.  Après trois heures de bonne allure, nous sommes vraiment seuls dans le silence du Wadi Rum ; il n’y a rien à l’horizon que le sable et les rochers. Jo est sereine sous son sheich blanc.              

     De retour au village, nous délaissons la route centrale pour louvoyer dans les ruelles ; c’est l’heure de la prière et la montagne renvoie l’écho du chant du muezzin alors que l’ombre gagne, c’est d’une rare beauté ; nous attendons, en silence, la fin du concert, les yeux brillants d’émotion.  Fourbus mais heureux, nous regagnons notre camion mais, tout de même, je me dis, en voyant le village et ses abords que « El Aurens » doit se retourner dans sa tombe.

     

    Wadi Rum quand le 4x4 remplace le dromadaire 

     

    17 et 18 janvier 2010

     

    Notre but, aujourd’hui, est de rejoindre la Mer Morte que nous avons volontairement oubliée lors du voyage aller. Donc, nous rejoignons la route du désert  tandis que la cueillette des tomates bat son plein dans les champs irrigués à la sortie du « Visitor’s Center ». Les tentes des réfugiés palestiniens sont plantées aux abords des cultures ceux-ci sont une main d’œuvre bon marché pour les propriétaires jordaniens. Les tomates poussent à même le sol et les femmes, cassées en deux,  remplissent les cagettes qui sont transportées par les hommes vers le camion bariolé Toyota au bout du champ qui ira gonfler le flot de ses congénères sur l’autoroute  qui mène à Amman.

     

    Champ de tomates à Rum

    Cette quatre voies, nous la connaissons et la suivrons jusqu’au croisement de la N50 qui nous fait repasser par Kerak afin de rejoindre la route 65 de la Mer Morte.  Depuis Kerak, nous plongeons vers Potash City dans un paysage de canyons et de ravins sur fond de montagnes jaunes et arides. Les lacets serrés de la chaussée et le pourcentage de la pente nécessitent toute l’attention et les freins très sollicités de Totor chauffent.

     

    La route de la Mer Morte

    Il faut dire que les rives de la Mer Morte sont situées à – 370 mètres sous le niveau de la Méditerranée, c’est le point habité le plus bas de la planète. Quand nous apercevons la Mer Morte, c’est d’abord les immenses marais salants de Potash City que nous voyons, le sel est maintenant exploité, la mer ayant libéré 350 km2 de superficie suite au pompage des eaux du Jourdain et de ses affluents.

     

    La Mer Morte

    Nous longeons la mer, immense lac d’eau saumâtre, par la seule route côtière, côté Jordanie. La surface de l’eau est quasiment immobile tant la concentration en sel (33 %) est importante. Les couleurs sont magnifiques, d’un côté, les falaises rouges, de l’autre, les bleus marins ;  les rives de la mer : une poubelle. Nous sommes écœurés, il y a ici une des merveilles géologiques de la planète, sa mort est programmée à moins de quatre siècles par les experts malgré des projets cyclopéens d’adduction d’eau depuis la Méditerranée.

     

    Plage de la Mer Morte

    Les plages sont des décharges sauf devant les hôtels de standing qui les préservent pour des raisons évidentes de commerce. Nous nous installons sur le parking de l’unique plage publique de la Jordanie, celle d’Amman Tourist Beach où pour 10 JD nous avons l’eau et l’électricité. L’eau, nous l’avons toute la nuit car des orages ont éclaté en début de soirée et vers 6 heures du matin, nous devons déménager à l’autre bout du parking, celui-ci étant noyé. La rallonge électrique mise à notre disposition a disparu sous l’eau et chose étrange, nous avons toujours du courant.

     

    Le parking de "Amman Tourist's Beach"

    Le soleil revenu, nous souhaitons tenter une immersion dans la Mer Morte afin de vérifier le théorème de Pythagore : « tout corps plongé dans un liquide….. » mais il faut passer par la porte de l’hôtel et à raison de 15 € par personne, nous déclinons et remettons le test de flottaison à une date ultérieure, d’autant que la couleur de la mer remuée par les orages est plutôt du genre brunâtre.  Nous allons donc à pied parmi les ordures le long de la plage,  à l’extérieur du site « Amman Touriste Beach » en quête d’un espace épargné par la pollution.

     

    Jo sur la plage de la Mer Morte

    Nous observons des pierres enveloppées dans leur gangue de sel, les sillons de sel poussés sur le sable par le clapotis de l’eau et dans les rochers, les dépôts salins témoins de l’époque où la mer arrivait jusque là, soit environ + de 5 mètres par rapport au niveau actuel.  En face de nous mais sur l’autre rive, les monts de Judée, à l’extrémité nord, Jéricho dont nous voyons les immeubles et un peu plus loin, à l’ouest, Jérusalem dont nous apercevons les lumières dans la nuit.  

     

    Le sel sur les cailloux Mer Morte

    Les pieds dans les ordures, nous renonçons et retournons à notre camion d’autant que la pluie se remet à tomber.  Nous faisons la connaissance de « Detlef », professeur de physique-chimie dans un collège d’Allemagne qui, à bord de son camion militaire vert transformé par ses soins, s’offre une année sabbatique pour voyager sans sa femme.  Nous visitons son camping-car « Wermachtien »* et parlons voyages comme de bien entendu ! *vert martien

     

     Coucher de soleil sur la Mer Morte

    19 janvier 2010

     

    Nous reprenons la route de la Mer Morte en sens inverse pour le pont du Wadi Mudjib (l’Arnon biblique) qui, en ces temps d’orage, est un torrent impétueux d’eau rouge qui plonge dan s la mer après avoir traversé les falaises des monts du Moab. Un canal remonte dans les gorges pour arriver sur une vanne qui permet de délester le Mujib et d’alimenter une usine de retraitement des eaux quelques kilomètres plus loin.

     

    Le Wadi el Mujib Mer Morte

    Les poissons charriés par les eaux du torrent arrivent dans la Mer  Morte et meurent en quelques minutes. Ils sont par la suite rejetés sur la plage, raides et gainés dans une croûte de sel. Ce pont métallique a remplacé le précédent emporté par les crues du Mujib ; les restes sont encore présents dans  son lit. Après une grande cascade, l’eau boueuse se mélange à la mer pour former une immense zone troublée et brunâtre visible à des kilomètres à la ronde.

     

    Le Wadi el Mujib Mer Morte

    Nous nous rendons ensuite tout au nord de la Mer Morte, sur les rives du Jourdain où fut identifié avec certitude en 1997 par les archéologues le village de Béthanie « au-delà du Jourdain où Jean baptisait ». Rome, en 1999 et Jean-Paul II en 2000, lors du jubilé, ont reconnu le site où une basilique est désormais en construction.  

     

    Béthanie les ruines de la basilique St Jean Bâptiste Veme siécle

    Un  peu avant Rome, l’église orthodoxe grecque a lancé la construction de l’église Saint Jean du Jourdain dont on aperçoit de loin les trois coupoles dorées. D’autres églises d’obédiences diverses sont terminées ou en cours de construction dont une mosquée, ce qui fera de ce site, dans les prochaines années, un haut lieu de la foi dans le monde, habilement exploité par la Jordanie.

     

    Béthanie Eglise orthodoxe St Jean du Jourdain

    Pour atteindre le site, nous devons passer par le « Visitor ‘s Center », payer 7 JD par personne non jordanienne ou de langue arabe (les tarifs sont très différents) ; discrimination très mercantile à mes yeux. Nous grimpons dans le camion Ford à 15 places assises dans la benne qui part du « Visitor’s Center » toutes les demi-heures ; il nous dépose 15 kilomètres plus loin, ce qui dissuade les éventuels marcheurs.

     

    A pied, nous suivons un itinéraire balisé, genre labyrinthe qui nous mène à environ 2 kilomètres, sur les ruines de l’église St Jean élevée vers le 5è ou le 6è siècle en l’honneur du baptiste et 300 mètres plus loin, sur le Jourdain, lieu du baptême du Christ à proprement parler. Au loin nous apercevons une grande croix au sommet de la colline où Elijah fit son ascension au paradis.

     

    Béthanie le labyrinthe

    Surprise, le Jourdain que j’imaginais très large et profond n’est en fait qu’un  « pipi de chat » d’eau boueuse ; sur l’autre rive, de grandes installations touristiques pour les clients israéliens ; les drapeaux bleu ciel  frappés de l’étoile de David flottent au vent et narguent les étendards jordaniens de l’autre bord. Miradors et hommes en armes se font face, véhicules blindés et mitrailleuses s’observent ; assurément, nous sommes bien sur la terre de paix et d’amour pour laquelle sont morts et mourront encore des millions de fanatiques et d’innocents ; à bien y regarder, la couleur du Jourdain est bien celle du sang.

     

    Béthanie Israël sur l'autre rive

    Trois grâces à l’accent slave et au maquillage waterproof qui ont fait le voyage avec nous, sont allées revêtir dans une cabane en bois mise gracieusement à leur disposition, une aube d’un blanc immaculé. Elles se sont dirigées par le ponton en bois spécialement installé vers le ru rouge sous l’œil avide de la garde royale car on voit par transparence les dessous colorés de ces naïades. Elles ont plongé par trois fois leur corps de nymphes dans les eaux sacrées en se signant à la mode orthodoxe et sont remontées, pétrifiées par le froid dans leur aube terreuse plaquée à leurs formes.  Pour un peu, nous aurions applaudi à cette démonstration de foi intense si les circonstances eussent été différentes.

     Nous avons repris le camion  benne Ford qui, à grande vitesse, nous a ramenés et déposés derrière le « Visitor’s Center », nous obligeant ainsi à traverser les boutiques de souvenirs, médailles, eau bénite, chapelets et les habituels produits locaux tels que tapis, foulards, sacs, colliers, bagues, made in China. A l’entrée, nous avons retrouvé notre camion benne Ford en plein chargement, ainsi va le commerce. Ainsi soit-il !!


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    VOYAGE EN SYRIE

     

    Alep -  mosquée Omeyyades (2)

     

      

    Alep la mosquee des Omeyades

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    10 décembre 2009<o:p></o:p>

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    Arrivés à la frontière turco-syrienne vers midi, a part la traditionnelle file de camions, nous serons quasiment les seuls touristes à passer. Rapidement pris en mains par la douane nous  sommes dirigés vers un bureau du service touristique syrien qui doit nous faciliter la tâche pour enregistrer nos passeports.

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    Outre la personne du service touristique qui ne parle pas un mot de français, il y a un représentant des douanes chargé, nous dit-il, du dédouanement des marchandises qui transitent par la Syrie. Il parle bien français et nous fait remplir des fiches afin d’acquitter :

    -          Une taxe « diesel » de 100 $ US pour chaque semaine passée en Syrie, soit 200 € pour les 2 semaines envisagées

    -          Frais pour acquisition d’un carnet de passage en douane ; montant 85 €

    -          Assurance obligatoire, notre carte verte ne couvre pas la Syrie : coût 65 €

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    Nous comprenons très vite le rôle joué par ces deux personnages dont le but évident est de nous soutirer une commission pour leur travail qui, nous assurent-ils, nous évite d’attendre longtemps à la douane. Ils  détiennent nos documents et ne les lâcheront qu’une fois réglé  le bakchich qui s’impose. Nous croyons leur avoir échappé au passage du dernier check-point où nous devions les attendre.

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    Arrivés avant eux, la police des frontières nous ouvre le portail pour entrer en Syrie. Mais nos acolytes, après un long sprint, nous rattrapent  et hurlent que nos papiers ne sont pas en règle ; nous devons faire demi-tour. Le « dédouaneur » disparaît durant ¼ d’heure avec nos documents et revient sourire aux lèvres. « Tout est terminé, nous dit-il, je monte avec vous, nous allons à Alep dans une banque pour retirer l’argent que vous me devez pour le service ». En fait, nous avons fait trois distributeurs qui étaient en panne avant de pouvoir retirer des livres syriennes dans un quatrième ; notre gugusse sur nos talons, il ne nous lâchera qu’après avoir empoché son bakchich.

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    Après réflexion et recalculé, nous nous sommes faits avoir sur le taux de change et les bakchichs d’une soixantaine d’euros et trois heures d’attente en tout pour passer la frontière. Ce n’est pas très grave, au fond ce n’est qu’un peu d’argent ; mais j’aurai préféré le dépenser dans le commerce local plutôt que d’alimenter la corruption d’état. Nous savons déjà qu’il en sera de même au retour de Jordanie ; nous essaierons de ne pas tomber dans le piège une seconde fois mais rien n’est moins sûr !

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    Nous sommes installés sur un camping entre Bab Al Hawa et Alep, le « camping Salaam » tenu par un Syrien, Mohammed Jahr et sa femme belge Cristel. Ils connaissent les hommes de la douane et leur réputation n’est plus à faire dans le tourisme local. Nous sommes seuls sur la soixantaine d’ares de terrain clos d’un gros mur de pierres. Tout est propre et nos hôtes très sympas. Seul problème, il pleut et il fait froid, c’est presque l’hiver à Kafr Ammé.

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    12 décembre 2009<o:p></o:p>

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    Pour aller à Alep depuis notre campement, nous empruntons les petits bus qui circulent dans toutes les directions, sans horaire, au taux de remplissage moyen de 120 % et pour la modique somme forfaitaire de 20 livres syriennes par personne soit 0.20 €. Prévus pour une douzaine de personnes, ces petits bus fonctionnent au klaxon afin d’attirer l’attention des éventuels clients qui s’y entassent au fur et à mesure de la course.

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    L’argent circule de mains en mains afin d’arriver jusqu’au chauffeur et la monnaie éventuelle prend le chemin inverse jusqu’à son destinataire. Une fois pleine, la boîte à sardines prend sa vitesse de croisière au son d’une musique arabe crachée par les haut-parleurs. Une courte exclamation, le véhicule s’arrête, la moitié des passagers descend pour permettre l’extraction de celui arrivé à destination. Tout le monde remonte et le véhicule repart au pas, klaxon en action pour compléter le chargement ; on trouvera toujours une petite place si les clients sont plusieurs. Le terminus atteint, nous ne sommes pas mécontents de déplier nos membres endoloris.

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    Le Syrien mâle ne parle pas, il hurle, surement pour affirmer sa suprématie face à la gente féminine qui est plutôt effacée dans son habit noir traditionnel. C’est dans une cacophonie de cris, de klaxons et de musique locale que nous débarquons sur les trottoirs encombrés d’Alep. Notre première destination : « la Grande Mosquée des Omeyyades ». Notre plan à peine sorti, deux personnes, sourire aux lèvres, nous proposent gentiment leur aide.

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    Alep - sous la pluie

     

           Alep sous la pluie      

     

     

    Sous la pluie, nous arrivons rapidement devant le grand minaret seldjoukid et le petit parc de la mosquée ; c’est l’heure de la prière et les fidèles s’y précipitent.  Nous suivons le même chemin                   qu’eux après que Jo ait revêtu « la houppelande » mise à sa disposition pour pénétrer nus pieds dans le saint lieu, elle, du côté des femmes et moi, du côté des hommes.        

    Alep -  mosquée Omeyyades (3)

          Alep la mosquee des Omeyades       

     Le plus discrètement possible  afin de ne pas troubler la quiétude et la dévotion qui règnent en ces lieux, j’admire cette belle construction tout en longueur. Un épais tapis vert couvre le sol, les murs sont recouverts de marqueterie typiquement islamique. La coupole supporte un immense lustre de cristal qui diffuse dans la salle des prières une lumière douce.

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    Alep -  mosquée Omeyyades  (5)

     

     Alep mosquee des Omeyades, la salle des prieres

     Au centre, un mihrab en bois foncé   domine la salle où les dévots psalmodient les versets coraniques. Des bancs sont prévus pour les vieillards et les handicapés, chacun vient ici pour affirmer sa foi en toute sérénité.

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    Alep -  mosquée Omeyyades (4)

     

     

         Alep la mosqee des Omeyades le deambulatoire     

     Nous prenons ensuite le chemin de la citadelle, véritable forteresse sur son promontoire qui domine la ville de toute sa hauteur. Réputée imprenable, on le comprend de suite en voyant l’ouvrage. Jamais un chef franc n’a pu franchir les murailles de la citadelle d’Alep sinon chargé de chaînes comme un certain Comte d’Edesse qui fut prisonnier ici, les yeux crevés pour ne pas avoir voulu abjurer sa foi chrétienne et qui y mourut dans un cul de basse fosse en 1159. Renaud de Châtillon, prince d’Antioche, sans foi ni loi, y fut également prisonnier durant seize années.

     

     Alep le fosse de la citadelle

    Un formidable fossé entoure la citadelle ; on y accède par une pente de forte déclivité qui traverse le fossé par un pont à huit arches. Le bastion d’entrée est un chef d’œuvre de l’art militaire par ses angles, ses ouvertures et ses traquenards qui rendent l’accès très difficile aux attaquants. Maintes fois transformée et remaniée, c’est un labyrinthe qu’il faut emprunter avec quelques escalades en prime pour atteindre les balcons qui permettent de voir Alep de haut. Une petite mosquée construite en 1167 au centre de la citadelle marque l’endroit où Abraham aurait fait halte. Plus haut, une autre mosquée construite par le fils de Saladin vers 1414 dresse son minaret dans le ciel noir.

     

     Alep la mosquée dans la citadelle

     

     Alep est un amas de constructions grises hétéroclites qui s’étendent à perte de vue dominées par d’innombrables mosquées ; il y en aurait plus de mille. Elle se divise en trois grandes parties   : la ville vieille avec ses 12 kms de souks, la ville nouvelle faite de tours en béton et le quartier chrétien avec ses églises maronite, orthodoxe, byzantine.

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     Alep la ville vue de la citadelle

      Nous avons repris un petit bus pour retrouver notre camion à Kafr Ammé, le bord de la route est une poubelle à ciel ouvert.

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    13 décembre 2009<o:p></o:p>

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    Le lendemain matin, nous attendons le bus au bord de la route ; c’est un taxi jaune qui s’arrête. Nous déclinons son offre car le tarif taxi est nettement plus cher que le bus mais le chauffeur qui s’appelle Abdelatif insiste avec un grand sourire en nous promettant un bon prix. Nous faisons la route avec lui. Il ne parle pas un mot de français, ni d’anglais mais quand je lui dis que nous sommes de Metz en France, il réfléchit un moment puis nous demande : « Ennery ? ». Surpris nous comprenons que quelqu’un de sa famille travaille ou a travaillé chez Citroën à Ennery. Il nous a déposés à Bab al Faraj en centre ville.

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    Par la tour de l’horloge nous remontons vers la citadelle pour pénétrer dans les souks par la porte des artisans. Nous sommes bien contents d’y être à l’abri car il pleut sur la ville et la boue est partout. Nous sommes ici dans un autre monde où règne un semblant d’ordre et de propreté. Rien à voir avec les grands souks marocains où les touristes sont harcelés par les commerçants, rabatteurs et autre guides ou faux guides.<o:p></o:p>

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      Alep, le souk, marchand de tissus   

     

     Les syriens sont d’un naturel accueillant et poli ; ils veulent savoir d’où l’on vient et ont toujours une phrase en français pour nous être agréables. Ainsi l’un d’eux nous lance un « les carottes sont cuites » avec un rire éclatant, seule phrase qu’il connaisse probablement.

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    Sous les voûtes des allées étroites, les forgerons, dinandiers, ferronniers présentent leurs œuvres les plus remarquables en cuivre, laiton, fer battu ou étain sous des lustres majestueux. Tout à leur travail, ils nous saluent et continuent à marteler le fer. Puis les tisserands sur d’antiques métiers à tisser nous montrent leur savoir faire et la qualité de leur travail est présentée sur des étals dans de petites échoppes.

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     Alep, le souk, marchand de soieries

     Les couturiers présentent de belles djellabas multicolores, des pachminas en soie et ainsi de suite, par corporations professionnelles, chacun dans sn échoppe présente aux nombreux badauds un savoir faire millénaire. Devant les célèbres savons, nous ne résistons pas longtemps pour acheter ce savon d’Alep de renommée mondiale.  Nous allons ainsi une grande partie de la journée dans un va et vient bon enfant parmi la foule toute à ses affaires.Une fois à l’extérieur, nous souhaitons visiter le quartier chrétien mais la pluie nous fait battre en retraite et nous retournons au camping par minibus, cela va de soi.

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     Alep, le souk, le tisserand

     14 décembre 2009<o:p></o:p>

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    La pluie et le froid ne nous incitent pas à la promenade ; aussi nous passons du temps avec Cristel et son petit garçon Zacharia. Un petit garage incorporé au bâtiment qui sert d’habitation à la famille Jahr nous permet de faire la vidange du camion, le contrôle des niveaux et la pression des pneus.

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    15 décembre 2009

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    Nous quittons Kafr Ammé, Cristel, Zacharia et le camping de pierres pour un site incontournable en Syrie, la basilique de Saint Simeon, le Stylite. La route est difficile mais nous arrivons sur le parking du site et après le passage en caisse nous pénétrons sur les ruines du sanctuaire qui fut de 460 jusqu’au haut moyen âge un haut lieu de pèlerinage pour les chrétiens. Situé sur une colline dans le djebel Seman « Qalaat Seman » domine une vallée de cailloux, de terres rouges et d’oliviers.

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    Saint Siméon "Qualat Saman" 

     

     

     

     

     

     

     

     Depuis le 4ème siècle, en Syrie, des moines, des ermites, pour preuve de leur foi, s’infligeaient de vraies souffrances corporelles « les ascèses » ; ils étaient « les anges ». A ce titre, ils étaient visités et vénérés par les croyants. Siméon, modeste moine décida de vivre sur une colonne de 38 mètres de hauteur ; il y resta 36 ans. A sa mort en 459, un monastère et une basilique furent érigés sur la colline de la colonne et un ensemble hôtelier fut créé pour accueillir les pèlerins. Ceux-ci déferlaient par centaines chaque jour afin de prier le « stylite » nom qui vient du grec « stylos » dont la colonne avait la forme.

    Saint Siméon , les restes de la colonne

    Un baptistère se trouvait à l’opposé de la colonne et ceux qui le désiraient venaient y embrasser la religion chrétienne. Chaque partie de cet ensemble a été partiellement  redressée ; ainsi nous avons une bonne vue de l’organisation et du fonctionnement de ce bel établissement religieux. De l’allée centrale, en contournant la colonne encadrée des quatre parties de la basilique, les pèlerins reprenaient l’allée en sens inverse jusqu’au baptistère où ils accédaient par les escaliers et ressortaient pour se diriger vers les hôtels qui bordaient la voie d’accès. <o:p> </o:p>

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     Saint Siméon, le bâptistère

    Les moines avaient leur monastère, leur église et leur nécropole où ils étaient déposés dans des sarcophages à leur décès. Quelques années plus tard, leurs ossements étaient rangés dans la crypte souterraine, les os longs d’un côté et le crânes de l’autre, cette pratique a encore lieu aujourd’hui dans les monastères orthodoxes.  L’essentiel des pierres et des colonnes sont cependant au sol notamment dans les jardins en étages qu’exploitaient les moines ; on peut y découvrir de belles croix byzantines gravées dans le roc.

     

     

     Saint Siméon, Croix byzantine

     Lors de la visite, nous avons fait connaissance avec Christophe Garcia, comédien et accessoirement professeur de théâtre au cours Florent à Paris. Celui-ci étudie une pièce d’un auteur syrien et il est venu ici pour le rencontrer et s’inspirer de la vie et des coutumes locales avant d’interpréter la pièce prochainement dans un théâtre parisien. Nous l’avons véhiculé jusqu’à Idlib où nous passions pour rejoindre Ebla, but prochain de notre voyage.Nous avons cherché en vain un camping dans les environs qui figure sur notre carte, à Ariha mais nous passons la nuit sur le parking d’un petit parc d’attractions désaffecté.

    <o:p> </o:p>16 décembre 2009<o:p></o:p>

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    Le temps est gris quand nous reprenons la route mais il ne pleut pas et c’est déjà bien. Il nous faut à peine une demi-heure pour atteindre Tell Mardikh entre Alep et « Ma Arrhât An Nu Man » par la quatre voies qui va à Damas.

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     EBLA

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    Ebla, vieille cité mésopotamienne était enceinte d’une muraille circulaire aujourd’hui en plein champ et les parties mise à jour notamment les murs de briques friables ont été recouvertes d’une protection de ciment et de plâtre pour les préserver de la destruction.

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    S’il est relativement aisé d’imaginer devant ces ruines une cité romaine car toutes  sont à peu près identiques, il faut être un spécialiste d’archéologie pour retrouver les grandes lignes architecturales d’Ebla. Nous discernons tout de même les habitations, les citernes d’eau et les grandes portes d’accès mais au-delà, sans précision d’un spécialiste nous sommes un peu « largués ».

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    La pluie qui se met à tomber  nous force à rejoindre notre camion et c’est un peu frustré que nous prenons la direction d’Apamée « Afamya » pour les syriens, plus grande ville romaine du bassin méditerranéen.

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    Nous reprenons la route de Damas et par Ma Arrhât An Nu Man  nous continuons sur Khan Sheikoum gros village syrien au bord de la quatre voies où nous nous arrêtons pour faire un lavage du camion qui est rouge de terre syrienne. Les laveurs se mettent au travail et tout est pour le mieux ; en attendant j’observe le véhicule à côté, une vieille guimbarde noire, capot et portes grandes ouvertes dont deux jeunes assurent le lavage au jet pression. Tout y passe, le moteur, la tôlerie extérieure, du moins ce qu’il en reste, tapis, sièges avant et  arrière, tableau de bord, portes intérieures et extérieures, coffre compris. Le tout dégouline d’eau ; le chauffeur s’assied au volant, les fesses dans l’eau, met en route et s’en va. Bien sûr je suis un peu perplexe mais je suis le seul car la demi douzaine de syriens assistant  à la scène n’a aucun mouvement de surprise. Tout est normal pour eux.

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    Totor a retrouvé sa couleur normale et après avoir réglé le montant de la prestation je me renseigne sur la route à prendre pour aller jusqu’à Afamiha. Les explications sont un peu difficiles pour mon interlocuteur ; aussi me demande-t-il de le suivre. Après avoir enfourché sa moto, nous le suivrons une dizaine de kilomètres dans les méandres boueux du village. Il nous conduit dans la bonne direction et refuse énergiquement le billet que je lui tends ; il nous dit au revoir avec un grand sourire et disparaît avec sa moto. Brave garçon ; merci de ton aide toi le laveur de voitures de Khan Sheikoum.

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    La pluie se remet à tomber et malgré une signalisation quasi inexistante nous arrivons à Qualat al Mondiq village dominé par une grosse forteresse tout là haut au dessus d’un éperon rocheux. Après quelques courses dans le village nous prenons la route qui grimpe à la citadelle ; celle-ci très raide nous mène à la porte principale très étroite et nous devons manœuvrer pour y entrer et en sortir puisqu’elle est occupée par les habitants qui ont investi Qualat al Mondiq « la citadelle du défilé » au fond duquel coule l’Oronte.

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    Les Hittites, les Perses et Alexandre l’occupèrent tout à tour mais c’est vers l’an 300 de notre ère qu’elle déborda largement sur la plaine du Ghab pour devenir une des plus grandes cités du monde antique avec son avenue aux mille colonnes dont quatre cents ont été relevées. Entourée par une muraille de 7 kms, elle pouvait atteindre 10 mètres de hauteur d’après les archéologues.

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    Traversée du nord au sud par un immense cardo de 2 kms, accessible par les deux portes principales, elle avait la même organisation architecturale que la majorité des autres villes romaines. Une colonne votive se dresse au centre du cardo au nord de la ville. Apamée fut entièrement détruite par un terrible séisme en 115 et entièrement reconstruite au cours du 2ème siècle.

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    Nous passons la nuit devant le restaurant à l’entrée du site et la pluie ne cessera pas jusqu’au matin.

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    17 décembre 2009<o:p></o:p>

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    D’Afamya jusqu’à Hama (Epiphania) il n’y a qu’une quarantaine de kilomètres que nous effectuons pour aller voir les fameuses norias. La ville est accessible par de grandes et larges avenues et nous sommes invités par la police locale à stationner notre bus juste en face de la porte du parc dans lequel l’Oronte fait un coude et nous pouvons admirer les norias Al Jisnyé, deux grandes roues à godets qui ne fonctionnent qu’en été pour alimenter en eau les jardins.  Avec l’évolution, celles-ci n’auraient plus de raison d’être mais pour conserver son air traditionnel, la ville les entretient grâce au savoir-faire de quelques charpentiers de norias qui se transmettent leur métier de manière orale.<o:p> </o:p>

     

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    Hamma la noria

    Un peu plus loin sur l’Oronte, la plus grande noria du parc Al Mamouriye alimente un aqueduc ; pour l’approcher, nous avons l’autorisation d’un sympathique restaurateur qui nous ouvre le portail de sa terrasse. Nous faisons un petit tour dans les ruelles de la vieille ville avant de reprendre la route pour Tartus via Masyaf.

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    Hamma noria Al Mamouriye
     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     A partir de Masyaf, la route s’élève car nous traversons le « Jabal an Nasayriyah ». C’est sous la pluie et dans le brouillard que nous passons le sommet à Wadi al Liyun » avant d’entreprendre la longue descente jusqu’à Tartus au bord de la Méditerranée dont les vagues poussées par le vent d’ouest viennent s’éclater sur les rochers du port.

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    Hamma les norias
     

     

    C’est en vain que nous cherchons le camping mentionné sur notre carte malgré l’aide d’un policier et de deux taxis. Finalement, nous sommes guidés par « Charbi », le taxi qui nous conduit jusque sur le parking du « département de l’immigration et des passeports » qui jouxte un grand parc où des cygnes noirs et des canards barbotent dans les bassins.

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    Le grand immeuble administratif en verre qui nous fait face arbore en son sommet trois immenses portraits du Président Bachar al Assad dont celui du centre le représente les bras tendus et c’est sous sa protection  et celle de la mosquée voisine que nous plaçons Totor pour y passer la nuit. Nous visitons le parc et ses abords où déambule une escouade de marins russes en bordée avant de rejoindre notre camion.

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    Nous sommes à l’apéritif Jo et moi quand notre taxi vient nous rejoindre avec femme et enfants pour s’assurer que tout va bien pour nous. Nous les invitons à bord, Charbi n’a rien contre le raky (apéritif anisé turc)et nous passons une heure ensemble ; ils sont très intéressés par notre camping-car que nous leur faisons visiter de fond en combles.

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    18 décembre 2009

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    Le temps est calme ce matin bien que des nuages lourds roulent dans le ciel de Tartus et nous prenons la voie rapide qui mène vers Homs durant une quarantaine de kilomètres avant de prendre sur notre gauche la direction de « Qalaat al Hosn », le site du célèbre « Krak des Chevaliers ». Les gros orages déversent des torrents d’eau sur les routes du Djebel Ansaryé qui grimpe à 650 m d’altitude en quelques kilomètres avec des épingles à très forts pourcentages.

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    La montée vers le Krak des chevaliers
     

     

    Totor traîne ses cinq tonnes et demi au travers des barrages de pierres et de boue descendus de la montagne, les rafales de vent nous accompagnent jusqu’au parking à une portée de flèches du Krak dont nous avons repéré la silhouette massive de très loin. Ce château fort fut dans ma mémoire le haut lieu des batailles des croisés contre les musulmans sur la route de la terre sainte dont ils devaient assurer la protection.

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    En l’approchant, à pieds depuis le parking, j’imagine bien les énormes difficultés rencontrées par les envahisseurs, déjà pour parvenir sous ses tours. En regardant vers le bas de la montagne, la pente est impressionnante d’autant que la route qui mène au château  n’était pas asphaltée à l’époque. Puis, une fois au pied de cette masse de pierres, le problème restait entier, pas étonnant que les troupes de Saladin s’y soient « casser les dents » en 1183.

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    Le Krak des Chevaliers
     

     

    Le Krak tombera lors de la 8ème croisade après cinq semaines de combats peu après la mort de Saint Louis devant Tunis ; il ne restait qu’une soixantaine de chevaliers pour le défendre en 1271.

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    En parcourant la route qui contourne le château pour accéder à la porte d’accès, nous dominons les villages qui approvisionnaient ce bastion ; étrangement, une église au centre de l’un d’eux exhibe sa croix bleue alors que les minarets alentours appellent à la prière.

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    Le Krak des Chevaliers

     

    C’est une grande rampe d’accès qui permettait aux chevaux de rejoindre les grandes écuries voûtées et aux soldats, les lieux de vie et de travail du château. Salles de garde, magasins, puits, four à pain, cuisines, salle capitulaire, chapelle, cours d’exercices et bien entendu les remparts d’où la vue sur le fond de la vallée et au-delà est impressionnante.

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    Dommage que cette visite fut gâchée par les orages et le vent. Nous avons envisagé de rester sur le parking pour passer la nuit mais la puissance du vent nous incite à quitter les lieux. Ainsi, après une descente au pas et plusieurs kilomètres après Homs sur la quatre voies qui mène à Damas, nous nous retrouvons sur un parking en cailloux en plein désert, seuls sous des rafales de vent qui nous empêchent de dormir une bonne partie de la nuit, ce qui confirme la véracité du diction : « l’herbe est toujours plus verte dans le prés d’à côté ! ».

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    19 décembre 2009<o:p></o:p>

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    Damas ! Après les orages et les rafales de vent de ces derniers jours, nous retrouvons un temps plus calme et plus lumineux. Le paysage change également, les terres rouges et caillouteuses recouvertes d’oliviers quasiment jusqu’à Homs se transforment en steppe de pierres, de terre argileuse et de sable. Sur notre droite, nous apercevons les montagnes du Liban dont les plus hauts sommets sont sous la neige.

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    Nous oublions le monastère de « Mar Mousa » non loin de Nabek dont un manuscrit syriaque fait allusion en 575. Abandonné vers le 17ème siècle, il fut restauré par un Jésuite italien qui y fonda sa propre congrégation ; il œuvre pour le dialogue entre chrétiens et musulmans avec sa petite communauté de cinq moines et cinq religieuses européens et francophones. Nous oublions également Ma Loula, dernier village où les habitants parlent l’araméen, langue du Christ.<o:p></o:p>

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    Damas
     

     

    L’approche de « Damascus » Damas, comme toutes les grandes capitales du monde se fait dans un flot grandissant de véhicules de toutes natures et la ville apparait immense sous un halo de brumes. Les coupoles et les minarets dominent le paysage de tours modernes et de constructions sans grâce. Ce n’est plus l’oasis verdoyantes des bédouins mais Damas doit cacher ses trésors dans les murailles de la vieille cité, à nous de les découvrir.<o:p></o:p>

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    Damas la mosquee des Omeyades
     

     

    Pour l’heure, nous contournons la ville par la quatre voies qui mène en Jordanie ; notre but, trouver le camping situé à Al Kaawé, une dizaine de kilomètres après Damas. Encore une fois malgré l’aide d’un autre taxi, nous ne le  trouvons pas mais je dois dire que celui-ci n’a rien fait pour trouver ; il nous a amenés au centre de Damas en chargeant à notre compte deux de ses compagnons ; il nous réclame 1000 livres (13 €) et nous plaque là.

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    Un peu désappointés, nous décidons de nous rendre à l’aéroport qui nous semble pratique dans un premier temps  et nous aviserons pour la suite. Notre camion garé sur un immense parking gardé, nous passons la nuit au calme, nous entendons  à peine les avions car nous ne sommes pas dans les trajectoires.

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    20 décembre 2009<o:p></o:p>

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    Il y a de la brume sur le parking de Damascus Airport mais la température est relativement clémente. Nous prenons un taxi qui nous dépose vers la gare Hedjaz car nous souhaitons changer de l’argent et les banques sont dans ce quartier. Sur le trottoir, un Monsieur nous interpelle en français et nous propose de nous aider. Dans un français parfait, il nous propose gentiment de mettre un de ses ordinateurs à notre disposition pour notre besoin d’Internet.  

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    Damas le souk
     

     

    Il nous explique avoir été guide durant quinze années et que maintenant il dirige sa propre agence de voyages : MITHRA TRAVEL TOURISME au 17ème étage de la tour qui se trouve devant nous. Il a fait ses études littéraires à Damas et de très nombreux voyages en France dans le cadre de son travail. Il aime la France qu’il perçoit comme sa seconde patrie et nous échangeons sur le tourisme en Syrie autour d’un thé.

     

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    Damas

     

    Dans la conversation, il me dit être ami avec un médecin qui a officié à Metz durant 5 ans, le joint par téléphone et une demi heure plus tard, nous sommes présentés au Docteur Riad Kahal, ex –médecin de l’hôpital Notre Dame du Bon Secours et ex-urgentiste. Aujourd’hui, Riad est guide pour la Syrie ; de grande culture, il a été sollicité par son gouvernement la semaine dernière afin d’accompagner Christine Lagarde, notre ministre de l’économie dans sa récente visite de Damas. Il a également  servi de guide à Jack Lang et sa femme Monique lors d’un de ses déplacements en Syrie ; il a beaucoup apprécié l’homme et sa vraie modestie. Bien entendu, nous avons parlé de Metz et aussi de Maizières-les-Metz car sa belle famille y réside.

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    Ce fut un moment très agréable pour nous de parler français car depuis notre départ de Metz, nous n’en avons guère eu l’occasion.

     

    21 décembre 2009

    Une dernière nuit sur le parking de l’aéroport de Damas et nous prenons la route du sud qui doit nous conduire vers la frontière jordanienne. Il fait très beau et on roule bien sur la grande quatre voies ; il y a beaucoup de cadavres de gros chiens au bord de celle-ci, victimes des véhicules qui circulent à grande vitesse. Je me suis souvent interrogé sur ces chiens errants, ils se ressemblent tous et sont de taille importante. En fait, ceci est compréhensible si on admet que ceux-ci vivent quasiment à l’état sauvage et que les petits chiens n’ont aucune chance car c’est la loi du plus fort qui règne dans les meutes et  la route assure une certaine régulation de la population canine.

    Nous quittons sur notre gauche la quatre voies pour prendre la direction de Bosra afin d’y visiter le site antique qui, d’après notre guide bleu, a la particularité d’être encore habité par endroits. Nous arrivons dans la ville sur une place où il est possible de stationner et nous nous positionnons à côté du premier camping-car français que nous rencontrons depuis notre départ, en face d’un restaurant qui nous fournira les prestations d’un terrain de camping standard.

    Nous sommes accueillis pas Zakaria, sympathique garçon qui assure le fonctionnement du restaurant en l’absence du propriétaire actuellement en vacances en France d’où sa femme est originaire. Zakaria parle un bon français appris sur le tas avec les archéologues qui travaillent sur le site antique et avec lesquels il trouve un travail temporaire chaque fois qu’une mission française intervient. Il connaît très bien l’histoire de sa ville et sert également de guide à l’occasion.

    ZAKARIA

    Une fois installés, nous faisons le tour de la place où nous sommes des curiosités pour les enfants qui vont à l’école et pour les adultes que nos camping-cars intriguent.  Nous faisons connaissance avec nos voisins français originaires du Luc en Provence, bien connus dans le monde du camping-car puisqu’ils ont fait l’objet d’un reportage télévisé pour l’originalité de leur projet : faire le tour du monde en camping-car avec leurs deux enfants durant quatre années. La famille MAYET, Denis, Nathalie, Océane, Timothée et leur « Tortue Sélène » capucine sur porteur Ford qui lui sert de maison, est plutôt sur la fin de leur périple.

    Il se trouve, qu’aujourd’hui, 21 décembre, est le jour de mon anniversaire ; l’occasion est belle de fêter cela ensemble autour d’une flûte de champagne. Personnages sympathiques et attachants, nous nos sentons bien ensemble et nous poursuivons la soirée autour d’un repas typique jordanien à base de pommes de terre, d’oignons, de viande hachée.

    Denis et Nanou Mayet

    Denis, dentiste de profession, exerçait à Paris avant de rejoindre le Var où avec sa gentille femme Nanou, un jour, ils décidèrent de changer momentanément de vie pour voyager. La décision de le faire en camping-car ne s’est pas imposée à priori car ils n’avaient aucune expérience dans le domaine. Mais dès qu’ils furent décidés, ils achetèrent leur camion très vite et avec leurs enfants Océane et Timothée, ils ont pris la route de …. L’Argentine, au hasard car ils n’avaient aucune feuille de route.

    Puis la liste des pays visités s’allongeant et l’expérience grandissant, ils ont enfilé les kilomètres et rien qu’à les entendre parler avec passion de tortues, d’iceberg, de mygales, je comprends bien  ce qu’ils ont vécu. Mais, voir la flamme qui brille dans les yeux de « Timo » parlant des caïmans du Brésil et de la destruction de la forêt amazonienne, je sais le bonheur de cette famille construit autour du monde, de ses merveilles et de ses réalités moins roses.

    Ils vont terminer tranquillement leur grand voyage par la Turquie puis l’Iran avant de retrouver leur maison dans le Var pour le plus grand bonheur d’Océane qui, maintenant, souhaite vivre sa vie d’adolescente auprès de ses copines ; quoi de plus normal !

    22 décembre 2009

    Le lendemain, nous avons visité ensemble les ruines de Bosra avec les explications avisées de Zakaria tout en continuant à échanger avec Denis et Nathalie car nous sommes avides de conseils et de bons plans pour la suite de nos voyages. Je souhaite ici les remercier pour la gentillesse qu’ils ont manifestée à notre égard. Ils relatent leur aventure sur le site : www.latortueselene.com.

    C’est un peu triste que nous les voyons reprendre la route ; que le bonheur soit sur eux, toujours !

    20 – 21 – 22 janvier 2010 – retour en Syrie (Bosra)

     

    Nous somme repartis en milieu d’après-midi vers Amman qui se trouve à environ 150 km de Béthanie et sommes allés nous réfugier sur le parking « long séjour » de l’aéroport où nous passons la nuit normalement.

     Au matin, nous prenons la direction de la frontière jordano-syrienne que nous atteignons vers 15 h ; les formalités accomplies, pas de problème à signaler ; nous retrouvons la Syrie comme nous l’avons quittée, grise et sale.

     Nous retournons sur Bosra, chez notre copain Zakaryia que nous trouvons endormi sur un bat-flanc dans le restaurant vide. Une fois sorti de nimbes, celui-ci nous prépare un thé que nous consommons près d’un radiateur électrique car il ne fait pas chaud sur Bosra en ce moment.  Ensuite, nous installons notre camion et passons la nuit au calme.

     Nous nous sommes promenés dans Bosra et avons fait quelques courses ; le soir, Zakaryia nous a invités dans sa famille. Celle-ci occupe une des maisons nabatéennes du site antique de Bosra, c’est-à-dire une maison vieille de 2400 ans. D’autres familles bien sûr occupent encore quelques maisons mais de plus en plus, les autorités les délogent dès lors que les vieux disparaissent.

     

    Bosra, maison nabathéenne

    Bien entendu, l’intérieur a été un peu réaménagé mais les vieux murs de pierres des maisons qui n’ont pas été en terrés depuis des siècles sont toujours debout.  Nous sommes dans une grande salle de 20 m2 environ, assez haute de plafond, une seule porte, une seule petite fenêtre pour communiquer avec l’extérieur et une petite cheminée ajoutée probablement. Un poêle à mazout trône au milieu de la pièce, alimenté par le goutte-à-goutte d’un petit réservoir de 2 litres environ, solidaire du fourneau. Je n’ai jamais vu ce genre d’appareil avant de venir en Syrie, mais relié à la cheminée par un tuyau en tôle, il distille une douce chaleur dans cette grande pièce.

     C’est Amina, la maman qui nous fait l’honneur de sa maison. Jo et moi sommes présentés aux sœurs, belle-sœur, nièce, femme et enfant de Zakaryia ; lui et moi sommes les seuls hommes au milieu des 6 femmes dont il assume seul la charge. Des coussins disposés tout autour de la pièce, une petite étagère en bois où siège un téléviseur sont les seuls meubles ; nous nous installons autour d’un grand plat garni de nourriture servit par Malak, la belle sœur de Zakaryia.

     Après le traditionnel café de bienvenue, nous dinons à même le sol ; Mounira, sœur de Zakaryia, nous sert les galettes de pain qu’elle réchauffe au corps du fourneau. Un dernier café et nous prenons congé de cette grande famille ; merci Zakaryia de nous avoir ouvert ta maison !

     

     22 janvier 2010 – Palmyre

     

    Par une route droite et monotone, la N3, nous avançons vers l’est de la Syrie en direction de Palmyre. C’est le désert occupé çà et là par les grandes tentes brunes des bédouins. Des troupeaux de moutons ou de chèvres lèchent les cailloux sous l’œil des bergers qui ne sont parfois que des enfants de huit ou neuf ans peut-être.

     

    Sur la route de Palmyre

    Après les pluies récentes, la steppe reverdie par endroit aussitôt investie par les troupeaux. Le temps est beau et clair et nous voyons très loin le sable et les cailloux. Les camions qui nous dépassent à grande vitesse nous klaxonnent gentiment pour nous saluer. A la tombée de la nuit, nous arrivons à Palmyre et au premier rond point, nous nous arrêtons pour demander un endroit pour stationner. Aussitôt, plusieurs personnes se mettent à notre service dont des policiers arrivés peu après nous.  Tous tombent d’accord pour nous indiquer un grand parking pour bus à 300 mètres environ ; nous nous y installons parmi les enfants qui jouent au foot. Une guérite au bord de la route et un homme armé, nous serons en sécurité.

     23 janvier 2010

     
     Au matin, nous prenons la direction du site antique tout proche pour nous installer sur un emplacement de l’hôtel « Zenobia » référencé sur notre « guide Michelin ». Au milieu des ruines de l’ancienne cité caravanière, fief de la souveraine arabe Zénobie, nous sommes aux premières loges pour admirer le « château arabe » dans le soleil du matin. Dressé sur son tertre à près de 1000 mètres d’altitude, il domine la palmeraie, plus célèbre oasis d’orient déjà mentionnée dans l’ancien testament sous son nom arabe « Tadmor ».

     

    Palmyre, le chateau arabe

    Nous pénétrons dans Palmyre la romaine par l’arc monumental qui ouvre sur la grande voie des colonnades longue de 1200 mètres. Nous la remontons jusqu’au temple funéraire qui en marque l’extrémité nord. Au passage nous voyons sur chaque colonne l’emplacement qui recevait les statues des divers personnages et notables de l’oasis.

     

    Palmyre, l'arc monumental

    Nous passons également devant le tétrapyle qui marque le centre du cardo ; les séismes qui ont secoué la cité au cours des âges ont enterré une partie de la voie et il est difficile d’en suivre le tracé. Depuis le temple funéraire, nous avons une vue admirable sur le site. Par la voie des colonnes transversales qui part du temple, nous nous dirigeons vers la nécropole où d’étranges « tombeaux-tours » jalonnent la vallée. Les Palmyréniens se faisaient inhumer en famille dans ces tours funéraires où dans des caveaux souterrains, les hypogées ; il en existe environ 400 autour de la ville.

     

    Palmyre les tombeaux

    La voie transversale aboutit à une place ovale. Sur la droite de la voie, une porte donne accès au « camp de Déoclétien » dressé après le déclin de Palmyre pour devenir une ville de garnison romaine. Une large voie mène au « Sanctuaire des enseignes » ; c’est là qu’étaient déposés les étendards des légions.  Par la vallée des tombeaux, nous marchons jusqu’à la palmeraie où nous rejoignons la route qui conduit au « temple de Bêl » dédié au dieu favori des Palmyréniens. Ce grand temple était accessible par une rampe processionnelle qui menait à l’autel des sacrifices au centre de l’esplanade où était la demeure du dieu. Cet édifice étant le mieux conservé, il ne se visite que contre monnaie sonnante.

     Nous reprenons la route des colonnades en passant sous l’arc monumental pour rejoindre par la droite le temple de « Baalsahrmin » autre dieu local auprès duquel se trouve l’hôtel  « Zenobia » où nous attend notre camion.

    24 janvier 2010

     

    Au matin, j’ai rendez-vous avec un employé de l’hôtel qui s’est proposé pour laver notre camping-car qui, soit dit en passant, en a bien besoin. Une fois préparé le matériel soit un tuyau d’arrosage et un balai, notre homme ne commencera le lavage qu’une fois la somme réglée. Après bien des palabres, nous nous entendons sur un montant de 10 € qui représentent le prix moyen de 2 jours de travail pour un employé syrien.

    Au milieu de son œuvre, il s’arrête et m’invite à vérifier la qualité de sa prestation qui n’est pas terrible mais que j’accepte. Notre gugusse me fait comprendre qu’il  souhaite une augmentation pour terminer car ses chaussures sont trouées et il a besoin de les changer. En français puis en anglais, puis en turc (pas en syrien, je ne connais pas la langue) je l’envoie se faire voir ….. Chez les grecs. Le bonhomme sous traitera la finition à un de ses collègues, le résultat : un travail de cochon, inadmissible en Syrie.

    25 janvier 2010

     

    Toujours plus à l’est, nous prenons la route N3 qui nous mène à Deir ez Zor. Cette ville n’a rien de particulier si ce n’est qu’elle est la capitale pétrolifère de la Syrie. Elle connaît un essor nouveau grâce à l’or noir et à l’afflux des techniciens étrangers et des ouvriers venus de tout le pays. Deir ez Zor fut également une des étapes du martyre arménien. Déportée en masse en 1915 par l’armée turque, la population arménienne survivante des massacres va se réfugier à Deir ez Zor ; elle y fut poursuivie par ses tortionnaires et de nombreuses exécutions sommaires furent perpétrées. Aux alentours de la ville, ont été retrouvés dans des grottes, les ossements de dizaines de milliers d’arméniens ; un mémorial a été dressé dans l’église de la communauté.

     

    Deir ez Zor la place Hafez El Assad

    La circulation en ville est très pénibles et nous renonçons vite à trouver une place pour notre camion ; au pas, nous reprenons la route d’Alep et choisissons un espace un peu retiré juste au bord de l’Euphrate à 4 kms de Deir ez Zor. Une fois installés au bord du grand fleuve dont 600 km coulent en Syrie, nous pouvons tout à loisir observer la vie des petits villages côtiers qui nous font face. C’est la fin de la journée et les troupeaux de moutons et de chèvres viennent s’abreuver tandis que les bergers et bergères en profitent pour jouer entre eux. Si les bergers se mélangent, les troupeaux non, quelques jeunes et les chiens y veillent attentivement.

     

    Deir Ez Zor Jo dans la ville

    L’Euphrate, à l’endroit où nous sommes, fait une grande boucle et son courant est rapide dans les roseaux qui le bordent sur l’autre rive ; une foule d’oiseaux cohabitent, cela grouille de vie. Un peu plus haut sur la berge, le cadavre d’un gros animal difficilement identifiable qui pourrait être une vache ou un âne ou un cheval est la proie de deux grands chiens. Les pies, corbeaux et charognards divers se disputent leur part de butin. Un autre chien repu git dans un sommeil profond non loin de la carcasse.

     

    Le soir qui descend sur le fleuve apporte le silence qu’un muezzin, au loin, vient troubler de son chant. A voir les eaux rapides de l’Euphrate, on a du mal à imaginer que l’eau est et sera de plus en plus un problème majeur pour la Syrie. Celle-ci, en plein développement agricole, devient de plus en plus gourmande en eau alors que la Turquie a déjà réduit le débit du fleuve de 40 % pour ses propres projets. Israël, tout en occupant toujours plus de terres palestiniennes, détourne en masse les eaux du lac de Tibériade et du Golan, obligeant ainsi la Syrie à détourner les eaux du Yarmouk provoquant ainsi des tensions avec son voisin jordanien.

     

    Deir Ez Zor l'Euphrate

    Syrie, Turquie, Israël et Jordanie se livrent une guerre de l’eau qui tôt ou tard provoquera un conflit durable.

     Cela faisait environ 1 heure que nous étions couchés quand le faisceau d’une lampe électrique éclaira la chambre du camion ; j’aperçus la tête de celui qui tenait la lampe dans la fenêtre arrière dont le rideau occultant n’était pas tout à fait remonté. Je pensais à une visite policière et sortit rapidement du lit. En ouvrant la porte du camion, je vis trois individus dont le porteur de la lampe qui était tout prêt et les deux autres, en retrait. Le premier me fit comprendre qu’il voulait des cigarettes et de l’argent. Je lui criais :<< NON>> et voulais fermer la porte quand le gaillard la bloqua de la main. Je saisis le club de golf que je transporte à toutes fins utiles dans le camping-car et sautais en bas assez déterminé à ne pas m’en laisser compter. L’un des trois lascars, moins hardi peut-être, dit :<< OK ! >>parla aux deux autres et le trio disparut dans la nuit.

     

    En remontant dans le camion, je vis Jo, debout, la poêle à frire dans une main et une scie à pain dans l’autre ; elle non plus n’était pas résolue à subir ! La nuit fut courte et l’oreille aux aguets, je fis plusieurs sorties nocturnes afin de m’assurer que tout était calme. Au petit matin, nous nous endormions du sommeil du juste.

     

    26 janvier 2010

     

     

    Nous retournons sur  Deir Ez Zor  et stationnons Totor  dans une rue proche d’un établissement militaire et passerons une bonne partie de la matinée à déambuler dans le souk coloré de la ville. Il fait beau  et nous éprouvons  un grand plaisir à faire quelques emplettes au milieu de la foule bruyante des badeaux. Les commerçants  arrangent la foule et nous interpellent pour nous proposer leurs produits. Des immenses étales débordent  de fruits ou de légumes aux couleurs bigarrées astiqués pour la circonstance et rangés avec soin sur les planches.

    Deir Ez Zor le souk

    Nous rendrons visite au boulanger qui nous fera une belle démonstration de son savoir faire dans un four archaïque alimenté par une bouteille de gaz.  Le commerçant d’à côté, fabriquant de  pizzas tient absolument à ce qu’on lui tire le portrait et pose avec  fierté  devant sa vitrine.

    Deir Ez Zor la cuisson des pizzas

     Nous avons repris la route et rejoint le camping de Kafr Ammé où nous avons retrouvé la famille Jahr pour une nuit plus reposante avant de quitter la Syrie par la frontière de Bab al Hawa que nous connaissons bien.

     

    27 janvier 2010

     

    Nous faisons nos adieux à Cristel et sa famille et sous le soleil mais dans le froid soufflé par le vent du nord, nous effectuons rapidement les quelques kilomètres  qui nous séparent de la frontière.

    Documents en mains nous partons à l’assaut des différends  bureaux, guichets, check points, de l’administration douanière syrienne. Nous rebondissons de l’un à l’autre comme balles de ping- pong  au grès de chacun mais dans une bonne humeur relative. Nous nous retrouvons devant la  grille de sortie deux heures plus tard mais nous n’avons pas acquitté la taxe de sortie. Il  nous faut trouver le bureau qui va bien et ce n’est pas gagné. Je sens ma Jo en ébullition d’autant qu’arrive en courant notre « roi du bakchich », douanier  syrien de son état. Hourra ! La main sur le cœur, il va nous sortir de notre embarras  en moins de temps qu’il ne lui en faut d’habitude pour soutirer quelques livres syriennes à des gogos de notre acabit. Il nous retire des mains le papier bleu qui va bien et disparaît dans la foule des transitaires qui encombrent la zone. Il réapparaitra en petites foulées un quart d’heure plus tard tel le sauveur et nous réclame le montant de la taxe de sortie plus cent livres pour service rendu. Ma Jo qui rongeait son frein depuis un certain temps lui vole dans les plumes, récupère son papier, lui paye la taxe moins cent livres pour ses bonnes œuvres et fière comme Artaban grimpe dans son camion. Le portail s’ouvre et nous quittons la Syrie plantant là notre zigoto 

    éberlué. Je lis dans les méandres du  cerveau de Jo comme dans un livre ouvert, je crois y apercevoir… un doigt d’honneur ! Oh ma Jo. Son sourire fait plaisir à voir.

     

    Conclusion :

     

    La Syrie est un pays d’histoire millénaire dont les traces  y sont visibles plus qu’ailleurs peut être. Passé historique, passé religieux, passé commercial, passé d’échanges, passé de traditions, le pays s’appuie sur son passé pour survivre mais restera à mes yeux, un pays du passé. Même si le jeune président actuel a donné l’illusion d’un changement   résolument tourné vers l’avenir, les vieilles habitudes et les vieilles pratiques sapent les lents progrès engagés.  Les syriens sont des gens attachants au contact spontané et sincère, ils accueillent sans retenue, leur charme est indéniable. Le pays est gris et sale, l’Islam omniprésent et en plein  essor. La nature y est belle par endroit même si le désert aride domine. Les grandes villes au développement anarchique dressent des immeubles de béton sans charme, les villages traînent  plusieurs siècles  en arrière et certains deux mille ans.  Même si un certain modernisme existe ça et là, la misère n’est pas loin et une certaine résignation  bien palpable.

    Ceci n’est que mon humble avis, c’est mon ressenti  au bout de quelques semaines  passées a sillonner librement la Syrie en camping-car.

      Ceci dit, je ne bouderai pas mon plaisir, la Syrie est un pays incontournable dans la vie d'un camping-cariste, j' ai éprouvé beaucoup de bonheur a faire ce voyage même si aucune structure n'éxiste pour nous.  

      

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

      

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

     

     

     

      

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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     Maintenant, nous roulons sans relâche et  atteignons Stuttgart en Allemagne où nous nous installerons sur le camping du parc du Neckar. Une fois installés, nous dinons et allons faire un tour à pieds dans les environs. Le camping se trouveàcôtéd’uneimmense place où une dizaine d’immenses structures légères sont en cours de démontage.

     Les enseignes des grandes marques de bières allemandes sont encore visibles ; nous avons manqué la grande fête de la bière de Stuttgart, peut-être que demain nous aurons plus de chance à Munich, prochaine étape de notre parcours et capitale mondiale de la spécialité.

     Nous marchons le long du Neckar et grimpons des escaliers qui donnent accès à un pont métallique qui surplombe la piste d’essai de Mercédès d’ où nous voyons les voitures de la marque en pleine vitesse « 176 km/h » comme le montre le panneau lumineux que nous avons sous les yeux.

    Stuttgart est la ville du n° 1 allemand de l’automobile, la « Mercédès Arena » domine la ville de sa magnifique structure moderne en aluminium anodisé.

     Nous regagnons le camping et passons devant le « bistro » du parc, fréquenté par un groupe d’allemands au verbe haut, compagnons indésirables que nous subissons jusqu’au matin, vu que nous sommes installés à proximité.

    25 octobre 2009

     Nous sommes passés à l’horaire d’hiver et alors que nos teutons tonitruants sont couchés, nous nous levons sous un ciel gris et pluvieux. Après douche et petit déjeuner, je me rends au local « vaisselle » et fais la connaissance de notre voisine allemande qui bivouaque avec son  mari à bord de leur combi « Wesphalia ».

    Nous entamons une conversation sur notre sport favori, le camping car, elle, en français basique et moi, en allemand rudimentaire. Malgré tout, nous nous comprenons très bien ; elle aime bien la France, surtout le sud, mais aussi les châteaux de la Loire qu’elle connaît beaucoup mieux que moi.

    On parle également de Monet, son peintre préféré dont elle vient de visiter la propriété à Giverny. Parfaitement en accord sur le sujet, nous parlons de l’artiste à bâtons rompus ; elle peint en amateur à ses heures. Par instant, les mots nous manquent mais j’ai bien compris que nous nous quittions à regret. Vers neuf heures, Jo se met aux commandes de notre vaisseau et nous quittons Stuttgart pour Marbach an der Donau, entre Linz et Vienne en Autriche où nous avons repéré un camping. Nous empruntons les autoroutes qui nous permettent d’avancer rapidement mais même au « taquet », à 110 km/h, Totor, voit défiler les bolides allemands car ici, la vitesse n’est pas limitée et les péages inexistants. Nous passons la frontière autrichienne à Passau  et faisons une halte pour acheter la vignette obligatoire pour circuler sur les autoroutes du pays. Je remplace Jo au volant et faisons connaissance avec  le Danube que nous traversons à Degendorf, puis nous  rencontrerons régulièrement le « fleuve romantique »  jusqu’à Marbach an der Donau où nous trouvons notre camping  juste au bord, rive gauche. Nous installons notre camion face au fleuve et regardons passer les bateaux. Aujourd’hui nous avons parcouru 608 kms mais je n’apprécie pas  d’ignorer les villes magnifiques que nous traversons, mais Jo est là pour me rappeler que « c’est pour la bonne cause ».

     

    Coucher de soleil sur le Danube à Marbach (Autriche).

    26 octobre 2009

     Ce matin, nous nous sommes réveillés avec le jour à 6 h 00, avant notre réveil programmé à 7 h 00. Ainsi avons-nous pu assister au lever du soleil sur le Danube par un beau temps automnal. Nous quittons Marbach à 9 h 00 et roulons en direction de Kecskemét au sud de Budapest où un camping est localisé. Il fait doux et Jo roule, décontractée, les yeux sur les Alpes que l’on devine au loin.Par l’autoroute M1, nous entrons en Hongrie à Neckeldorf où il faut s’acquitter du prix de la « vignette » autoroute à 1170.00 HUF soit 5.50 €, décomposé ainsi :

    H Matrica (vignette) 4 napos (4 jours)                   936.00 HUF

    WW 25.00 % (TVA ?)                                      234.00 HUF

    Készpénz (total)                                                        1170.00 HUF

     Ici, il faut rouler feux de croisement allumés. Le brouillard tombe au fur et à mesure que nous avançons. Sur cette autoroute circule un nombre incalculable de camions, c’est la seule grande voie de circulation reliant l’est à l’ouest, la Hongrie est la plaque tournante du fret provenant de Turquie et au-delà, à l’est, la Grèce, la Roumanie, La Bulgarie, la Tchéquie, etc.… Toutes les grandes sociétés européennes de transport sont présentes à Györ et Budapest.Aux abords de Györ, nous surplombons la ville et l’image que nous avons sous les yeux  semble sortie d’un album de l’époque soviétique ; tous les immeubles sont laids.Nous sortons de l’autoroute pour entrer dans la ville de Kecskemét et arrivons devant le camping de la ville qui est fermé et en réparation. Nous nous installons sur le parking du stadium qui se trouve juste en face et j’irai assister à une séance d’entraînement de l’équipe fanion de football. A 16 h 00, la nuit est tombée mais la ville vit. Nous voyons encore circuler quelques Traban. 

    Budapest

     27 octobre 2009

    Il a plu cette nuit mais le soleil est revenu vers 8 h 00. Nous nous sommes réveillés avec le jour à 6 h 00. Je suis content car notre chauffe eau fonctionne très bien et nous avons pris notre douche  à bord. Un peu de chauffage pour tempérer la cellule et nous petit-déjeunons  avec les infos de « France Infos ». Nous nous remettons en route et faisons une escale à « Auchan » Keczkémet pour liquider les 4000 forints hongrois qu’il nous reste soit 18 €. 1 € = 212,727 HUF   1 HUF = 0,00470 €

     Nous passons la frontière hongro-serbe à Röske ; il est 10 h 00, nos passeports sont passés à la loupe par une douanière hongroise blonde et par un douanier serbe coincé qui monte à bord histoire de voir  comment est l’intérieur plus que pour vérifier si nous ne transportons pas un passager clandestin . La Serbie est une immense plaine agricole, plate comme la main traversée par l’autoroute E75 quasiment rectiligne. Nous apercevons Novi Sad sur notre droite et traversons Belgrade en pleine reconstruction et le Dunav (Danube serbe).  Nous n’apercevrons que ça et là quelques villages au loin mais n’en verrons véritablement aucun durant toute la traversé de la Serbie.

     A quelques kilomètres au sud de Belgrade, nous stationnerons sur une aire de camping dans la cour d’un motel, il est quinze heures et nous avons parcouru 340 kms. J’en profite pour faire le plein d’eau et  remplacer un fusible car il n’y a plus de voyant d’huile moteur, de freins, d’escalier escamotable depuis Metz, après l’intervention chez Mercedes. Je n’attendais que l’opportunité pour le faire mais ce que nous n’avions pas remarqué, c’est l’absence de feux stop et du klaxon, autrement dit, nous naviguons depuis Metz sans stop ni klaxon. C’est en regardant le schéma électrique et après essai que je me suis rendu compte de la chose. Le fusible changé tout est rentré dans l’ordre.

    La nuit tombe vite par ici, donc nous fermons la maison jusqu’à demain.  Nous passerons en Bulgarie et comptons traverser Sofia et arriver à Plovdiv.

     

     Plaine Serbe

     28 octobre 2009

     Nous avons donc passé la nuit sur le parking du motel « Jerina » au bord de l’autoroute et nous l’avons bien entendu ! J’ai pris ma douche dans une chambre du motel car le camping est fermé. Jo préfère celle du camion.Nous reprenons la route vers 8 h 30 en direction de Nis et Plovdiv ; il fait beau. La plaine serbe se déroule devant nous  où les labours sont en cours. Nous passons Nis et le paysage change sensiblement, il devient plus vallonné.Nous quittons l’autoroute pour la nationale E80 et Jo lève le pied car la route est un peu cabossée.

    Plus nous approchons de la frontière bulgare, plus la route s’élève ; nous entrons dans la vallée de la « Stara Polamina ». La région est pauvre, les maisons de briques rouges sont tristes.Nous longeons la rivière « Nisasa » qui se faufile dans les gorges de la « Sava Plamina » à « Sicevo ». Nous suivons cette rivière jusqu’à la frontière de « Dimitrovgrad ». Le passage de celle-ci se fait avec le sourire de la douanière bulgare qui nous souhaite un bon voyage en français après avoir visé nos passeports. Un arrêt au bureau de change pour prendre quelques « Leva » (1 € = 1,90 leva) et la vignette pour l’utilisation de la seule autoroute existante (en partie) qui traverse le pays. Il nous en coûte « 10 leva » pour 7 jours d’utilisation maximum.

     

    Village Bulgare

     

    J’ai lu et entendu à « Radio Camping-car » que la Bulgarie avait du mal à rompre avec son passé bureaucratique ; j’ai pu vérifier le contraire, ce peuple européen en devenir nous ouvre ses portes avec le sourire. Les quelques villes que nous traversons ne peuvent pas renier leur architecture soviétique, si tant est qu’il existe une architecture soviétique tant les immeubles sont affreux. Cependant, de beaux immeubles modernes commencent à se montrer  ça et là et de grosses berlines de toutes marques se pavanent au milieu de la flotte bas de gamme dont de vieilles Lada et Traban et autres guimbardes sans nom ni âge.

     

    La douane Bulgare

     

    Nous entrons dans les faubourgs de « Sofia » ou plutôt les bidonvilles, véritables villages de tôles et de planches où sont installés des « Roms ». Là aussi se côtoient l’urbanisme communiste et  les immeubles modernes ; je pense que le changement est en cours après des décennies d’immobilisme. Les tramways usés occupent le centre des grands boulevards rectilignes de la capitale que l’on traverse somme toute assez facilement.

     

     

    Sofia

     

     Un chien errant traverse la route juste devant notre camion, Jo, debout sur le frein, l’évite de peu, les cœurs battent à 100 à l’heure. Puis nous retrouvons les mornes plaines agricoles de la « Rossovo Dolina » jusqu’à Plovdiv que nous atteignons vers 16 h 00. Nous nous promenons dans les faubourgs de cette ville industrielle à la recherche d’un hypothétique camping, mais la nuit tombante nous pousse vers une friche industrielle où nous nous installons pour la nuit. Nous avons parcouru 500 kms.

     

     

     

      SOFIA

     29 octobre 2009

     Levés tôt car réveillés par les bus qui amènent de la ville les ouvriers travaillant dans les ateliers du quartier. J’ai une pensée furtive pour ces hommes et ces femmes que  j’imagine, dans la nuit hivernale, rejoignant sous l’éclairage glauque des quelques lampadaires existants, leurs ateliers de tôles rouillées d’où dépasse du toit un pauvre tuyau crachant une fumée grise. Je ne sais pas pourquoi, mais je me sens subitement heureux de reprendre la route. En avant, Jo !

    Nous rejoignons l’autoroute M1 qui bientôt se transforme en route E80 (l’autoroute n’étant pas terminée). Les tronçons roulants succèdent aux autres plus cabossés et nous traversons la steppe bulgare et quelques villages vestiges d’un autre âge où les gens cultivent des choux au bord de la route et vendent des cucurbitacées 0.20 Leva la pièce.

     Nous passons la frontière à « Svilengrad » ; les douaniers bulgares nous font passer sans attendre et arrivons à la douane turque, immense et moderne. Le passage se fait sans problème et le premier chant que nous entendons est celui du muezzin de la belle mosquée immédiatement après la douane. Il est midi ou plutôt 13 h 00 car nous entrons en Turquie qui n’est pas encore en Europe.


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    22 septembre 2009

    Je n’ai pas de contact particulier avec Monsieur le Curé de l’église du Saint  Sacrement de Devant  les Ponts à Metz. Cependant, depuis huit heures ce mardi matin, jour de notre départ, les cloches sonnent à toutes volées ; même si l’évènement est d’importance, je pense que Monsieur le Curé en fait un peu trop.

    Le temps est magnifique et nous entassons dans le coffre de la 206 les derniers bagages a  embarquer dans notre camping-car. L’appartement est  fermé, eau, gaz et électricité, coupés.

    Totor ronronne de plaisir, nous laissons le hangar derrière nous et prenons la direction du Territoire de Belfort. Nous faisons un détour par Lunéville, chez un vendeur de matériel  pour camping-car, afin de commander la carte électronique de notre chauffe-eau qui a rendu l’âme lors des derniers essais avant le départ. Celle-ci sera livrée à Nantes où nous la récupèrerons à notre prochain passage. En attendant, nous nous contenterons des douches des campings que nous emprunterons.

    Jo est radieuse, elle a retrouvé le volant de son camion et nous conduit, sans problème, au Chenoley (70) où nous attendent James et Lulu. Nous sommes heureux de nous retrouver et échangeons les dernières nouvelles autour d’une bouteille. Les lieux ont un peu changés depuis le retour de James ; un long mur clos maintenant  la propriété et un portail viendra prochainement  fermer l’accès au parking. En soirée, les filles iront au cinéma à Vesoul tandis que James et moi dinerons d’une excellente soupe au pistou préparée par Lulu. Nous avons regardé les deux derniers épisodes d’Apocalypse. Retrouver le couchage de notre camping-car est un bonheur tant  le matelas est agréable.

    Bonne nuit les petits !!

     

     

    23 septembre 2009

    Encore une belle journée qui se prépare, le soleil inonde la cellule ; Jo et moi prenons notre premier petit déjeuner à bord en tête à tête. Tom, le chien de la maison, nous accueille joyeusement. A midi, nous déjeunerons sous la pergola en compagnie de nos hôtes, de Véronique, la fille de Lulu et de ses magnifiques petites filles, Fiona et Adèle. 

    Ensuite, nous reprenons la route pour Andelnans où Gillou et Maryse nous attendent ; là aussi, des travaux dans les allées sont en cours, visiblement les nouveaux retraités ne sont pas décidés à se laisser gagner par l’ennui, et c’est bien comme ça !

    L’après midi, nous sommes allés chez ma belle-mère Jeannette pour lui dire au revoir ; nous avons eu la joie d’y retrouver ma belle-sœur Nathalie. Après, nous sommes descendus chez Maman pour lui présenter un diaporama des photos prises au Maroc lors de notre dernier voyage. Elle nous a reparlé avec une certaine nostalgie de ce pays qu’elle aime et qu’elle regrette toujours.  Vu également, Laurence, Margaux, Antoine. Nous lui avons dit au revoir et, le cœur serré, nous nous sommes quittés sur le palier de la maison familiale, pour de longs mois. Maman, attends-moi !!

    Nous passons une bonne soirée avec Gillou et Maryse. Gillou est fermement opposé à ce que nous dormions dans le camion ; donc, nous rejoignons la chambre d’amis de la maison.

     

    24 septembre 2009

    Le soleil est toujours fidèle au rendez-vous et après quelques courses, nous passerons l’après-midi près de Gillou avant de retrouver Philippe et Edith dans leur maison de Vezelois. Nous passerons deux heures agréables ensemble autour d’un apéritif puis nous nous séparerons en nous promettant de nous retrouver sur le blog au cours de nos pérégrinations. Salut mon « Fifi » et ma « Dith de Nantes » !

    Nous retrouverons Gillou pour terminer la journée autour d’une bonne table dans un restaurant local. Nous avons remué de vieux souvenirs d’enfance en nous promettant de rassembler rapidement nos copains et copines de l’école primaire d’Andelnans autour de notre instituteur Monsieur Valiton pendant qu’il est encore sur cette terre.

     

    25 septembre 2009

    Bon anniversaire, ma Jo ! Nous prenons la route après avoir embrassé Gillou que nous retrouverons, si tout  va bien, en Turquie (Antalya) fin novembre où, avec Maryse, ils iront passer une semaine de vacances. Nous faisons un petit détour par le Chenoley pour embrasser James et Lulu et, sous le soleil, Jo aux manettes, nous prenons la direction de Lyon.

    En effet, les petits ennuis de carte électronique nous ont retardés d’une semaine et donc nous avons décidé de faire le tour  de la famille (et le tour de France) dans le sens inverse à celui prévu car j’ai un rendez-vous important  sur le pont de l’Artuby dans les gorges du Verdon dimanche 27 septembre 2009 pour un saut à l’élastique. J’en ai envie depuis longtemps mais je n’ai jamais eu l’occasion de le faire. Non, je n’ai rien à me prouver ni de défi à relever encore moins de pari à gagner, j’ai simplement envie d’une grande sensation. Une chute de 180 mètres avec plusieurs rebonds,. « Sensation  garantie », dit le prospectus, alors, allons-y !!

    Un passage obligatoire au préalable chez mon médecin pour vérifier la faisabilité ; quand je lui ai expliqué mon souhait, il m’a demandé si c’était obligatoire de le faire. Certificat médical en poche, c’est parti pour l’Artuby ! Nous faisons escale au camping de « l’Oiselon » à Pont d’Ain.

     

    26 septembre 2009

    En quittant Pont d’Ain, nous sommes entrés dans les Hautes Alpes et les Alpes de Haute Provence. Nous avons roulé en montagne et Totor, bien que « poussif » dans ce genre de trajet, nous a amenés, cahin-caha, jusqu’à Comps-sur-Artuby dans les gorges du Verdon. Les paysages sont magnifiques et nous avons le temps d’en apprécier chaque détail d’autant que le soleil nous accompagne sur une grande partie de notre voyage.

    En fin d’après-midi un orage assez violent vient  claquer à nos fenêtres mais en gagnant  la vallée, le soleil revient et nous atteignons Comps-sur-Artuby vers dix sept heures. En empruntant la route qui nous mène au camping « du Pontet », nous sommes arrêtés par les organisateurs d’une course de côte en automobile, la route étant coupée jusqu’à 21 h 00. Nous râlons un peu car nous sommes à 200 mètres de l’entrée du camping. Un monsieur sympa va négocier notre passage auprès des organisateurs et c’est derrière un véhicule tous feux clignotants que nous rejoignons notre campement.

    Nous nous installons pour la nuit et Jo ramène un couple de campeurs pour une visite guidée de notre camion. Un hachis Parmentier chauffé au bain-marie fait notre affaire, une douche et une bonne nuit de repos, voilà le programme d’une fin de jour née passée à rouler.

     

    27 septembre 2009

    Le réveil sonne à 6 h 00 et c’est la tête embrumée (nous ne sommes plus habitués) que nous expédions petit déjeuner et toilette. Nous avons rendez-vous vers 9 h 00 au Pont de l’Artuby.

    Nous remballons notre matériel et c’est dans la brume du matin que nous louvoyons dans les gorges du Verdon. La route est raide et sinueuse et nous accrochons, sans casse heureusement, le sol avec notre réservoir à carburant dan s un passage très bosselé.

    Arrivés à destination, nous sommes impressionnés par la vue du pont qui en jambe les vertigineuses gorges de l’Artuby, sous le ciel bleu et le soleil du matin. Un grand parking accueille notre camping-car et nous gagnons à pied le centre du pont où déjà les plongeurs sont en action. Jo a les jambes qui flageolent et, le visage livide, s’exclame : « c’est pire que je ne le pensais ! ».

    Une équipe de jeunes gens sympathiques nous souhaite la bienvenue et l’inscription faite, je passe à l’équipement sous les conseils avisés de mon moniteur. Je suis aux premières loges pour assister à l’envol de plusieurs gars comme moi à la recherche de sensations fortes. Vu du parapet, le gouffre plonge à 180 mètres et le claquement de l’élastique qui se tend, rebondit amplifié de paroi en paroi.

    Bientôt je suis au pied de l’escabeau qui mène à la main courante du parapet et, les chevilles serrées dans les jambières, je me dresse au dessus du vide. Je n’ai pas de crainte particulière, la caméra au poing, je fais un large plan tournant puis, au top des organisateurs, je m’élance dans le vide. Au bout de quelques secondes de chute libre, trop courtes d’ailleurs, l’élastique se tend et les jambières me labourent les chevilles. Puis, je suis renvoyé en l’air et je plonge à nouveau. Comme un yoyo, je rebondis plusieurs fois et tourne sur moi-même comme un ver de terre au bout d’un  hameçon, la tête en bas. Une fois stabilisé, je peux filmer le pont en vue de dessous et entame une conversation avec la personne qui me réceptionnera au sol.

    J’ai très mal aux pieds et la tête en feu. En agrippant la corde, j’arrive à me redresser et le sang évacue mon cerveau en ébullition. Le treuil de l’installation me dépose au sol et un profond soulagement m’envahit lorsque je quitte les jambières. Couché au sol, j’ai une vue imprenable du plongeur qui me suit. Puis, par un chemin qui serpente dans les rochers et par une échelle, il me faudra 45 minutes éprouvantes pour rejoindre le parking en compagnie de deux jeunes compagnons de jeu. Le souffle court, les jambes lourdes, c’est le moment le plus difficile de la journée. Je retrouve ma « Jo » sur le pont et, diplôme en poche, tee-shirt de circonstance sur le dos et  DVD immortalisant l’évènement en main, nous rejoignons Totor bras dessus, bras dessous.

    Nous faisons une halte aux « balcons de Mescla » pour une vue panoramiques des fabuleuses gorges du Verdon aux eaux turquoises. Un bon casse-croûte à bord de notre camion me fait oublier mes chevilles et nous rejoignons notre camping en profitant du spectacle de la montagne de Provence.

    En conclusion, je dirai

    -       que le saut à l’élastique n’est pas un sport mais un jeu à se faire peur !

    -       que la chute libre, en fait, ne fait qu’une vingtaine de mètres !

    -       que le système d’accrochage par les chevilles n’est pas le top !

    -       que la tête en bas, ce n’est pas le pied !

    -       que le retour à pied, ça prend la tête !

    .    que je l’ai voulu, je l’ai fait, mais je ne le ferai plus !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    28 septembre 2009

     

    Nous avons repris la route en fin de matinée par un temps magnifique, l’automne se met à ressembler à l’été sous les cieux de la  Provence que nous traversons pour rejoindre Avignon. A l’horizon se dressent les cimes de la montagne Sainte Victoire  qui domine Aix en Provence. Paysage somptueux éclairé par un soleil généreux qui a, en d’autres temps, inspiré Paul Cézanne. Les vignes des côtes de Provence sont aux mains des vendangeurs, l’année sera bonne pour le vin et pour les hommes. 

    Déjà nous apercevons les monts du Lubéron et longeons la Durance aux abords de Cavaillon. Enfin voici les faubourgs sud de la cité des papes puis les remparts que nous longeons jusqu’au pont Daladier. Au passage, le pont Saint Bénezet, le fameux pont d’Avignon qui finit sa course en plein milieu du Rhône, face à l’ile de la Barthelasse qu’il n’atteindra jamais.

    Nous rejoignons le camping du « Pont d’Avignon » et, à l’instant où Jo coupe le contact, la sonnerie du téléphone retentit. C’est Patricia, ma cousine avignonnaise qui, par son papa que nous avons prévenu de notre visite, a appris notre arrivée. Elle nous invite à passer la soirée auprès d’eux. Vers 19 heures, Patricia et son mari Michel sont au camping et nous transportent jusqu’à leur domicile. Nous sommes heureux de nous retrouver.

     

    Dans l’escalier qui mène à leur appartement,  nous sommes bousculés par une sorte d’ours hirsute qui dévale les marches, le feu aux fesses. Je suis étonné par le flegme de Michel déséquilibré par l’énergumène. La porte refermée, nous saluons la petite famille de Patricia ; mais la porte s’ouvre à nouveau sur notre yéti en courroux. En fait, je reconnais Gilles, mon frère sous une perruque loufoque qui rit du tour qu’il nous a joué. Maryse apparait également et la surprise passée, nous nous congratulons.

    En fait, ceux-ci en route pour Marseille où ils vont passer une journée en catamaran dans les calanques, ont fait escale en Avignon pour saluer la famille. Nous passerons une bonne soirée autour de la soupe au pistou de Patricia et regagnons le camping du Pont d’Avignon tard dans la nuit. 

     

    29 septembre 2009

     

    Ce matin, nous avons rendez-vous avec mon oncle Bernard ; il vient nous récupérer au camping et nous déjeunons avec lui. Tonton Bernard est un être exquis, d’une gentillesse sans retenue. Frère de mon papa, la conversation tourne autour de la famille, des souvenirs de jeunesse et du vélo dont il est adepte et sujet sur lequel il est incollable.

    Il nous emmène à bord de sa voiture au sommet du mont Ventoux, haut lieu d’exploits cyclistes en tout genre dont le dernier en date détenu par un cycliste local qui a monté onze fois en vingt quatre heures les 21 kms de pente abrupte du célèbre « Mont Chauve ».

    Nous nous sommes arrêtés à la plaque commémorative de Tom Simpson, décédé à cet endroit  le 13 juillet  1967. Des bidons, des gants, des caquettes, des messages en toutes langues ornent la stèle, preuve s’il en est, du culte dont fait encore l’objet le défunt champion britannique.

    La soirée se passera à table autour de laquelle Tonton a rassemblé, en notre honneur, sa famille, cousins et cousines à l’accent chantant du midi que nous avons eu grande joie de retrouver.

    Merci Tonton pour cette belle journée, que ton sourire radieux inonde longtemps encore ta maison, sanctuaire de bonheur de toute la famille. 

    30 septembre 2009

     

     

    Nous consacrons la journée suivante à visiter le centre historique d’Avignon, le palais des papes, la cathédrale des Doms, les jardins, lieux que j’ai visités autrefois mais dont les souvenirs  se sont estompés. Au passage, nous avons assisté à une grande opération de la protection civile qui, à grand renfort d’hélicoptère, de canot pneumatique et de pompiers, s’est livrée, sur le Rhône, à plusieurs exercices d’hélitreuillage.

      

    1er octobre 2009

      

    Départ d’Avignon en fin de matinée sous un soleil d’été. Par Uzès, nous rejoignons Anduze au sud d’Alès, un petit village rendu célèbre grâce à sa bambouseraie plus que centenaire, unique en Europe. Cette plantation, œuvre de Monsieur MAZEL, fils d’industriels locaux qui a employé sa fortune au développement du bambou depuis 1856. J’avais déjà visité cette plantation dans les années quatre vingt avec mes enfants et j’ai gardé le souvenir d’un endroit paisible où l’eau coule abondamment  dans une immense forêt plantée de multiples espèces de bambous, des plus petits aux plus gros. 

    Nous passerons une bonne partie de l’après midi dans ce parc magnifique où un train à vapeur a été remis en service pour le plus grand bonheur des visiteurs. Le sifflet retentit de temps à autres et les volutes de fumée de la locomotive tracent le parcours bucolique du train sur les rives du Gardon. 

    Par un chemin étriqué, nous arrivons au camping d’Anduze après avoir traversé la rivière par un pont très étroit. 

    2 octobre 2009

     

    Nous retraversons le Gardon et prenons la route à travers les Cévennes ; par Le Vigan, nous rejoignons le parc des Grands Causses et l’autoroute A75 afin de traverser les gorges du Tarn par le célèbre pont de Millau, chef d’œuvre de savoir-faire français, grâce à l’entreprise Eiffel. Du pont, nous n’avons pas une vue extraordinaire ; aussi, nous nous arrêtons sur l’aire de Millau et son belvédère d’où nous pouvons admirer l’ouvrage et le paysage magique des Causses. 

     Nous dinerons à bord de notre camion car le vent est très fort en cette fin d’après midi et nos reprendrons la route pour trouver notre camping au bord du lac de Pareloup où nous serons pratiquement les seuls occupants.

      3 octobre 2009 

     

    Au matin de ce samedi, il fait très beau et les couleurs automnales se dévoilent au fur et à mesure que la brume se lève sur le lac.  

    Nous continuons notre chemin par Rodez, Decazeville, Figeac, Quercy et le département du Lot ; ici, le code de la route prend des couleurs particulières ; en effet, les zones limitées à 70 km/heure sont repérées par deux lignes couleur verte de part et d’autre de la ligne blanche discontinue règlementaire. Les zones limitées à 50 km/heure le sont par deux lignes couleur ocre. Chaque zone est annoncée par les panneaux de limitation règlementaires et d’autres, plus grands, expliquent le code des couleurs utilisées. Pour mieux attirer l’attention des conducteurs, ces grands panneaux clignotent. 

    Je suis surpris par cette débauche de peinture et de signalisations qui, à mon avis, provoque la confusion chez les conducteurs. Il est probable qu’un élu local ambitieux, en manque de reconnaissance, a trouvé là, avec le prétexte de la sécurité, un moyen d’attirer sur lui les projecteurs de la gloire au mépris des impôts de ses concitoyens. 

    Nous serons à Saint-Pierre-de-Chignac, en Dordogne, en fin de journée et nous installerons Totor dans la cour de Stéphane et Hanane chez qui nous passerons quatre jours en famille. Nous passerons également une bonne soirée avec nos amis Christian et Marie, éleveurs de fraises de Basillac. Nous sommes heureux de les retrouver autour d’une bonne table et nous échangeons à bâtons rompus, même si Marie, un peu malade, n’a pas sa verve habituelle. Elle est heureuse de nous montrer  sa nouvelle voiture ; tout  va pour le mieux pour ce couple attachant ; ils font leur place au soleil grâce à leur passion pour les fraises. 

    7 octobre 2009 

     

    Nous prenons la route pour Nantes et au passage, nous faisons une halte à Oradour-sur-Glane afin d’y visiter le « village martyr » que j’ai déjà vu trois fois dans ma vie. Avec Jo, nous refaisons le tour des ruines d’où émergent encore, ça et là, des outils, ustensiles, mobiliers ayant appartenus aux quelques 642 habitants assassinés le 10 juin 1944 par une horde glorieuse de SS en mal d’exploits guerriers. Nous visitons le cimetière où des familles innocentes  entièrement décimées y reposent pour l’éternité. Depuis 65 ans, des millions de gens comme nous ont défilé devant les tombes, comme nous, les larmes leur sont monté aux yeux et comme nous, ils sont reparti … 

    Nous passons la nuit sur le camping municipal de Bellac. 

    Du 8 au 14 octobre 2009 

     

    Nous sommes repartis au matin avec la pluie et avons rejoint notre pied à terre de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu au camping de la Boulogne. Cathy et Alix sont  venus nous accueillir et nous avons retrouvé toute la famille à Pont-Saint-Martin, y compris Mathilde. Tout notre petit monde est à la joie de se revoir. Nous restons une petite semaine en leur compagnie. 

    J’ai enfin trouvé chez un artisan de Nantes la carte électronique qui va bien pour dépanner le chauffe-eau du camion.  

    Dimanche, nous sommes allés au marché  d’Indret et avons assisté au passage sur la Loire de la flotte de voiliers qui participent à la route du chocolat entre Saint Nazaire et le Yucatan au Mexique. La flottille était précédée par le Bélem, superbe trois-mâts dont le port d’attache est Nantes. 

    Nous avons pris le bac pour traverser la Loire et faire le tour du marché pour la plus grande joie de mes petits enfants. Pendant ce temps-là, Alain participait à un raid aventure à la Turbale où, avec son équipe, il a terminé au pied du podium, 4ème sur 150 équipes inscrites. Toute la famille l’a félicité à son retour. 

    Arnaud a également donné de sa personne aux 20 kilomètres de Paris où il a terminé dans le premier quart ; Marjo est fière de son coureur ! 

    Nous avons également accompagné Marius à son entraînement de basket, Edgar à son entraînement d’escalade et Alix, à son entraînement d’équitation. Bravo mes champions !! 

     

    15 octobre 2009 

     

    Nous quittons Pont-Saint-Martin vers midi ; il fait un beau soleil mais un vent froid balaie la région ; un passage par l’école pour embrasser une dernière fois Cathy et Alix et nous prenons la route du Nord vers Cancale où nos passons la nuit à la pointe du Grouin, face à la mer et au Mont Saint Michel. 

    Désormais, il nous faut faire de la route pour rejoindre assez rapidement Aquaba en Jordanie car notre visa syrien ne nous attend pas. Alors, comme l’a crié Laurence d’Arabie à ses hordes arabes, du haut de son dromadaire :

    « A AQUABA ! »

    LE TOUR DE France DE LA FAMILLE


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    PREPARATIFS DE NOTRE PROCHAIN VOYAGE:

    Nous sommes le 1er août 2009, il fait très beau sur la Lorraine, nous voyons passer les juilletistes dans un sens et les aoûtiens dans l'autre sur l'A 31. Nous avons des fourmis dans les jambes et voir les camping-cars défiler sur l’autoroute nous donne envie de partir.

    Depuis que nous sommes revenus à Metz le 11 mai 2009, nous avons vidé les soutes et les placards de « Totor » et l’avons remisé dans son hangar.

    Révision complète effectuée, moteur, freins, amortisseurs, stabilisateurs, vidange, filtres, éclairage… tout y est passé. Petit souci pour réamorcer la pompe à gasoil mais après quelques efforts la voix familière de notre camion se fait entendre.

    Révision des chauffages en cours, il ne reste que le boiler, le réfrigérateur  et la climatisation à contrôler, coiffer la climatisation de son  nouveau capot, puis un nettoyage de fond en comble termineront les préparatifs, notre compagnon sera prêt pour de nouvelles aventures.

    Nous rechargerons les placards et soutes en évitant les matériels inutiles que nous avons promenés lors de notre précédant  périple. Le 15 août nous prendrons la route de Franche Comté, afin de préparer la grande fête  qui aura lieu les 22 et 23 août à Andelnans. En effet, mes  frères Gilles et James ainsi que sa femme Lucienne, ayant  fait valoir leur droit à la retraite, Jo et moi, nous nous joindrons à eux  pour organiser cette fête qui réunira une centaine de personnes de notre famille et de nos amis. L’ambiance sera, comme de coutume, à la hauteur de l’évènement et je prédis déjà des lendemains qui déchantent pour certains d’entre nous.

    Nous reviendrons sur Metz afin de terminer les derniers préparatifs d’ordre administratifs et logistiques.Nous irons embrasser Marjo  sa petite famille et mon petit fils Basile. Nous accompagnerons Mathilde à Nantes. Après un mois et demi de stages  et vacances en Espagne et en Suède, après un mois de travail d’été à Thionville, celle-ci retrouvera son école  le 14 septembre pour y effectuer sa deuxième année de commerce.

    Nous passerons quelques jours à Nantes auprès de la petite famille de Cathy ma grande fille, son mari et mes petits enfants.

    Nous continuerons notre route vers Périgueux pour y passer quelques jours auprès de mon garçon Stéphane et sa compagne Hanane . Nous en profiterons également pour rencontrer nos amis, Christian et Marie, sympathiques cultivateurs de fraises, rencontrés en Espagne l’année dernière.

    Enfin, nous remontrons vers l’est, par l’Allemagne, l’Autriche nous prendrons la direction de la Turquie, puis de la Syrie et de la Jordanie pour une durée de six mois environs.

    Bien entendu, nous vous donnons rendez-vous sur notre blog afin de suivre notre voyage au travers de nos textes, photos et vidéos, c’est avec plaisir que nous vous y invitons.

    www.libertypat.kazeo.com : Blog de "Camping-car dans le vent"

    www.ilestlibrepat.kazeo.com: Blog de "mes poésies et peintures"

     

     

     


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